Claude Richard devra revenir en cour le 10 janvier pour les plaidoiries sur sentence.

L'ancien bénévole de la Fondation Cédrika-Provencher Claude Richard plaide coupable

SHAWINIGAN — Claude Richard, un ancien bénévole de la Fondation Cédrika-Provencher, a disposé de ses dossiers en plaidant coupable à un chef de possession de pornographie juvénile.

Alors que son procès devait commencer mardi matin au palais de justice de Shawinigan, l’homme de 67 ans a en effet enregistré un plaidoyer de culpabilité sur un seul chef. Il a ainsi admis avoir eu en sa possession des fichiers de pornographie juvénile lorsque les policiers de la Sûreté du Québec ont perquisitionné à son domicile le 15 février 2017. 

Tel que l’a expliqué le procureur de la Couronne, Me Michel Bérubé, c’est un signalement fait par Facebook pour des fichiers de pornographie juvénile qui a été à l’origine d’une enquête policière. C’est ainsi que les forces de l’ordre se sont pointées à la résidence de Claude Richard pour y saisir du matériel informatique. Une vingtaine de fichiers avaient été retrouvés sur lesquels on voyait des enfants ayant des relations sexuelles avec des adultes ou encore des enfants dans des positions sexuellement explicites. Un poème dont le contenu correspond à la définition de pornographie juvénile avait aussi été saisi.  

L’accusé avait alors été arrêté et interrogé. Il avait d’ailleurs fait une déclaration incriminante. Dès le départ, il avait affirmé avoir voulu hameçonner et dénoncer un site de pornographie juvénile qui offrait des abonnements via des cartes des crédit. Selon ses dires, il croyait même qu’il serait relâché immédiatement puisqu’il n’y avait pas de «crime d’intention» mais cela ne fut pas le cas. 

Lors de son plaidoyer de culpabilité devant le juge David Bouchard mardi matin, il a d’ailleurs tenu à donner sa version des faits. Encore une fois, il a soutenu avoir voulu piéger un site de pornographie juvénile qui offrait non seulement des abonnements mais garantissait la confidentialité des clients. «Ça m’a révolté!», s’est-il exclamé, en rappelant que son implication pour la Fondation Cédrika-Provencher l’avait grandement sensibilisé à ces délits.

Il a également nié être entré sur un site de cette nature. Toujours selon sa version, il aurait plutôt fait des captures d’écran des images qu’il voyait et les aurait utilisées comme des pièges sous prétexte qu’on n’attire pas des mouches avec du vinaigre. «J’ai voulu faire le contraire de ce pourquoi je suis accusé », a-t-il déclaré.

À un certain moment, ses explications ont cependant fait bondir le procureur de la Couronne puisqu’elles ne correspondaient pas en tout point aux éléments de preuve dont il disposait. D’autre part, il s’objectait au fait que Claude Richard tentait de minimiser sa responsabilité à l’étape du plaidoyer de culpabilité. Lors du résumé des faits, Me Bérubé avait bien précisé ne pas être en mesure de confirmer ou d’infirmer la prétention de l’accusé sur son projet de piéger des prédateurs potentiels.

Après une courte suspension, Claude Richard a finalement admis avoir fait des recherches sur des sites de pornographie juvénile et avoir fait des captures d’écran, de sorte que des fichiers se sont retrouvés sur son ordinateur. Comme cette infraction correspond bel et bien à la définition de possession de pornographie juvénile, son plaidoyer a été accepté par le juge.

 Tout semble indiquer qu’il pourrait y avoir un retrait des autres accusations portées contre lui pour distribution et accession à du matériel de pornographie juvénile, et pour bris de conditions alors qu’il s’était rendu dans un parc en dépit d’une interdiction. Les discussions entre le procureur de la Couronne et l’avocat de la défense, Me Simon Gélinas, ont en effet donné lieu à une proposition de règlement. Ce sera cependant au juge de décider si elle est entérinée ou non. Les plaidoiries sur la sentence auront lieu le 10 janvier. Claude Richard est passible d’une peine minimale d’emprisonnement de six mois de prison puisqu’il a plaidé coupable à un chef de possession porté par procédure sommaire et non sur acte criminel.

À sa sortie de la salle d’audience, Claude Richard a encore une fois voulu donner sa version  des faits aux médias pour tenter de rétablir sa réputation, d’autant plus qu’il a été victime de menaces et même d’agression physique. 

Rappelons d’emblée qu’il avait été engagé à titre de sous-traitant par la Fondation Cédrika-Provencher entre mars 2015 et avril 2016. Il était responsable d’un projet consistant à mettre en place un outil pédagogique pour prévenir les enlèvements et la pornographie juvénile. Avant que son contrat ne prenne fin en avril 2016, il prétend avoir commencé à mener ses propres enquêtes sur l’accessibilité de la pornographie juvénile sur le web. À partir d’un faux compte Facebook, il a essayé de piéger une personne qu’il croyait être un pédophile, ce qui l’aurait mené vers des sites illicites. Il admet avoir agi comme un policier. «Ce n’est pas mon rôle et je me suis tiré dans le pied. Je le regrette».