Dimanche, les 17es portes ouvertes sur les fermes du Québec permettaient aux citoyens de rencontrer les producteurs sur leurs terres.

L’agroenvironnement à l’avant-plan aux Portes ouvertes sur les fermes du Québec

Encore une fois cette année, quelque 150 000 visiteurs étaient attendus dans une centaine de fermes ouvrant leurs portes au public dimanche, à l'occasion des 17e Portes ouvertes sur les fermes du Québec.

Même dans la métropole, des producteurs laitiers et céréaliers, des maraîchers ainsi que des producteurs bovins et d'agneau se sont donné rendez-vous sur l'Esplanade du Parc olympique, où ils avaient érigé des kiosques.

Si l'événement est très prisé des familles depuis 17 ans, c'est la première fois qu'il se dote d'une thématique : l'agroenvironnement. En entrevue à La Presse canadienne, le président général de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Marcel Groleau, croit que le sujet intéresse beaucoup les consommateurs.

«On parle de l'usage des pesticides. Ce qu'on fait pour maintenir la biodiversité dans le milieu rural, de notre contribution aux biens et services écologiques. On sent que les consommateurs veulent mieux connaître le type d'agriculture qu'on pratique, surtout au niveau agroenvironnemental», dit-il.

Il ne cache pas que l'objectif de l'événement est de changer aussi certaines perceptions qui ne collent pas à la réalité, du moins, pas à la réalité d'aujourd'hui.

«Vous savez, “Pas de nourriture, sans agriculture”, ç'a été un slogan qu'on a utilisé pendant un certain temps et je crois que c'est le slogan qui parle le plus. Presque 100 % de ce qu'on consomme provient de l'agriculture, à l'exception des poissons qu'on pêche... et même là, de plus en plus de poissons sont produits en aquaculture. Alors “Pas de nourriture, sans agriculture”, il faut que les gens voient ce que c'est et les portes ouvertes, ça sert à offrir cette opportunité.»

L'usage des pesticides

Quant à l'usage des pesticides, le président général de l'UPA constate que le sujet semble préoccuper davantage les producteurs que les consommateurs, du moins sur le terrain.

«Je rencontre des agriculteurs tous les jours et eux m'en parlent encore plus que les consommateurs! À l'épicerie, où les gens me connaissent, rarement ils vont me parler de cette question-là, contrairement aux producteurs qui cherchent à améliorer leurs pratiques si on leur donne des solutions, si on leur propose des moyens alternatifs et si on les accompagne dans les changements qu'ils devront peut-être faire», affirme M. Groleau.

Ce dernier reconnaît toutefois que les agriculteurs et les producteurs sont aussi préoccupés par l'utilisation des pesticides sur leur propre santé et celle de leurs employés. Il admet aussi que les grandes chaînes d'alimentation ou de restauration s'intéressent de plus en plus à la possibilité d'offrir à leurs clients des produits plus écologiques.

«On sent réellement une pression dans le marché pour améliorer les pratiques agricoles. Au Québec, on est en avance par rapport à plusieurs grands pays agricoles dans le monde. Évidemment, on peut toujours s'améliorer, mais lorsqu'on se compare, on se console parce qu'on est vraiment en avance sur plusieurs pays.»

La fête à la ferme

Si les pesticides peuvent faire l'objet de discussions entre les fermiers et le public, le sujet est loin de miner l'ambiance festive de l'événement.

«Les producteurs qui ouvrent leurs portes sont très fiers de présenter ce qu'ils ont réalisé au cours de leur vie ou à travers les générations qui occupent cette entreprise-là. Ce sont des entreprises familiales, leurs enfants et des bénévoles sont là pour accueillir le monde. Et les citoyens, ce qu'ils recherchent, c'est de l'authenticité. Ils veulent discuter avec le producteur, visiter une ferme dans la vie de tous les jours», explique M. Groleau.

«Plusieurs citoyens ont eu un contact avec l'agriculture lorsqu'ils étaient jeunes, avec leurs grands-parents, mais ç'a changé beaucoup. Voir ce qu'est devenue une ferme en 2019, il y a beaucoup d'intérêt pour ça.»

La 17e édition des Portes ouvertes sur les fermes du Québec se déroulait de 10h à 16h dans toutes les régions du Québec.

L'UPA représente plus de 28 000 entreprises agricoles dans la province, avec des membres dans tous les secteurs d'activité.