Les roulottes syndicales ont fait leur apparition autour de l’Aluminerie de Bécancour alors que les travailleurs seront appelés à se prononcer sur une offre patronale.

La tension monte à l'A.B.I.

BÉCANCOUR — Alors que le contrat de travail vient à échéance le 22 novembre, la tension monte à l’Aluminerie de Bécancour avec une entrée au travail perturbée, lundi matin, et une injonction interdisant tout ralentissement des opérations. Toutefois, les syndiqués seront appelés à se prononcer sur une offre patronale lors d’assemblées générales prévues mardi et mercredi.

Or, en matinée, c’est plutôt l’accès à l’usine qui se faisait au ralenti, avec la présence de retraités. Mais, à l’intérieur, le Syndicat des Métallos, section locale 9700, devait prendre les moyens requis pour que les salariés cessent toute violation de la convention collective, reprennent l’exercice normal de leur travail et s’abstiennent de ralentir les activités de l’A.B.I.

L’employeur a obtenu une ordonnance provisoire en ce sens vendredi dernier auprès du Tribunal administratif du travail, à la suite d’un ralentissement d’activités destiné à limiter la production qui fut observé le 16 novembre. La décision rendue par le juge Christian Drolet est en vigueur jusqu’au 22 novembre.

«Plusieurs allégations contenues dans la demande d’A.B.I. laissent sérieusement croire qu’il y a violation des dispositions de l’article 108 du Code», retrouve-t-on parmi les considérants. 

Du côté syndical, on avait tenté de faire remettre l’ordonnance sous prétexte de ne pas avoir suffisamment de temps pour vérifier la véracité des faits allégés par l’employeur et préparer une défense adéquate. Mais le juge Drolet a rejeté les prétentions syndicales sur un quelconque préjudice subi.

«On a la responsabilité de mettre en place différentes mesures pour assurer la sécurité de nos gens et préserver l’intégrité de nos équipements en maintenant une continuité opérationnelle», a expliqué au Nouvelliste la conseillère en communication pour l’aluminerie, Sara Dubé.

Par ailleurs, celle-ci a confirmé le dépôt d’une offre patronale «qui va assurer la compétitivité de l’usine et prévoit des conditions attrayantes et concurrentielles au niveau de la rémunération et des avantages sociaux pour nos employés».


«On a la responsabilité de mettre en place différentes mesures»
Sara Dubé

Du côté du Syndicat des métallos, on précise que cette proposition fera l’objet de votes en assemblée générale mardi et mercredi, sans commenter davantage.

Au cœur des discussions, il y a l’instauration d’un régime de retraite à deux vitesses et le respect de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’œuvre.

À la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, on a pris action à la suite du ralentissement de la circulation sur la rue Pierre-Thibault qui a duré «une couple d’heures». Présente, la Sûreté du Québec n’a pas eu à intervenir.

«Immédiatement, on est entré en contact avec les responsables du syndicat pour bien tabler ce qu’on avait convenu ensemble parce qu’il faut comprendre que dans le parc, contrairement à d’autres parcs industriels, les rues appartiennent à la Société d’État, ce sont des rues privées. On ne permettra pas d’aucune façon que le réseau routier soit affecté, qu’on nuise à la fluidité du trafic, d’autant plus que le trafic est assez particulier, c’est du trafic lourd. La rue Pierre-Thibault, ce n’est pas rue d’Alcoa, c’est l’une des rues principales du parc», a fait savoir le président-directeur général de la Société, Maurice Richard.

«On s’est bien entendu, ça s’est libéré immédiatement. On ne permettra pas, quel que soit leur exercice, qu’on empêche le trafic dans le parc. Ça s’est passé correctement», renchérit-il.

Par ailleurs, parce que la Société est propriétaire de tous les empattements et de tout le réseau routier, celui-ci a déjà convenu au préalable avec les représentants syndicaux, «il y a une couple de mois», quatre endroits pour installer leurs roulottes.

«C’est déjà prédéterminé, ils ne peuvent pas aller à d’autres endroits que ceux-là, encore là, avec la contrainte qu’il ne faut pas qu’ils obstruent la circulation avec leur tas de bois et leurs autos. C’est très précis. C’est pour être bien sûr qu’ils ont bien saisi ça qu’on a eu l’opportunité de faire une remise à jour de ce qui avait été convenu, de ce qui doit être respecté», ajoute M. Richard.

Par rapport à la situation, ce dernier se montre plutôt calme. «Il faut se rappeler qu’on n’est pas dans l’étape des ambulanciers et des ingénieurs du gouvernement, qui sont sans contrat depuis trois ans. Ils sont encore dans un contrat respecté des deux parties. La convention n’est même pas terminée. On parle de quelque chose pour le futur. Il n’y a pas de retard, on est au moment où on renégocie une nouvelle convention qui va s’ajouter à celle de 2012-2017 et la 2017 n’est même pas encore terminée. Autant le syndicat que le propriétaire ne sont en retard. Ils sont à un moment normal de renégocier une nouvelle convention. Là, il y a une proposition des propriétaires, et eux doivent réagir. Ce côté-là n’est pas négatif. On n’est pas dans un cas où quelqu’un est en retard et on l’accuse d’avoir pris trop de temps», a conclu M. Richard.