La plongeuse montréalaise Jennifer Abel en action  

Le coronavirus pris au sérieux à la Série mondiale de plongeon de Montréal

MONTRÉAL — Même si le Québec est toujours épargné par le coronavirus, les conséquences de sa propagation sur la planète se feront sentir ce week-end à la Série mondiale de plongeon de Montréal, au Centre sportif du Parc olympique.

Après avoir confirmé la semaine dernière que l’équipe chinoise fera l’impasse sur la compétition, Plongeon Canada a indiqué que d’autres pays, dont le Japon, la Corée du Sud, l’Italie et la France seront également absents. Selon l’organisation, l’absence de la Chine ce week-end serait attribuable à des problèmes de visa - et non au coronavirus.

Pour calmer les craintes, la FINA a souligné jeudi qu’elle avait transporté dans la métropole tout le matériel nécessaire pour procéder aux tests de dépistage du virus, et même dépêché à Montréal une équipe de médecins pour faire le point sur la situation.

«Tout d’abord, il faut rappeler qu’aucun cas n’a encore été confirmé au Québec, a évoqué le Dr Jim Miller, de la FINA. De plus, nous tentons de limiter les risques de propagation aux athlètes. Il semble, présentement, que le mode de transmission du virus COVID-19 soit davantage aérien que par des gouttelettes. C’est très similaire aux autres types d’influenzas, bien que nous n’ayons toujours pas une idée précise du mode de transmission.

«En conséquence, nous recommandons aux athlètes les mêmes précautions que celles pour la grippe; c’est-à-dire de bien se laver les mains, et de limiter les contacts entre personnes. De plus, nous leur recommandons d’utiliser abondamment les liquides désinfectants, et de rapporter tout cas qui semble suspect et qui mérite d’être analysé.»

M. Miller a ajouté que son équipe et lui avaient visité tous les hôpitaux montréalais qui sont en mesure d’effectuer des tests de dépistage du coronavirus, afin de vérifier s’ils y avaient été exposés. Le médecin a également indiqué que pour l’instant, aucun cas ne s’était révélé positif au coronavirus parmi les plongeurs.

Par ailleurs, il a dit que la FINA n’avait toujours pas pris de décision quant à la tenue - ou non - de l’épreuve-test en plongeon en vue des Jeux olympiques de Tokyo qui doit avoir lieu en avril. Pour sa part, une porte-parole de Plongeon Canada a indiqué qu’une décision devrait être prise à ce sujet «quelque part au mois de mars».

Entre-temps, la FINA a annoncé plus tôt cette année que la deuxième escale de la Série mondiale de plongeon, qui devait avoir lieu à Pékin, en Chine, a été annulée à cause de la menace du coronavirus.

Cette décision s’inscrit dans la longue liste des événements sportifs qui ont été annulés depuis l’éclosion du COVID-19, et parmi lesquels se retrouvent notamment les Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste de Séoul, en Corée du Sud, le Grand Prix de Formule 1 de Chine ainsi que des matchs de la Série A italienne de soccer.

Des leçons tirées des JO de Rio

La Presse canadienne a sondé quelques plongeurs canadiens présents sur place, jeudi, afin de déterminer s’ils étaient préoccupés par le coronavirus. L’opinion différait, d’un athlète à l’autre.

«C’est tellement loin - le virus se propage en Asie, et maintenant en Europe -, mais j’ai l’impression que nous l’avons vraiment à l’oeil ici, au Canada, et encore davantage ici, à l’INS, a mentionné Jennifer Abel. Nous sommes suivies par des médecins, donc ce n’est pas quelque chose qui me stresse. Ceci étant dit, c’est certain qu’on prend des précautions. J’ai toujours du ‘Purel’ ou des lingettes désinfectantes sur moi, et ce sera encore le cas lorsqu’on commencera à effectuer des voyages en avion. On ne le prend pas à la légère, même s’il y a toujours quelque chose pendant une année olympique.»

La Lavalloise âgée de 28 ans a ajouté qu’elle avait tiré de nombreuses leçons de l’éclosion du Zika, pendant les mois qui ont précédé les Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016. Ainsi, jure-t-elle, son niveau de stress est beaucoup moins élevé cette fois-ci, par rapport au coronavirus.

«Personnellement, le Zika, ça me stressait un peu plus, parce que le virus était transmis par des moustiques. Je me souviens de m’être fait piquer pendant une Coupe du monde qui avait précédé les JO à Rio, et de l’avoir regardée (la piqûre), mais finalement rien n’était arrivé, a raconté Abel. Ça ne m’a pas déconcentrée, même si parfois on réagit excessivement. Au fond, il faut juste se dire que tout ça, ça fait partie de la vie.»

Et c’est exactement cet état d’esprit que compte adopter sa compatriote Meaghan Benfeito d’ici aux JO de Tokyo en juillet - à condition qu’ils aient bel et bien lieu.

«Sans dire que je ne porte par attention aux nouvelles, je ne veux pas commencer à trop y penser, à cause du fait que les Jeux sont à Tokyo, et que c’est en Asie, a-t-elle évoqué. J’aimerais quand même ça aller aux Jeux olympiques, car s’ils les annulent, alors ça me ferait de la peine, parce que j’ai quand même repoussé ma retraite de quatre ans pour m’y rendre.»