Sandra Gaboury et Kevin Pépin devant le balcon qui s’est effondré devant leur appartement.
Sandra Gaboury et Kevin Pépin devant le balcon qui s’est effondré devant leur appartement.

Le balcon du voisin s’effondre: des locataires dénoncent la négligence du propriétaire

TROIS-RIVIÈRES — Depuis que le balcon de leur voisin d’en haut s’est effondré devant leur porte de derrière, Kevin Pépin et Sandra Gaboury doivent être hébergés avec le fils de cette dernière par la Croix-Rouge dans un motel. L’effondrement d’un balcon de cet immeuble de six appartements de la rue Saint-Maurice dans le secteur Cap-de-la-Madeleine à Trois-Rivières semble toutefois n’être que la pointe de l’iceberg en ce qui concerne l’état du bâtiment, si bien que la Ville étudie la possibilité d’intenter des recours légaux contre le propriétaire.

La semaine dernière, le balcon de l’appartement à l’étage présentait déjà, mentionne le couple, certains problèmes de structure. Il penchait dangereusement. Il s’est finalement effondré vendredi.

La sortie de secours étant bloquée par le balcon effondré, les pompiers de Trois-Rivières ont interdit aux locataires de vivre sur place. Le propriétaire devait faire les travaux au cours du week-end, mais lors du passage de l’équipe du Nouvelliste lundi en fin d’avant-midi, les travaux n’étaient pas réalisés. Une simple plateforme de fortune sans garde-corps avait été installée devant la porte de l’appartement de l’étage, mais sans plus.

Les anciens locataires Amélie Fortin et Jonathan Caron ainsi que les locataires actuels d’un bloc de la rue Saint-Maurice dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, Kevin Pépin et Sandra Gaboury, dénoncent la négligence du propriétaire de l’immeuble de six logements.

«Il a fait une fausse sortie de secours. C’est plus un tremplin à piscine», décrit Sandra Gaboury.

Des inspecteurs de la Direction des pompiers de Trois-Rivières et du service de gestion du territoire de la Ville de Trois-Rivières sont retournés sur place lundi après-midi, car les travaux n’avaient pas été faits. Ils ont constaté les dégâts et ont demandé aux résidents des deux appartements concernés d’évacuer à nouveau les lieux.

Les locataires, qui se sont entendus pour résilier leur bail le 15 juillet après l’avoir signé en mars, affirment aussi que l’immeuble est aux prises avec un important problème de moisissure. Une fuite dans la chambre du fils de Sandra Gaboury a révélé aux locataires les problèmes de moisissure, situation constatée sur place par l’équipe du Nouvelliste.

Le balcon qui s’est effondré devait être retiré durant le week-end, afin de libérer la sortie de secours. Une sortie de secours de fortune a été aménagée à l’étage.

Des champignons semblaient en effet être présents sur les matériaux tout autour d’un des tuyaux d’évacuation d’eaux usées de l’immeuble. La forte odeur et le fait que le mur est encore ouvert des semaines après son ouverture ont bien sûr poussé les parents à trouver un autre endroit pour l’enfant.

Des taches de moisissure apparaîtraient aussi à plusieurs endroits, mentionne le couple. «Ce n’était pas visible lorsqu’on a visité. Il cache la moisissure avec de la peinture à huile. Ça ne paraît pas tout de suite, mais ça revient après quelque temps», dénonce Sandra Gaboury.

«Huit mois d’enfer»

Jonathan Caron habitait dans cet immeuble l’an dernier. Il se trouvait avec sa conjointe et ses trois enfants devant l’immeuble lorsque Le Nouvelliste est allé à la rencontre du couple de locataires. «C’était huit mois d’enfer», a-t-il mentionné.

Le balcon de l’appartement de l’étage s’est effondré vendredi dernier.

Il corrobore tout ce que les locataires actuels affirment. Il garde un très mauvais souvenir de ses huit mois comme locataire de l’immeuble.

«Nous avons porté plainte à la Régie du logement. Nous avons gagné. Il ne s’est même pas présenté», soutient Jonathan Caron.

Des relations propriétaire et locataires houleuses

Les locataires anciens comme passés soutiennent que le propriétaire de l’immeuble, qui a plusieurs antécédents criminels, a un comportement violent et intimidant. Il userait aussi de menaces.

Une forte odeur émane de cette ouverture dans le mur de la chambre d’enfant. On constate aussi plusieurs taches noires à l’intérieur du mur.

«Il menace d’appeler la DPJ parce que mon gars dort dans la moisissure. C’est à cause de lui s’il y en a», déplore Sandra Gaboury.

Jonathan Caron soutient pour sa part que son ancien propriétaire aurait fait une plainte non fondée à la Direction de la protection de la jeunesse à la suite de différends. Les policiers auraient d’ailleurs été appelés à intervenir régulièrement, notamment ces derniers temps.

De possibles recours intentés par la Ville de Trois-Rivières

La Ville de Trois-Rivières se dit préoccupée par l’état de cet immeuble ainsi que des autres appartements appartenant au même propriétaire. Guillaume Cholette-Janson, agent de communication à la Ville de Trois-Rivières, confirme que la Ville et la Direction des pompiers de Trois-Rivières ont dû intervenir après l’effondrement du balcon.

Des déchets sont présents devant l’immeuble depuis des semaines, déplorent les locataires.

«La Ville suit le dossier de près. Mais actuellement, c’est entre les mains du contentieux de la Ville. C’est en traitement», mentionne M. Cholette-Janson qui tenait à limiter ses commentaires pour des raisons légales.