À l’emploi des Blues comme dépisteur depuis 11 ans, Michel Picard a ressenti, mercredi , les mêmes frissons que les joueurs qui soulevaient la Coupe Stanley. Vendredi, il s’envolera pour St. Louis afin de prendre part aux célébrations.

Le dépisteur Michel Picard au comble du bonheur pour Samuel Blais

Vers 1h30, la nuit du championnat, Michel Picard a reçu un appel : «réserve ton vol le plus vite possible, viens nous rejoindre à St. Louis», lui disait-on, quelques heures après la conquête de la Coupe Stanley par l’organisation qui l’emploi comme dépisteur depuis 11 saisons.

Le recruteur de Beauport n’a pas beaucoup dormi depuis la victoire des Blues dans le septième match de la finale, mercredi, contre les Bruins, à Boston. Après avoir assisté aux matchs 3 et 4, sur place, il a regardé le dernier en famille, à la maison, mais ressentait les mêmes frissons que les joueurs qui soulevaient le trophée emblématique de la LNH.

«Même si je ne suis plus un joueur, je fais partie de la gang. Ç’a été une très belle soirée, et même ce matin [jeudi], je n’y crois pas encore. Ce n’est pas aussi gros, mais j’ai remporté deux fois la Coupe Calder dans la Ligue américaine, je me revoyais en train de célébrer sur la patinoire. Je sais que les gars ont tout laissé sur la glace», disait-il en s’offrant une ronde de golf, jeudi, avant de s’envoler pour St. Louis, vendredi, afin de prendre part aux célébrations.

Picard a un long passé avec les Blues. Il a porté l’uniforme pendant deux saisons de 1997 à 1999. Il est leur dépisteur au Québec depuis maintenant 11 saisons, mais on lui demande aussi d’aller surveiller les espoirs de l’Ontario et de faire quelques tournées en Europe.

«J’adore ce que je fais, c’est une belle job, il y en a des pires que ça... On passe notre temps dans les arénas, on conduit dans les tempêtes, nos vols sont souvent annulés, mais quand tu vois l’équipe remporter la Coupe Stanley, tu oublies tout ça. Des tempêtes, y’a rien là, je suis prêt à en affronter d’autres si c’est pour nous faire gagner encore», confiait celui qui fêtera son 50e anniversaire, en novembre.

Ancien choix de 9e ronde

Michel Picard est un ancien choix de 9e ronde des Whalers de Hartford, en 1989. L’ancien des Gouverneurs de Sainte-Foy (midget AAA) fut un choix de première ronde de la LHJMQ (Trois-Rivières) en 1986. Il a marqué 56 buts en 1990-1991 avec les Indians de Springfield, année de son premier championnat dans la LAH. Il a aussi remporté la Coupe Calder en 1993-1994 avec les Pirates de Portland.

«Ce qui m’impressionne de l’organisation des Blues, c’est leur loyauté. Il y a encore des employés de l’époque où je jouais pour eux qui sont encore là. Il s’agit d’une grande famille, c’est le fun, tout le monde est trippant. Ça ne nous dérange pas de travailler fort parce qu’on sait qu’à côté de nous, les autres en font autant.»

Il ne savait pas encore si les Blues graveront son nom sur la Coupe Stanley, comme les Capitals de Washington l’ont fait avec le dépisteur Martin Pouliot, l’an dernier. Mais ça lui importait peu.

«Ce que je veux, c’est de toucher à la Coupe, et je vais le faire bientôt. Après, je vais aller au repêchage, la roue va recommencer à tourner et on va essayer d’aller en chercher une autre», ajoutait celui qui fut notamment le coéquipier d’Al MacInnis, Pierre Turgeon et Chris Pronger, de grands joueurs de l’histoire des Blues


« Samuel Blais, à propos du dépisteur de Québec Michel Picard »
C’est grâce à lui si je joue dans la Ligue nationale.

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TOUCHÉ PAR LES REMERCIEMENTS DE BLAIS, PICARD LUI LAISSE TOUT LE CRÉDIT 

Après avoir tenu la Coupe Stanley à bout de bras, mercredi, Samuel Blais a remercié Michel Picard. «C’est grâce à lui si je joue dans la Ligue nationale», lui a-t-il rendu hommage, mercredi. Le dépisteur des Blues refusait toutefois de prendre un tel crédit.

«Ce n’est pas grâce à moi, tout le mérite revient à lui. Oui, j’ai poussé son nom pour qu’on le repêche en 6e ronde (176e) en 2014, mais ce n’est pas moi qui tenais le micro. Ce fut une décision de groupe», racontait Picard, quand même touché par le commentaire de Blais à son endroit.

Picard avait surveillé l’évolution de Blais avec les Tigres de Victoriaville toute la saison avant de mousser sa candidature pour cette séance de sélection. Par la suite, sa relation avec celui qui allait devenir le numéro 9 des Blues s’est développée.

«Nous, les dépisteurs, on a pas mal tous beaucoup de vécu. Pour la plupart, on est passé par le même chemin, on a joué junior majeur, on a été repêché, on est allé dans la Ligue américaine, on a atteint la Ligue nationale. On sait pas mal ce que ça prend pour se rendre dans le pro. Je l’ai guidé pendant ses deux autres saisons à Victoriaville, il faut ce que je lui conseillais, il est allé s’entraîner à St. Louis, l’été, il a développé son aspect physique, etc. Il a mis tous les efforts nécessaires pour se rendre dans la LNH, le mérite lui revient entièrement», expliquait l’homme de hockey.

Joueurs repêchés

Un peu plus d’une douzaine de joueurs de l’édition championne des Blues ont été repêchés par l’organisation. Picard se souvient aussi d’avoir parlé en faveur d’Ivan Barbashev, choisi en 2e ronde en 2014, la même année que la sélection de Blais.

«Il avait été plus facile à vendre, parce qu’il était classé en première ronde. Tout le monde le connaissait, mais il avait quand même fallu le pousser un peu», rappelait-il au sujet du produit des Wildcats de Moncton, qui en était à sa troisième saison dans la LNH, mais une première où il n’a pas eu séjourné dans la Ligue américaine. CARL TARDIF