Laurie Pelletier prend soin de Tass quotidiennement. Le cheval a contribué à améliorer la santé de la jeune femme de 17 ans.

Laurie, atteinte de dyskinésie ciliaire, supportée par son cheval

Atteinte de dyskinésie ciliaire, une maladie qui attaque ses poumons, Laurie Pelletier ne se doutait pas que sa passion pour les chevaux améliorerait sa santé. En effet, le mouvement du cheval fait en sorte que les sécrétions qui s’accumulent sur ses poumons s’évacuent plus facilement. À une semaine du lancement de la saison de gymkhana, la jeune compétitrice de 17 ans se prépare à monter en selle.

Les parents de Laurie, René Pelletier et Yanny Tremblay, se sont vite aperçus que leur fille avait des problèmes de santé, alors que la petite manquait d’air et s’étouffait régulièrement. Elle était encore bébé lorsqu’elle a commencé à faire pneumonie sur pneumonie. Il aura fallu attendre cinq ans avant que le diagnostic tombe.

La dyskinésie ciliaire est une maladie respiratoire primitive, rare et génétiquement hétérogène. Elle se caractérise par une maladie chronique des voies respiratoires supérieures et inférieures. « Les médecins ont longtemps cru que Laurie était atteinte de fibrose kystique. D’ailleurs, les traitements qu’elle doit subir se comparent à ceux pour les patients atteints de la fibrose. Elle doit faire deux traitements d’inhalothérapie par jour et utiliser des pompes. Elle est très fragile aux infections pulmonaires », explique René Pelletier.

La petite a été hospitalisée à de nombreuses reprises lorsqu’elle était enfant, de même qu’à l’adolescence. Elle souffrait de pneumonie régulièrement et a dû être opérée plus d’une fois pour dégager ses poumons. « Les sécrétions s’accumulent et ses poumons ne fonctionnent pas normalement. Par exemple, présentement, elle a un poumon qui fonctionne à 35 % et l’autre à 85 % et elle se porte tout de même bien », ajoute le papa.

Les parents de Laurie, René Pelletier et Yanny Tremblay, ont déménagé en campagne pour que leur fille puisse vivre sa passion pour l’équitation.

Tass, le cheval de Laurie Pelletier, n’est pas étranger à l’amélioration de sa condition. Alors qu’elle avait environ 12 ans, la jeune fille est tombée en amour avec les chevaux, lorsqu’elle a assisté à un rodéo, à Labrecque au Lac-Saint-Jean. La fille d’un couple d’amis des parents de Laurie, qui possède des chevaux et qui offre des cours d’équitation, a alors initié l’adolescente au gymkhana.

« J’ai vite aimé ça et je m’occupais d’un de ses chevaux. Ensuite, elle m’a confié un cheval, Tass. Nous n’avions pas de place pour lui à la maison alors je m’occupais de lui et je le montais, mais il était en pension », explique Laurie Pelletier. Celle qui devait avoir recours au « clapping » régulièrement pour dégager ses bronches et ses poumons a pu laisser tomber cette technique. « Le médecin de Laurie a compris que le mouvement du cheval lui procurait les mêmes bénéfices que le ‘‘clapping’’. Elle a dit à Laurie de ne surtout pas arrêter l’équitation ! », souligne René Pelletier.

Une nouvelle maison pour Tass

En septembre dernier, les parents de Laurie ont acheté une maison en campagne, en périphérie de La Baie. Ils voulaient que leur fille puisse pratiquer l’équitation à la maison et avoir son cheval près d’elle.

Un vaste chantier a été mis en branle sur le terrain afin d’accueillir Tass comme il se doit. À ce moment, Laurie était hospitalisée pour une énième fois, au CHUL de Québec. Après 10 jours à l’hôpital, elle est rentrée chez elle, où une surprise l’attendait. Tass était dans un petit bâtiment converti en écurie, directement sur le terrain de la nouvelle maison. René Pelletier avait également aménagé une partie du terrain en enclos, afin que la jeune fille puisse s’exercer.

