Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, lors de sa visite des zones inondées de Gatineau, en 2017 (entouré du maire de Gatineau et des députés de Gatineau et d'Argenteuil-La Petite Nation).

Le fédéral souhaite une discussion sur la relocalisation des sinistrés

L’enjeu de la relocalisation des sinistrés des inondations et des indemnisations qui en découleront devra être analysé par les trois paliers de gouvernement, estime le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau.

La formule de compensations du fédéral n’inclut pas, actuellement, les dédommagements qui pourraient être liés à la relocalisation des gens en dehors des zones inondables sinistrées. «C’est une discussion qu’il va falloir qu’on ait, je crois, parce que ç’a été soulevé par certaines personnes, a-t-il affirmé à son arrivée à la rencontre du cabinet des ministres, mardi matin, à Ottawa. […] Alors c’est quelque chose que je pense que les trois niveaux de gouvernement vont être obligés d’examiner à long terme. Sinon, on va continuer de répéter la même chose chaque fois.»

Selon le ministre Garneau, la situation est devenue plus concrète avec les deuxièmes crues printanières dévastatrices en trois printemps. «Je pense qu’il y a des gens qui ont pensé à ça dans le passé, mais il y a un certain momentum maintenant en vue de ce qui s’est passé cette année, a affirmé le ministre Garneau. Et puis, avec le changement climatique, on réalise tous qu’il y a des choses qui sont en train de changer. Et puis peut-être il y a lieu d’avoir cette discussion.»

Cette déclaration d’un ministre fédéral survient alors que Québec a continué de mettre l’emphase sur les enjeux de relocalisation et d’immunisation des localités inondées, lundi. De passage à Maskinongé, le premier ministre François Legault a abordé l’aspect de la fiscalité municipale de la question. «Il va falloir se poser des questions : comment on peut agir dans ces cas-là pour aider les municipalités qui seraient affectées et s’assurer que les décisions ne soient pas prises en fonction d’objectifs à court terme», a-t-il affirmé en faisant référence aux taxes foncières dont les municipalités sont très dépendantes. Le premier ministre a rappelé qu’il devenait nécessaire, selon lui, «de minimiser les dégâts à long terme pour la population et éviter aux contribuables québécois de payer à répétition pour des réparations». 

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a pour sa part indiqué, lundi, que le temps était venu d’avoir une «réflexion plus large sur la façon dont on peut prévenir d’éventuelles inondations, sur des travaux plus généraux, plus large que simplement du rétablissement post-inondation […] que ce soit des digues ou d’autres aménagements dans l’environnement». 

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, répète depuis le début de la crise que toutes ces questions ne peuvent plus être ignorées. Ce dernier s’est dit prêt à étudier la possibilité de devoir relocaliser des quartiers en entier, mais seulement une fois que toutes les analyses pertinentes auront été faites. Il souhaite, par exemple, avoir un portrait précis que ce qu’impliquerait l’immunisation d’un quartier comme Pointe-Gatineau, où des gens habitent la même maison depuis parfois cinq générations. 

Avec la Presse canadienne