De plus en plus d’enseignants qui travaillent déjà à temps plein sont obligés de faire des périodes de suppléance dans d’autres classes de leur école, parce qu’il n’y a pas de suppléants disponibles.

La suppléance obligatoire décriée

Les partis d’opposition ont décrié lundi le recours à la suppléance obligatoire dans les écoles primaires et secondaires du Québec, un phénomène en augmentation.

«C’est très inquiétant, parce que ça vient ajouter encore plus de stress sur les épaules des enseignants. C’est pas normal d’en être rendus là», juge la députée péquiste Véronique Hivon. 

Elle réagissait aux reportages du Soleil et du Journal de Québec qui démontrent que de plus en plus d’enseignants qui travaillent déjà à temps plein sont obligés de faire des périodes de suppléance dans d’autres classes de leur école, parce qu’il n’y a pas de suppléants disponibles. Ces enseignants sont ainsi privés de temps qui est normalement alloué à la correction ou à la préparation de leurs cours. 

«Facteur aggravant»

Pour Mme Hivon, le manque d’engouement pour le métier d’enseignant constitue le problème de fond, mais comme «facteur aggravant», elle pointe le fait que «la rémunération n’est pas très attirante pour la suppléance», les années d’expérience des enseignants n’étant pas prises en compte. 

«La CAQ [Coalition avenir Québec] est vraiment obnubilée par la création de classes de maternelle 4 ans. Tellement qu’elle a mal identifié le principal enjeu, qui est la pénurie de main-d’œuvre en enseignement», critique pour sa part la députée libérale Marwah Rizqy. La députée est déçue de ne pas avoir vu de mesures dans le budget qui valorise réellement la profession. 

«Le temps supplémentaire obligatoire contamine maintenant nos écoles. On entraîne nos profs dans le même cercle vicieux que les infirmières : les gens sont victimes d’épuisement professionnel, ils vont jusqu’à quitter la profession. Le dévouement de nos profs a des limites!» a quant à elle réagi la députée solidaire Christine Labrie. 

Francis Bouchard, attaché de presse du ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, indique que la suppléance obligatoire «est supposé être une mesure exceptionnelle» qui ne devrait pas être «banalisée». 

Il assure que son gouvernement est au travail pour attirer et garder des enseignants dans le système scolaire public. «On est bien conscients qu’il y a beaucoup de travail à faire pour revaloriser la profession», indique M. Bouchard, qui pointe le renouvellement des conventions collectives, prévu pour 2020, comme une occasion de le faire.