Laurie Pelletier prend soin de Tass quotidiennement. Le cheval a contribué à améliorer la santé de la jeune femme de 17 ans.

« Quand je suis rentrée de l’hôpital, j’ai dit à mes parents que je voulais aller voir Tass (qui était en pension), mais ils m’ont fait la surprise et m’ont montré le cheval qui était maintenant à la maison », se remémore la jeune fille.

« On a vraiment acheté la maison pour Laurie, pour qu’elle puisse faire du cheval. Quand on a un enfant malade, on fait tout en notre pouvoir pour l’aider », a affirmé René Pelletier.

DES SACRIFICES FINANCIERS

Laurie Pelletier a vite démontré ses aptitudes pour le gymkhana, elle qui a remporté plusieurs distinctions au cours des dernières années. La jeune fille et ses parents sont présentement à la recherche de commanditaires pour l’aider à poursuivre sa passion puisque l’équitation est un sport qui est loin d’être gratuit. 

Au fil des années, les parents de Laurie ont eu à débourser des sommes importantes pour la santé de leur fille. «Le Manoir (Ronald McDonald de Québec) n’était pas toujours disponible. Parfois, on arrivait à Québec pour une durée indéterminée, car Laurie était hospitalisée au CHUL. On ne connaissait personne à Québec et nous devions vivre à l’hôtel. Disons que ça n’a pas été très facile au début», raconte la mère de Laurie, Yanny Tremblay. Les parents ont également eu des difficultés financières, lorsqu’ils ont été obligés de déménager, car la qualité de l’air de la demeure familiale n’était pas adéquate pour la petite. Ils ont appris avec horreur que la maison qu’ils avaient achetée à la naissance de leur première fille était infestée de moisissures. Bref, les dettes se sont accumulées et malgré les efforts du père, qui travaillait pratiquement jour et nuit, le couple a eu à demander de l’aide.

Aujourd’hui, bien que les finances vont mieux chez les Pelletier-Tremblay, le sport de Laurie demande des sacrifices. 

«On ne veut pas qu’elle soit obligée d’arrêter, car elle aime ça et ça aide sa santé», a souligné le père.

La famille se déplace donc régulièrement dans différentes municipalités du Saguenay-Lac-Saint-Jean et aussi dans Charlevoix occasionnellement, où se tiennent des compétitions de gymkhana. 

«Nous avons déjà des commanditaires très, très fidèles, mais nous en avons aussi perdu quelques-uns. C’est certain que les gens sont beaucoup sollicités et nous comprenons. Je ne suis pas du genre à demander la charité, mais si une entreprise désire nous aider en commanditant Laurie, ça serait très apprécié pour nous donner un coup de main», souligne René Pelletier. 

À l’aube de la saison, qui sera lancée la semaine prochaine, Laurie se dit un peu nerveuse. Mais elle a tout de même hâte de grimper sur Tass et d’affronter les épreuves. Pendant ce temps, elle oublie sa maladie. 

Si des entreprises désirent commanditer Laurie ou aider sa famille, il est possible de communiquer avec René Pelletier au 418 817-3031.

NE PAS DÉCROCHER

Laurie Pelletier poursuit présentement son cheminement scolaire à l’école des adultes de La Baie, puisqu’elle n’a pas pu décrocher son diplôme d’études secondaires. La maladie et les multiples hospitalisations ont fait en sorte que la jeune fille a manqué énormément de jours de classe. Elle aurait bien pu se décourager devant l’ampleur de la tâche, mais la jeune fille reste motivée. « Ce n’est pas facile, mais je veux continuer, car c’est important pour moi », a affirmé Laurie Pelletier, qui est invitée à réaliser des stages dans différents domaines également, afin de savoir ce qu’elle désire faire plus tard. Pour le moment, elle doit se concentrer sur les matières générales, puisqu’elle est toujours au niveau de l’enseignement présecondaire. « On est fiers d’elle, car elle aurait bien pu décrocher, mais elle continue », a souligné son père, René Pelletier. Patricia Rainville