Vers 21h, un véhicule aurait dévié de sa voie pour aller percuter un autre véhicule immobilisé à un feu rouge, à l’intersection de Grande-Allée et de l’avenue Bourlamaque, près du Musée national des Beaux-Arts du Québec.

Le diabète, un risque au volant

Mercredi soir, vers 21h, un conducteur de 49 ans patientait à un feu rouge sur Grande Allée, à Québec, quand il a été frappé de plein fouet par un véhicule utilitaire sport (VUS).

L’homme de 47 ans au volant du VUS aurait dévié de sa voie avant de percuter la Toyota Yaris arrêtée au feu de circulation, indique Cyndi Paré, du Service de police de la Ville de Québec.

Les deux conducteurs ont subi de sérieuses blessures à la suite de la collision. Ils ont été transportés en ambulance dans un centre hospitalier. Mais on ne craindrait pas pour leur vie.

Selon les informations obtenues par Le Soleil, le conducteur du VUS aurait eu un malaise lié à une crise diabétique.

Moins médiatisés que les capacités affaiblies par l’alcool ou la drogue, les grands excès de vitesse ou le cellulaire au volant, les malaises liés à des problèmes de santé constituent néanmoins un problème important de sécurité routière.

Comme l’épilepsie, une amputation, un accident vasculaire cérébral ou des troubles cognitifs, un diabète non maîtrisé peut nuire à la capacité de conduire, selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

C’est le cas, particulièrement, lorsque les diabétiques voient leur taux de sucre dans le sang chuter et se retrouvent en hypoglycémie.

«Cognitivement, on va être au ralenti. On peut avoir des problèmes de coordination motrice. Éventuellement, si on n’intervient pas, on va perdre connaissance», décrit le Dr Jimmy Dow, médecin spécialiste à la SAAQ.

Traditionnellement, explique le Dr Dow, le diabète était associé à un risque plus élevé d’accidents de la route. Mais l’arrivée du glucomètre domestique et la répartition des doses d’insuline à travers la journée, notamment, ont ramené le risque au même niveau que celui des automobilistes en général.  

Il y a toutefois des «bémols», nuance Jimmy Dow. «Les diabétiques qui ont un problème de contrôle ou qui ne sont pas conscients quand ils commencent à faire une hypoglycémie, eux, ils sont à très haut risque.»

La grande majorité des diabétiques peuvent conduire normalement, mais sont incités à se ranger sur le côté lorsqu’ils sont en état d’hypoglycémie. Ils peuvent alors absorber une source de glucose — une barre de céréales ou une boisson sucrée, par exemple — et être en mesure de reprendre la route 20 à 30 minutes plus tard, indique Dr Dow.

Mais lorsque le diabète n’est pas maîtrisé, la SAAQ peut retirer le permis de conduire lorsqu’elle apprend que des «diabétiques font une crise d’hypoglycémie qui a nécessité l’intervention d’une tierce personne, parce qu’eux-mêmes ne sont pas venus à bout de la contrôler», explique Jimmy Dow.

La suspension dure trois mois, période durant laquelle le diabétique ne doit pas avoir fait une autre crise de ce type pour retrouver son permis.

La SAAQ encourage les diabétiques qui doutent de leurs capacités de conduire à être vigilants et à prendre une pause lorsqu’ils pressentent une hypoglycémie.

«C’est comme la fatigue au volant, illustre Dr Dow. Les gens qui disent : “Je sais que je suis fatigué, mais je vais conduire quand même, j’ai juste une demi-heure à faire.” Et — bang! — un accident, parce qu’ils n’étaient pas l’écoute de leur corps.»