Laurent Duvernay-Tardif participé à un événement public dans le cadre de la Fête des neiges en compagnie de sa conjointe Florence Dubé-Moreau, dimanche au parc Jean-Drapeau.

Laurent Duvernay-Tardif jure qu'une victoire au Super Bowl ne le changera pas

MONTRÉAL — Il a beau vivre un véritable tourbillon et être sous les projecteurs depuis la victoire des Chiefs de Kansas City au Super Bowl dimanche dernier, Laurent Duvernay-Tardif n’entend pas changer et il compte sur son entourage pour l’aider à garder les deux pieds sur terre.

De retour au Québec depuis la veille au soir, l’imposant joueur de ligne offensive a toutefois pu constater qu’il est devenu une véritable coqueluche chez lui. Invité par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, à un événement public dans le cadre de la Fête des neiges au parc Jean-Drapeau, dimanche après-midi, Duvernay-Tardif a reçu un accueil chaleureux de nombreux admirateurs sur place.

Juste avant, il avait généreusement répondu pendant une heure aux questions des journalistes, revenant sur la gamme des émotions qu’il a vécues depuis le triomphe des Chiefs 31-20 contre les 49ers de San Francisco au 54e Super Bowl.

«Tout s’est passé tellement vite, a rappelé celui qui célébrera ses 29 ans mardi. Nous étions tellement sur l’adrénaline en fin de match. Patrick (Mahomes, le quart) a accéléré la cadence et nous avons marqué trois touchés et, tout à coup, c’était les confettis et le trophée Lombardi.

«Quel beau moment quand ma copine Flo (Florence Dubé-Moreau) et mes parents m’ont rejoint sur le terrain. Je n’avais jamais vu ma mère pleurer de joie, mon père aussi était ému. En un instant, tu te rends compte que tous les efforts investis ont valu la peine. C’était vraiment émouvant.»

Il a également vécu pleinement le retour triomphal à Kansas City et le défilé dans les rues de la ville qui a réuni plusieurs centaines de milliers de partisans.

«Je me rappelle d’avoir vu le mardi soir avant d’aller me coucher des gens camper dans la rue pour nous encourager le lendemain.

«On a parlé d’un million de personnes, mais pour une ville de 400 000 habitants, de voir plus d’un million de personnes se déplacer pour nous encourager, ça m’a frappé»

Autres défis

Désormais, Duvernay-Tardif peut se targuer d’être le premier joueur natif du Québec à être champion du Super Bowl. Mais ne comptez toutefois pas sur lui pour avoir la grosse tête avec ça.

«Il faut s’entourer des bonnes personnes. Mon entourage m’apprécie pour qui je suis comme personne. Pour garder mon équilibre, j’ai également d’autres projets, notamment avec ma fondation Laurent Duvernay-Tardif.

«C’est un projet dans lequel je crois beaucoup, celui de promouvoir l’équilibre entre le sport, les arts et les études auprès des jeunes de 6e année du primaire. C’est quelque chose qui me passionne.»

Homme de défis, celui que les Chiefs ont repêché en 6e ronde en 2014 a-t-il commencé à entrevoir le jour où il accrochera ses crampons?

«Ce que je peux dire c’est qu’il me reste moins de football à jouer que j’en ai joué. Je pense que c’est normal de se poser la question chaque année. Quand on regarde une carrière en moyenne dans la NFL, je pense que c’est trois ans. Je viens de compléter ma 6e année. J’ai bien l’intention de retourner à Kansas City la saison prochaine, après on verra.»

Diplômé en médecine depuis 2018, Duvernay-Tardif a pris la décision de mettre sa résidence en veilleuse.

«Je suis en communication avec la faculté de médecine, car je veux clarifier mes options. J’ai pris la décision de ne pas commencer une résidence à temps partiel à cause des contraintes d’horaire. J’ai jugé qu’il est préférable pour ma future carrière de prendre le temps et, pour l’instant, de me concentrer sur le football.»

Lui qui est très impliqué socialement, quel héritage souhaite-t-il laisser aux jeunes générations?

«Bien sûr, j’aimerais qu’on se rappelle que j’ai gagné un Super Bowl. Mais en même temps, un de mes plus grands accomplissements personnels, c’est d’avoir amené le modèle de l’étudiant-athlète au plus haut niveau sans avoir dérogé de mon objectif. C’est le défi que je m’étais fixé.

«Si je peux devenir ce modèle auprès des jeunes, c’est un rôle que je prendrais avec beaucoup d’humilité.»

Vacances

Duvernay-Tardif s’est donné deux semaines pour vivre à fond les célébrations de son championnat. Et cette année, il a planifié à son agenda deux semaines de vacances avec sa conjointe.

Questionné s’il était disposé à se rendre à la Maison-Blanche si les Chiefs acceptent l’invitation, il n’a pas voulu entrer dans le jeu de la politique.

«Je ne suis jamais allé à Washington, si l’équipe y va, j’y vais. Je pense que ça sera intéressant.

«C’est comme pour le football, je n’approuve pas tout ce qui se passe, côté politique dans la NFL, mais ce qui est important, c’est d’accepter le moment et de se forger sa propre opinion. «

LDT en rafales

Discret après le match de championnat sur sa blessure à un mollet, Duvernay-Tardif a reconnu qu’elle l’avait incommodé.

«Face à l’une des meilleures lignes défensives du circuit, ce n’était pas évident. Je ne voulais pas en parler parce que je voulais savourer la victoire sans nécessairement me pencher sur mon jeu individuel. Mais c’est certain que ça m’a hypothéqué tout au long de la rencontre.

«Les entraîneurs m’ont dit: ‘Laurent, on juge que c’est encore toi la meilleure option comme garde à droite’. Moi, c’était clair que je n’allais pas argumenter avec ça. Ce genre de match, tu veux les jouer jusqu’au bout.»

Il dit avoir fait face à la situation en se trouvant une nouvelle source de motivation sur chaque jeu.

Si toute la famille Duvernay-Tardif était réunie à Miami pour le Super Bowl, Laurent a apprécié la présence de sa soeur Marilou, membre de l’équipe canadienne d’aviron, qui a obtenu une permission spéciale pour quitter le camp préolympique à Victoria, pour encourager son frère.

«Le fait qu’elle a fait le voyage depuis Victoria, ça m’a vraiment touché. Nous n’avons pas souvent l’occasion d’être réunis tous les cinq. Pendant ce petit moment après la partie, de pouvoir se faire un gros câlin les cinq ensemble. C’était vraiment beau.»