Denis Roy, à sa sortie du tribunal, au palais de justice de Lac-Mégantic, où il a été acquitté par la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec, dans le cadre de son procès pour geste de nature sexuelle sur un jeune homme de son entourage.

Le conseiller Denis Roy acquitté d’agression sexuelle

Le conseiller municipal de Lac-Mégantic Denis Roy a été acquitté jeudi au palais de justice de Lac-Mégantic, par la juge Danielle Côté, de la Cour du Québec. Il faisait face à des accusations d’avoir agressé sexuellement un homme de 20 ans de son entourage.

La juge Côté en est venue à la conclusion qu’elle était incapable de décider qui croire, après son examen minutieux de tous les éléments de preuve et à la suite des témoignages du défendeur et de la victime, qui ont manqué de transparence, jusqu’à un certain point, d’après elle.

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Un conseiller de Lac-Mégantic accusé d’agression sexuelle

« Un procès criminel n’est pas un concours de crédibilité. Le Tribunal n’a pas à choisir entre deux versions, car à la fin de l’exercice, il doit être convaincu hors de tout doute raisonnable de la culpabilité de l’accusé, et ce, après avoir considéré la preuve dans son ensemble », déclare-t-elle dans son jugement de 11 pages. Elle se dit incapable de déterminer vraiment ce qui s’est passé entre les deux parties.

Elle a d’abord rappelé les faits en détail que le conseiller Roy n’a jamais niés. 

L’homme de 67 ans aurait fait des attouchements sexuels le 26 janvier 2018 à ce jeune adulte qui venait tout juste d’avoir 20 ans.

Denis Roy aurait obtenu un consentement peut-être vicié par l’abus de confiance, mais les deux versions des faits diffèrent, selon la magistrate. Elle prend acte que le défendeur est amoureux du jeune homme. Elle cite de la jurisprudence où dans une cause semblable les deux versions diffèrent.

La Couronne n’a pu la convaincre hors de tout doute raisonnable que M. Roy était coupable.

Elle a quand même noté le courage du plaignant et sa version plausible, mais s’est questionnée sur son incapacité de consentement, alors que le défendeur lui a semblé être celui étant davantage en situation de dépendance affective avec le jeune homme.

Denis Roy s’est refusé à tout commentaire, à sa sortie du tribunal, disant vouloir prendre connaissance du jugement et a promis de réagir dans les prochains jours.

L’avocate de Denis Roy, Me Julie Beauchemin, a refusé de pavoiser, en commentant l’acquittement de son client.

« C’est un des beaux jugements que j’ai vus jusqu’ici dans ma carrière. Un jugement très étoffé, un examen minutieux de la preuve de la part de la juge, un jugement de droit avec des arguments très précis, une analyse juste et rigoureuse », a-t-elle indiqué, visiblement heureuse que son client soit blanchi de toute accusation.