La tendance gagne les garderies et les écoles

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
L’enseignement en plein air connaît un essor important depuis quelques années. Et ce n’est qu’un début, estime Christian Mercure, chercheur et professeur dans le programme d’intervention par la nature et l’aventure à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

« Depuis quatre ou cinq ans, on voit de plus en plus de projets d’enseignement en plein air, à tous les niveaux, de la garderie à l’université », souligne-t-il d’emblée.

Après la vague de programmes d’intervention par le plein air, initié par Mario Bilodeau et ses pairs, avec la fondation Sur la pointe des pieds, il y a plus de 20 ans, c’est maintenant l’enseignement en plein air qui prend son envol, dit-il.

Ce dernier cite le Regroupement des centres de la petite enfance (CPE) du Québec, un projet pilote qui a permis d’implanter un programme d’éducation en plein air dans 15 CPE de la province.

L’éducatrice en plein air Gabrielle Gagnon se réjouit de voir l’émerveillement dans les yeux des jeunes.

Pour former les éducatrices, le Cégep de Rivière-du-Loup a aussi lancé une formation en écoéducation par la nature, il y a trois ans. L’an dernier, près d’une soixantaine d’éducatrices y ont été formées.

À Alma, l’école Jean-Gauthier fait aussi figure de pionnière, en offrant des expéditions de quatre jours à ses étudiants, entre autres.

À l’université, le Diplôme d’études supérieures spécialisées en intervention par la nature et l’aventure de l’UQAC permet de former des enseignants, des cadres et des directeurs. D’autres programmes sont aussi offerts à Montréal et à Trois-Rivières.

Il y a aussi le RÉSEAU pour un développement psychosocial par le sport et le plein air, qui facilite le réseautage entre professionnels.

« Plusieurs études démontrent que le stress diminue et que l’attention augmente quand on se retrouve dans la nature, explique le chercheur, ce qui prédispose à un meilleur apprentissage. »

Par exemple, des jeunes en trouble d’apprentissage peuvent miser davantage sur leurs forces motrices dans la nature, plutôt que de mettre l’emphase sur leurs difficultés à l’écrit ou à l’oral. « Ça change la dynamique avec les pairs et les professeurs, en faisant ressortir leurs forces », note Christian Mercure.

Jusqu’à maintenant, le développement repose toutefois sur le bon vouloir d’individus qui ont décidé de lancer des programmes dans la nature par intérêt personnel. « Si les personnes clés partent, les programmes tombent à plusieurs endroits », remarque le chercheur.

Ce dernier souligne toutefois que le ministère de l’Éducation s’intéresse beaucoup à l’enseignement dans la nature. « On sent la volonté au niveau ministériel », rapporte-t-il, espérant qu’un cours d’enseignement en plein air soit intégré au cursus des futurs enseignants.

D’ici là, lui et ses collègues de l’UQAC planchent sur l’idée de mettre en place un programme court pour outiller encore plus de professionnels intéressés par ce type d’enseignement.

Et avec les restrictions de la santé publique en lien avec la COVID-19, l’apprentissage en plein air permet de bien s’adapter à cette réalité, tout en ouvrant de nouvelles perspectives, estime Christian Mercure.