Maria Sharapova après sa victoire à Roland-Garros, à Paris, en juin 2012  

La vedette russe Maria Sharapova prend sa retraite [VIDÉO + PHOTOS]

PARIS - «Tennis - je te dis adieu»: c’est sur ce clap de fin théâtral que la Russe Maria Sharapova a quitté mercredi à 32 ans le sport dont elle a été une vedette durant 18 ans avec son physique hollywoodien, ses titres et sa suspension pour dopage.

Femme d’affaires qui fait depuis longtemps fructifier son image, c’est par une tribune publiée d’abord sur le site du magazine de mode Vogue, avant d’être postée sur les réseaux sociaux, que la grande blonde (1,88 m) a officialisé une décision qui semblait devenue inéluctable en raison notamment de ses incessantes blessures.

«Tout au long de ma carrière, "Est-ce que ça en vaut la peine?" n’a jamais été une question. Dernièrement, ça l’était en permanence», explique la Russe dont les dernières années de représentations ont été plombées par les blessures.

Suspendue 15 mois pour dopage (meldonium) en 2016, Sharapova n’est jamais parvenue à retrouver le niveau qui était le sien avant cette interruption.

«Un an et demi loin du tennis ça a été terrible, ça lui a porté un coup. C’est pour ça qu’elle a mis un terme à sa carrière prématurément», a estimé le président de la Fédération russe de tennis Shamil Tarpishev, cité par l’agence RIA Novosti.

«Je suis désolé qu’elle ait dû s’arrêter sur une blessure, mais elle peut être fière d’elle», a commenté le N.1 mondial Novak Djokovic en marge du tournoi de Dubaï. «La façon dont elle s’est battue pour revenir et jouer au niveau qu’elle désirait est une source d’inspiration», a ajouté le Serbe.

Ex-N1 mondiale redescendue au 373e rang mondial, Sharapova restait ainsi sur quatre défaites consécutives, dont des éliminations aux premiers tours de l’US Open 2019 face à Serena Williams et de l’Open d’Australie 2020 contre la Croate Donna Vekic, son dernier match.

Cris 

Mais, contrairement à sa compatriote Anna Kournikova qui avait très tôt échangé son costume de joueuse pour celui de starlette, Sharapova a marqué le circuit féminin par des résultats spectaculaires obtenus à force de hargne bruyante. Les cris stridents qui accompagnaient chacune de ses frappes résonneront encore longtemps sur les plus grands courts du monde où elle a écrit quelques pages du tennis mondial.

Elle est ainsi l’une des rares joueuses à avoir remporté les quatre tournois du Grand Chelem: Wimbledon (2004), US Open (2006), Open d’Australie (2008) et Roland-Garros (2012 et 2014) pour un total de 36 titres et 21 semaines au sommet de la hiérarchie mondiale entre le 22 août 2005 et le 8 juin 2012.

«Elle a eu une sacrée carrière ! Évidemment, elle était derrière Serena (Williams), mais elle est probablement la meilleure après Serena», a estimé le Grec Stefanos Tsitsipas qui a des origines russes par sa mère. «Elle a beaucoup apporté à notre sport», a-t-il ajouté à Dubaï.

En carrière, Sharapova a ainsi gagné 38,8 M de dollars. Seules les soeurs Serena et Venus Williams (respectivement 92,7 et 41,8 M dollars), ont gagné plus d’argent qu’elle sur un court de tennis.

La petite fille née le 19 avril 1987 à Nyagan, dans la plaine de Sibérie occidentale à plus de 1700 km de Moscou, a également vécu un rêve américain en marge de sa carrière sportive.

Rêve américain

«À six ans, j’ai traversé la planète jusqu’en Floride avec mon père (...) Tout me semblait immense, tout comme l’étaient les sacrifices de mes parents», se souvient-elle dans Vogue.

Ces sacrifices ont porté leurs fruits puisque de 2005 à 2015, la Russe s’est maintenue au sommet, non pas du classement WTA, mais de la liste Forbes des sportives les mieux payées. Ce mercredi, le magazine estimait sa fortune à 325 millions de dollars, en comptant ses gains en tournois, ses différentes interventions, mais aussi et surtout ses partenariats commerciaux. Seule Serena Williams a fait mieux avec, à ce jour, 350 millions de dollars.

En 2019 encore, malgré de faibles gains en tournois (1 million de dollars) à cause des blessures qui ne lui ont permis de disputer que 18 matches, elle a touché 6 millions de dollars de contrats publicitaires pour un total de 7 M USD qui en faisait encore la 7e joueuse de tennis la mieux payée de l’année.

«La beauté fait vendre. Je sais que c’est en partie pour ça que les gens me veulent et ça me convient. Je ne vais pas me rendre laide exprès», avait-elle commenté un jour.

En 2019, elle était liée à Nike, Porsche, Head, Evian et Tag Heuer. Elle a également investi en 2016 dans l’UFC, principal organisateur de MMA, et a lancé en 2012 sa propre marque de bonbons Sugarpova.

Après Wozniacki en janvier, Sharapova est le deuxième grand nom du tennis à quitter définitivement le circuit en 2020.

Maria Sharapova avait remporté le Challenge Bell  à Québec en novembre 2003.    

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MARIA SHARAPOVA EN BREF

Nom: Sharapova

Prénom: Maria

Date de naissance: 19 avril 1987 (32 ans)

Lieu de naissance: Nyagan (Russie)

Lieu de résidence: Bradenton (Floride, Etats-Unis)

Nationalité: russe

Taille: 1,88 m

Poids: 59 kg

Droitière, revers à deux mains

Débuts sur le circuit WTA: 19 avril 2001

Gains totaux: 38 777 962 $US

Classement WTA: 373e mondiale (au 24 février 2020)

Meilleur classement WTA: 1re (la première fois le 22 août 2005, la dernière fois le 8 juillet 2012 pour un total de 21 semaines)

Bilan en simple: 645 victoires pour 171 défaites

Palmarès: 36 titres en simple, trois en double

Grand Chelem: 5 titres (un Open d’Australie, 2008), deux Roland-Garros (2012, 2014), un Wimbledon (2004) et un US Open (2006).

Cinq autres finales: Open d’Australie 2007, 2012 et 2015, Wimbledon 2011, Roland-Garros 2013

Masters: 1 titre (2004) et 2 autres finales (2007, 2012)

JO: 1 médaille d’argent (2012)

Fed Cup: finale perdue contre la République Tchèque en 2015

Maria Sharapova à la première de «Battle of the Sexes» à Los Angeles, en septembre 2017   
Maria Sharapova victorieuse aux Internationaux d’Australie à Melbourne, en janvier 2008