Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, a accordé une entrevue au Nouvelliste.

Le cannabis intéresse Desjardins

TROIS-RIVIÈRES — À une semaine de la légalisation du cannabis, le président et chef de la direction de Desjardins, Guy Cormier, se montre ouvert à financer des projets dans cette industrie.

«En fonction des projets de financement qui vont nous être présentés, on verra comment Desjardins peut accompagner ces entrepreneurs. On va les analyser cas par cas en étant prudent», a-t-il confié en entrevue au Nouvelliste.

Si son Mouvement démontre maintenant une telle ouverture, c’est que, dit-il, «les choses sont un peu plus claires qu’il y a un an et demi alors qu’on ne savait même pas s’il y aurait une loi, quand elle serait mise en vigueur et comment ça fonctionnerait du côté des provinces et du fédéral».

«Aujourd’hui, on a une date, le 17 octobre, et on a des encadrements. Je comprends qu’il y a encore des choses à clarifier et à positionner, et nous, depuis un an, on a pris le temps de réfléchir sérieusement à ça», explique M. Cormier.

Celui-ci raconte que des membres ont exprimé à Desjardins leur désir d’explorer des opportunités d’affaires dans ce secteur d’activités. «Et ils s’attendaient à ce que leur principale institution financière qui est là pour eux prenne le temps de les écouter et de les accompagner. Alors, c’est ce qu’on a fait», poursuit-il.

Selon lui, Desjardins a ainsi intégré des critères «extrêmement rigoureux» reliés à l’impact environnemental de ce type d’opérations de même qu’à l’acceptabilité sociale. «Il y a l’impact au niveau de la gouvernance, la qualité des entreprises, qui sont les actionnaires derrière ces entreprises-là et quel va être le mode de fonctionnement», énumère-t-il comme autres facteurs à considérer.

Est-ce que Desjardins veut investir personnellement de ses fonds propres dans de telles activités? «On va l’analyser spécifiquement», répond le grand patron.

Et de par son statut d’assureur, le Mouvement entend être «très proactif» dans la prévention et l’accompagnement. «Comme c’est déjà le cas avec Nez rouge, on va faire des partenariats pour justement contribuer à l’éducation et la sensibilisation de la population», a-t-il fait savoir.

«Mais à la fin de la journée, il y a des gouvernements qui ont clairement indiqué que c’est une activité qui est légale maintenant au Canada. Et nous Desjardins, on a dit: on va se positionner, à l’écoute de nos membres, mais de façon prudente et défensive. Il y a déjà des gens qui au cours des derniers mois sont venus nous rencontrer et nous ont dit: nous, on a un projet, on fait déjà affaire avec vous depuis dix ans, on a une exploitation agricole ou autre, on souhaiterait peut-être voir comment vous pouvez nous accompagner parce qu’on aimerait devenir fournisseur dans ce secteur d’activités. Aujourd’hui, on est en mesure de regarder ces projets-là, on les analyse extrêmement rigoureusement, les paramètres au niveau législatif sont un peu plus clairs, on intègre nos nouveaux critères, nos nouveaux filtres, on regarde ce qui en est. Est-ce qu’on veut prendre des parts de marché, puis croître, puis développer? Absolument, de façon prudente. Mais on va prendre le temps d’écouter les projets qui vont nous être présentés», renchérit M. Cormier

La CAQ au pouvoir

Et quelle est sa réaction à l’élection d’un gouvernement de la CAQ?

«Ça fait 117 ans que Desjardins œuvre au Québec, ça fait 117 ans qu’il y a des changements de gouvernement régulièrement et puis, on continue d’être un partenaire. Ce gouvernement va prendre sa place, implanter son plan de match, le sens de ce qu’il veut amener comme changements au Québec. Ce qu’on voit, ce qu’on entend, c’est un gouvernement qui veut continuer de stimuler l’économie, nos régions au Québec. Nous sommes l’institution financière qui est présente en région, derrière les entrepreneurs, nous avons les plus importantes parts de marché dans la majorité des secteurs d’activités, c’est clair qu’on va vouloir continuer d’être un acteur important et on va laisser le gouvernement rentrer en place. Mais Desjardins a toujours travaillé en grande collaboration avec le gouvernement du Québec et on va continuer de faire la même chose», a-t-il conclu.