La petite Arielle Lacroix, 11 ans, en a surpris plusieurs, quand elle est venu présenter son mémoire. Elle a dit représenter les enfants de Nantes. D’après elle, le train passe trop proche de la population, d’une cinquantaine enfants et d’une garderie, dans un des développements domiciliaires de l’endroit.

Lac-Mégantic: une enfant émeut le commissaire du BAPE

Une douzaine de mémoires ont été présentés en soirée mardi à la deuxième phase des audiences du Bureau d’audiences publiques en environnement, à Lac-Mégantic (BAPE), afin de permettre aux citoyens et organismes d’émettre leurs opinions, commentaires, suggestions et de proposer des modifications au projet de voie de contournement du centre-ville de Lac-Mégantic.

Les gens qui se sont ainsi impliqués et exprimés dans le dossier avaient tous des arguments sérieux et importants à leurs yeux. Ils ont tous présenté leurs mémoires avec beaucoup d’émotions, visiblement, et de nervosité, à quelques exceptions près.

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Une petite fille de 11 ans, toute menue, Arielle Lacroix, est venue elle aussi déposer son mémoire qu’elle avait elle-même écrit, ce qui en a surpris plusieurs dans l’assistance. Elle avait d’abord demandé à sa mère, Josée Morin, si les enfants pouvaient parler au BAPE… Disant représenter les enfants, elle a déploré que le train va passer trop près de la population, d’une garderie et qu’elle souhaitait que ce soit considéré. Son témoignage en a ému plusieurs, même le commissaire Zayed qui l’a félicitée, disant qu’il a lui-même un petit-fils du même âge qu’elle, que cela le touchait beaucoup et qu’il aurait été très fier de lui s’il avait posé le même geste.

La mère de la jeune fille, Josée Morin, a elle aussi présenté un mémoire, très émue que sa fille ait ainsi témoigné. « Dans ces choses-là, on entend jamais les enfants », a-t-elle avoué. Son mémoire portait sur le respect de la Loi du développement durable, dont les 16 principes sont bafoués par le projet de voie de contournement et son mémoire en fait la démonstration.

« Par exemple, la santé et la qualité de vie. Le tracé proposé n’est pas plus sécuritaire que la voie actuelle dans le centre-ville. Il y a quatre courbes de plus qu’avant. Il n’y a aucune acceptabilité sociale, la population n’a pas été consultée du tout, alors que la participation et l’engagement sont requis dans la loi en question. La protection de l’environnement, elle n’est pas non plus respectée quant aux milieux humides.

Le citoyen Paul Dostie a présenté un mémoire très clair et cohérent, accusateur et bien écrit. Il a même reçu un avertissement du président de la commission, Joseph Zayed, de bien choisir ses mots, dans un sens plus modéré. « Les pertes de vies ne touchent pas les politiciens qui ne parlent que de dollars. Il faudrait tenir autant compte du milieu humain que des milieux humides… Ce fut tout un gâchis à cause d’une compagnie de broche-à-foin qui a œuvré à Lac-Mégantic ». Il faisait allusion évidemment à la Montreal Maine and Atlantic (MMA) Railway. « Il faut que le train sorte de la ville pour que celle-ci puisse vivre », a-t-il martelé.

Les mémoires de la Municipalité de Nantes, de la Coalition pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic, présenté par son porte-parole Robert Bellefleur, de l’avocat Jean-Claude Boutin, de Daniel Poirier, un citoyen représentant un regroupement de citoyens de Nantes signataires d’une pétition pour que le train passe au nord de la route 161 plutôt qu’au sud, ont été remarqués.

Une citoyenne de Frontenac, Ginette Isabel, a noté que le tracé retenu ne l’épargne pas, puisque le train passera à seulement 200 pieds de sa résidence. En plus, elle a appris qu’elle ne sera pas expropriée, donc qu’elle ne recevra aucune compensation. Elle est venue plaider pour que les citoyens comme elle reçoivent une compensation du gouvernement pour la perte de valeur de leur résidence.