Luck Mervil à son arrivée au palais de justice vendredi

La victime de Luck Mervil raconte sa souffrance

MONTRÉAL — Le chanteur et animateur Luck Mervil sera bientôt fixé: la juge fera savoir mercredi prochain la peine dont il écopera pour l’exploitation sexuelle d’une adolescente de 17 ans.

Une recommandation commune de la Couronne et de la défense a été faite vendredi, au palais de justice de Montréal: les avocats ont suggéré à la juge Mélanie Hébert, de la Cour du Québec, de lui imposer une période d’emprisonnement de six mois à purger dans la collectivité.

L’artiste de 50 ans a plaidé coupable lundi à un chef d’accusation d’exploitation sexuelle pour des gestes commis en 1996, alors qu’il avait 28 ans et était en position d’autorité sur la jeune fille. Il a reconnu avoir eu une relation sexuelle complète avec elle, sans avoir obtenu son consentement. Plusieurs autres contacts sexuels ont eu lieu par la suite.

La juge Hébert n’est toutefois pas liée par cette recommandation.

Si elle est acceptée, cette peine de six mois serait purgée de la façon suivante: les premiers trois mois avec une assignation à résidence 24 heures sur 24 et les trois autres avec un couvre-feu la nuit. Une probation d’un an devrait suivre.

La jeune femme a lu une déclaration en cour vendredi matin. Elle a relaté avoir été complètement traumatisée d’avoir perdu sa virginité de cette façon et de s’être sentie à la merci de cet homme.

Elle s’est sentie perdue par la suite et a déclaré ne pas avoir osé raconter ce qu’elle a vécu car elle avait peur de faire du mal à d’autres personnes.

Parfois en pleurant, elle a décrit à la juge les conséquences psychologiques et physiques qu’elle a subies.

Une ordonnance de non-publication prononcée par la juge interdit de dévoiler son nom ainsi que des détails permettant de l’identifier.

Luck Mervil — Lucknerson de son vrai nom — s’est aussi adressé au tribunal vendredi.

Il a commencé par offrir à la jeune femme ses «plus profondes et sincères excuses pour le mal que je lui ai causé».

«Avoir une relation avec une personne de 17 ans et demi quand j’avais 28 ans, ça n’aurait jamais dû avoir lieu», a-t-il dit. C’est un acte criminel, et je suis prêt à en assumer les conséquences, a-t-il ajouté.

L’homme a déploré la couverture médiatique qui a été faite et qui laisse croire, selon lui, qu’il a enfermé la jeune femme pendant des années.

Il a déclaré l’avoir côtoyée pendant 13 ans. «C’était mon amante», a-t-il déclaré. Il y a eu de l’amour, du partage, des émotions, a-t-il fait valoir devant la juge.

Dans le cadre de ses observations sur la peine, la procureure de la Couronne, Anne Gauvin, a dit avoir pris en considération son plaidoyer de culpabilité, qui évite un procès éprouvant. Elle a souligné avoir aussi tenu compte de l’écart d’âge entre l’homme et la victime, «moins important que ce qu’il y a dans la jurisprudence normalement».

De son côté, Me Philippe Larochelle, l’avocat de Luck Mervil, a souligné qu’il n’avait aucun antécédent criminel et qu’il ne posait aucun risque de récidive.