Le gardien égyptien Essam El-Hadary est devenu lundi, à 45 ans et 161 jours, le plus vieux joueur à prendre part à la Coupe du monde. Même s'il s'est illustré en stoppant un penalty, le doyen n'a pu permettre à son équipe d'éviter la défaite contre l'Arabie saoudite.

Le doyen du Mondial est maintenant Égyptien

VOLGOGRAD — Le doyen des «Pharaons» est plus que jamais immortel! Le mythique gardien égyptien Essam El-Hadary, aligné d’entrée de jeu lundi face à l’Arabie saoudite, est enfin devenu à 45 ans et 161 jours, le joueur le plus âgé à disputer une phase finale de Coupe du monde.

«Je suis la personne la plus heureuse du monde pour ce record, mais d’un autre côté, je suis vraiment triste du résultat», a dit le héros du match, toutefois perdu 2-1. Car pour marquer le coup, il a arrêté un penalty de Salman Al-Faraj, avant de céder sur un second (46e+5). 

L’Égypte, déjà battue par l’Uruguay (1-0) et par la Russie (3-1), quitte donc le Mondial sur trois défaites, qui viennent assombrir un triste bilan en trois participations depuis 1934 (5 défaites, 2 matchs nuls). La première victoire attendra au moins quatre ans de plus...

Quant aux Saoudiens, délivrés par Salem Al-Dossari en toute fin de rencontre (90e+5) — Mohamed Salah avait offert l’avantage à l’Égypte à la 22e minute —, il s’agit de leur premier succès depuis la Coupe du monde de 1994 (1-0 devant la Belgique), après 12 matchs consécutifs sans gagner!

Pour El-Hadary, l’issue est cruelle, mais l’histoire est belle. Déjà légendaire sur le continent africain, il a fini par entrer dans les annales du Mondial... même si l’attente fut longue. Car malgré quatre Coupes d’Afrique à son palmarès (1998, 2006, 2008 et 2010) et plus d’une vingtaine de trophées décrochés, il n’avait jamais pu disputer jusqu’à présent le plus grand tournoi de la planète, compétition qui se refusait à l’Égypte depuis 1990.

Mais plus d’un quart de siècle plus tard... et deux matchs du Mondial-2018 passés sur le banc, sa patience a finalement été récompensée par un drôle de record du monde. Titularisé contre l’Arabie Saoudite, il devient le joueur le plus âgé à disputer une Coupe du monde, effaçant la marque détenue par le gardien colombien Faryd Mondragon (43 ans et trois jours) depuis 2014.

Une forme de consécration dans une carrière aux bords des oubliettes après le dernier sacre continental de 2010, point de départ de la descente aux enfers du foot égyptien. Car le charismatique portier aux cheveux gominés n’aurait même jamais dû revenir en sélection.

Remise en forme rapide

Comment expliquer ce retour et une telle longévité? «Quand il est revenu à Wadi Degla en 2015, son coach lui a dit : “Je vais te ramener au sommet, à tes 22 ans”. Juste après, il a perdu huit kilos en 21 jours», raconte Karim Hafez, qui l’a côtoyé aussi bien en sélection que dans le club égyptien.

Une anecdote, sur sa gestion du sommeil par exemple, a particulièrement marqué Patrice Carteron, son ancien entraîneur. «Le Caire est une ville de 20 millions d’habitants, cela veut dire que parfois, pour traverser la ville, il faut quasiment trois heures avec les bouchons. C’était le seul joueur à avoir un appartement juste à côté du stade afin d’éviter de trop circuler, alors que sa femme et ses enfants habitaient un peu plus loin dans une grande maison.»