L’accident de l’autobus à impériale d’OC Transpo à Ottawa la semaine dernière a fait trois morts et 23 blessés.

Le BST déplore les faibles normes des autobus de transport en commun

OTTAWA — La présidente du Bureau de la sécurité des transports (BST) exhorte Ottawa à adopter rapidement de meilleures normes de «résistance à l’impact» pour les autobus et autres véhicules de tourisme, compte tenu des deux collisions meurtrières survenues au cours de la dernière année.

L’accident d’autobus à deux étages à Ottawa la semaine dernière a fait trois morts et 23 blessés. Quelques mois plus tôt, une collision impliquant l’autocar des Broncos de Humboldt avait causé la mort de 16 personnes et en avait blessé 13 autres.

Selon la dirigeante du BST, Kathy Fox, ces drames soulignent «l’urgence» de resserrer les consignes de sécurité pour les autobus de passagers.

«Nous savons que ces autobus ne doivent pas nécessairement respecter les mêmes normes que nos voitures ou les autobus scolaires, et nous pensons que cela doit changer car, dans certains types de collisions, ils n’ont pas nécessairement le type de protection à laquelle les passagers devraient pouvoir s’attendre lorsqu’ils empruntent les transports en commun», a-t-elle déclaré.

Le BST n’a pas pour mandat d’enquêter sur les accidents routiers — c’est à la police de le faire. Mais il avait enquêté sur la collision survenue en 2013 entre un autobus d’OC Transpo et un train de VIA Rail à Ottawa, qui avait fait six morts dans l’autobus, parce que le Bureau enquête sur «des événements maritimes, ferroviaires, aéronautiques et de pipeline».


« [Les autobus de passagers] n’ont pas nécessairement le type de protection à laquelle les passagers devraient pouvoir s’attendre lorsqu’ils empruntent les transports en commun »
La dirigeante du Bureau de la sécurité des transports, Kathy Fox

Le BST avait alors formulé des recommandations «pour remédier à d’importantes lacunes de sécurité» dans les autobus. Il déplorait surtout que «les Normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada ne renferment aucune exigence relative à la protection contre l’impact frontal et latéral, les tonneaux ou l’écrasement», pour les véhicules comme les autobus de transport en commun.

Mme Fox rappelle que «compte tenu des conséquences de l’accident de 2013, le Bureau a recommandé que le ministère des Transports élabore et mette en œuvre des normes de résistance à l’impact applicables aux autobus commerciaux de passagers afin de réduire le risque de blessures». Or, elle a estimé lundi que Transports Canada avait «entrepris de mettre en œuvre ces recommandations», mais qu’«il n’y a pas encore eu de progrès notable, et les lacunes de sécurité persistent».

«Boîte noire»

L’enquête de 2013 a également recommandé que tous les autobus de passagers commerciaux soient équipés d’enregistreurs de données — une «boîte noire» — semblables à ceux dans les avions, les trains et les navires. Rob Johnston, qui a mené l’enquête sur l’accident de 2013, a déclaré que l’autobus à impériale d’OC Transpo était conforme à toutes les normes de sécurité applicables. Le problème est que ces normes doivent être renforcées, selon lui.

«La lacune repose vraiment sur les normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada, en ce qui concerne les véhicules de plus de 26 000 livres [11 793 kg]», a-t-il soutenu.

«Si ces normes ne sont pas améliorées, il y aura des risques», a-t-il ajouté, reconnaissant que de nombreuses personnes voyagent en toute sécurité avec ces véhicules tous les jours.

Ottawa dit travailler sur le dossier

Le ministre des Transports, Marc Garneau, n’était pas disponible pour une entrevue, mais dans un communiqué, son bureau a indiqué que des mesures avaient été prises pour donner suite aux recommandations de l’enquête du BST menée en 2013.

«Nous avons terminé l’examen des données sur les accidents dans les centres urbains afin de soutenir l’élaboration éventuelle d’une norme de résistance aux chocs», a souligné Delphine Denis, responsable des relations avec les médias au bureau du ministre Garneau.

«Des travaux sont déjà en cours pour renforcer cette révision par le biais de tests sur les structures d’autobus qui nous préparera aux étapes suivantes.»

La dernière interaction entre Transports Canada et le BST à ce sujet a eu lieu il y a un an, dit Mme Fox. Elle a été encouragée d’apprendre que le Ministère prend en compte les recommandations et effectue des recherches. Mais entre-temps, les collisions de Humboldt et d’Ottawa ont tué plus de Canadiens.

«Cela ne fait que renforcer l’idée pour nous que Transports Canada doit accélérer ses activités en vue de la mise en œuvre de normes de résistance aux chocs pour les autobus de passagers, car nous sommes conscients que cela prendra du temps», a fait valoir Mme Fox.

«Il est urgent qu’ils prennent des mesures. C’est un enjeu canadien, ce n’est pas seulement un enjeu qui concerne Ottawa.»