Philippe Marquis tire un trait sur sa carrière en ski acrobatique où il a récolté 13 podiums en Coupe du monde et une médaille d’argent aux Mondiaux, en 2015.

La retraite du bonheur pour Philippe Marquis

Il n’y a pas plus belle façon de boucler la boucle que de revenir là où tout a commencé. Le bosseur Philippe Marquis a profité d’un passage au club de ski acrobatique de Stoneham, dimanche après-midi, pour écrire la dernière page de sa carrière sportive avec les siens.

Le skieur acrobatique de 29 ans tire ainsi un trait sur une belle aventure d’une douzaine d’années, où il a vécu sa part de beaux moments et d’autres, un peu plus douloureux.

«Je tenais à faire cela à Stoneham, où j’ai fait mes débuts, en compagnie de ma famille, mes amis et commanditaires, les membres du club. Oui, il y a une partie de mon identité qui s’en va, mais je voulais que ce soit une célébration où l’on se rappelait les bons souvenirs», a dit le nouveau retraité.

Ce qui le réjouit le plus, c’est de pouvoir accrocher ses skis au moment où il l’a choisi, et non pas d’avoir été obligé de le faire par la force des choses.

Blessé à un genou à quelques semaines des Jeux olympiques de 2018, il a confondu les sceptiques en y participant quand même. Et après une longue phase de rééducation à la suite d’une intervention chirurgicale à son articulation, il a pu effectuer son dernier tour de piste l’esprit en paix et avec la satisfaction du devoir accompli.

«La raison pour laquelle je suis revenu, c’était de pouvoir terminer ma carrière selon mes termes. Ma décision de revenir avait été longuement réfléchie, les gens autour de moi ont été vraiment patients et généreux. Ils m’ont supporté là-dedans, c’est la moindre des choses de prendre le temps de les remercier.»

Il pense à ses parents, François et Nicole, à son frère, Vincent, et à sa sœur, Anne. «Ah oui, c’est super de ploguer ma sœur, elle n’a pas eu toute l’attention qu’elle méritait. Elle est prof au primaire, mère de jumeaux», a-t-il dit à propos de l’aînée de la famille tandis que son frère est un ancien bosseur, comme lui.

S’il n’était pas revenu à la compétition après les Jeux de 2018, un grand vide l’aurait longtemps suivi. Aujourd’hui, ce vide est bien rempli. Philippe a eu le temps de voir certains lieux, de saluer ses amis sur le circuit et même de s’offrir un dernier podium...

«Ç’a aurait été une œuvre inachevée de ne pas revenir. Je pars à la retraite le cœur léger et je suis en paix avec l’idée d’avoir fait cette dernière saison. En toute honnêteté, je ne revenais pas pour les résultats, je ne pensais même pas faire de finale», dit celui qui s’est retrouvé sur la deuxième marche du podium au Japon, récemment.

13 podiums

Il boucle son parcours avec 13 podiums en Coupe du monde, dont deux victoires. Il a aussi une médaille d’argent aux Mondiaux, en 2015.

«La prochaine génération m’a vu me battre et faire preuve de résilience. Je lui passe le flambeau, je sens que l’équipe est entre de bonnes mains», envoie-t-il à ceux qui prendront le relais.

Il admet que les impacts de ce sport sur son corps ne lui manqueront pas. Il avait d’ailleurs ramené un mal de dos de l’autre bout du monde. Mais il s’ennuiera de la camaraderie développée dans l’équipe canadienne.

Philippe Marquis laisse en héritage sa passion du sport. «J’avais du plaisir à le faire, j’avais une approche positive et je pense avoir partagé le bonheur que j’avais à faire cela.»

À part «La Marquis» de Stoneham, quelle piste empruntera-t-il, maintenant?

«Bonne question! À court terme, j’aimerais rester dans le sport, je regarde l’option d’être entraîneur avec l’équipe canadienne. Les communications m’intéressent, je vais aussi finir mon baccalauréat en administration. J’ai des projets, des passions, je vais laisser ma prochaine histoire s’écrire avec le temps...»

Bonne retraite, Philippe Marquis!

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MOMENTS IMPORTANTS

La dernière saison à voyager à travers le monde a permis à Philippe Marquis de réfléchir aux grands moments de sa carrière. Voici ce qu’il en a tiré.

La quatrième place de son frère aux Jeux de 2010

«Cette journée-là a été très révélatrice dans mon désir de faire de la compétition. J’ai alors su que j’allais emprunter le même chemin.»

Sa double participation aux Jeux

«À Sotchi, j’avais vécu des montagnes russes [sans jeu de mots] d’émotions avec les qualifications qui avaient été difficiles, j’avais fait les Jeux sans trop de pression. À PyeongChang, ma présence tenait du miracle et ça m’a montré toute ma force de résilience. Ça m’a aussi montré tout l’impact que pouvait avoir le sport sur les gens au niveau de l’inspiration.»

Le balayage 1-2-3 québécois de 2015

«On avait fait 1-2-3 sur le podium, Mikaël Kingsbury (1er), moi (2e) et Marc-Antoine Gagnon (3e) aux Mondiaux de 2015. De faire cela dans un petit village avec deux de mes meilleurs amis, ça avait été vraiment spécial.»