La ministre du Développement international Karina Gould a tenu une vidéoconférence au parlement d’Ottawa, jeudi.  
La ministre du Développement international Karina Gould a tenu une vidéoconférence au parlement d’Ottawa, jeudi.  

L’aide canadienne au Liban ira à des ONG fiables, promet la ministre Gould

Lina Dib
La Presse Canadienne
Jocelyne Richer
La Presse Canadienne
OTTAWA — Le gouvernement canadien promet de faire preuve d’une grande prudence dans la distribution d’aide financière au Liban, mais Ottawa continue de compter, en partie, sur le gouvernement libanais pour évaluer les besoins à Beyrouth où une explosion a fait au moins une centaine de morts et des milliers de blessés.

Alors que les Libanais ramassent les débris et cherchent leurs proches manquant encore à l’appel, ils sont nombreux à réclamer la démission en masse de leur gouvernement qu’ils tiennent responsable de la plus récente catastrophe.

Mardi soir, près de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium ont explosé dans le port de la capitale libanaise, soufflant une grande partie de la ville. Le pays était déjà fortement ébranlé par sa pire crise économique.

Mercredi soir, la ministre canadienne du Développement international, Karina Gould, a annoncé qu’Ottawa offre 5 millions $ pour l’aide humanitaire au Liban, dont 1,5 million $ va à la Croix-Rouge libanaise, via la Croix-Rouge canadienne.

Jeudi matin, la ministre, en point de presse, promettait qu’il pourrait y avoir une autre contribution canadienne qui ira, également, à des «partenaires de confiance», à mesure que les besoins sur place évolueront. Elle disait également être en contact avec le gouvernement libanais, dont le nouveau ministre libanais des Affaires étrangères, pour évaluer les besoins sur place.

«Le plus important pour le gouvernement du Canada est d’assurer que notre aide humanitaire [...] va aux personnes où elle est destinée. Alors, nous travaillons avec des partenaires fiables, soit les ONG avec lesquelles nous avons des relations de longue durée [...] ou les partenaires multilatéraux comme l’ONU», a assuré la ministre.

Le gouvernement canadien estime tout de même utile d’avoir «des conversations» avec le gouvernement libanais.

«Les conversations que nous avons avec le gouvernement du Liban, c’est vraiment comment répondre à la crise actuelle, immédiate», justifie la ministre Gould.

Dans les coulisses, on assure être «très, très prudents» avec la distribution de l’argent, faisant valoir que le gouvernement libanais ne serait qu’une source, parmi d’autres, d’information sur les besoins.

«Il n’y a pas d’aide directe qui va être fournie au gouvernement (libanais)», a souligné la ministre Gould.

Pour ce qui est de traiter avec un gouvernement libanais discrédité depuis des mois, la ministre affirme que le Canada a fait des pressions pour réclamer «des réformes importantes» afin que le pays se sorte de la crise économique et continuera de faire ces mêmes pressions.

Dans un communiqué publié jeudi matin, le premier ministre Justin Trudeau a assuré, de son côté, que son gouvernement en fera davantage.

«Le Canada travaillera également avec la communauté internationale pour continuer à identifier comment nous pouvons répondre aux besoins urgents et offrir une aide d’urgence, y compris une aide médicale, de la nourriture et des abris», a-t-il déclaré.

THIBAULT CAMUS, APConcrètement, l’aide du gouvernement du Québec ira surtout dans le soutien de projets d’action humanitaire au Liban.

Québec donne 1 million $

Jeudi soir, Québec a annoncé qu’il accordait une aide financière d’urgence d’un million de dollars au Liban, deux jours après la catastrophe survenue à Beyrouth.

La contribution du Québec visera à soutenir des projets d’action humanitaire.

Le détail des sommes versées à des organismes de coopération internationale par le gouvernement du Québec sera connu plus tard, a indiqué la ministre des Relations internationales, Nadine Girault, dans un communiqué.

En matinée, le cabinet de la ministre Girault n’avait voulu formuler aucun commentaire à ce sujet.

Le Québec compte une importante communauté d’origine libanaise, une diaspora évaluée à 200 000 personnes.

Mercredi, à la demande du gouvernement, le drapeau du Québec a été mis en berne sur la tour centrale du parlement.

Sur Twitter, la ministre Girault a indiqué qu’une aide psychologique était mise à la disposition des citoyens québécois d’origine libanaise qui en ressentaient le besoin, au numéro 811. Elle a dit aussi s’être entretenue avec le consul du Liban.

La députée solidaire de Mercier, Ruba Ghazal, d’origine libanaise, a demandé au gouvernement Legault d’accorder une aide d’urgence destinée à secourir les nombreux sinistrés de Beyrouth.

L’ambassade canadienne au Liban

L’ambassade canadienne à Beyrouth, épargnée par l’explosion, ouvrira à nouveau ses portes lundi. Jusqu’à maintenant, seulement une soixantaine de demandes d’aide consulaire ont été faites par des citoyens canadiens au Liban.

Pour ce qui est d’éventuelles demandes d’immigration, la ministre Gould croit qu’il est encore trop tôt pour savoir si on assistera à une vague de requêtes de Libanais qui voudraient s’installer au Canada.

Les citoyens canadiens originaires du Liban qui voudraient accueillir les leurs sont soumis aux règles imposées par la pandémie.

«Il existe (...) une exemption pour la famille immédiate à la frontière pour les ressortissants étrangers qui ont un lien de parenté avec des citoyens canadiens et des résidents permanents, sous réserve d’avoir un visa de résident temporaire valide, de respecter la période d’isolement obligatoire de deux semaines et d’effectuer une visite d’au moins 15 jours», a rappelé, dans un courriel, un porte-parole du ministre de l’Immigration, Marco Mendicino.

Ainsi, les portes du Canada s’ouvriront pour les étrangers qui sont des conjoints, des enfants, des parents ou des beaux-parents de citoyens canadiens ou de résidants permanents.