La présumée victime d’All Boivin avait plus de 100 ecchymoses sur le corps

À son arrivée à l’urgence de l’hôpital de Chicoutimi, la présumée victime d’All Boivin présentait plus de 100 ecchymoses sur tout son corps. Le seul endroit où il n’y en avait pas, c’est dans le haut du dos.

Il s’agit du constat fait par la docteure Caroline Dupont-Dorais, qui a reçu la plaignante le soir du 25 juillet 2018.

Au quatrième jour du procès d’All Boivin, accusé de voies de fait graves, de voies de fait armées, d’agression sexuelle armée, de deux voies de fait simple, de séquestration, de menaces de mort et de trafic de stupéfiants, le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, a entendu la médecin de l’urgence et la radiologiste Isabelle Rousseau

La docteure Caroline Dupont-Dorais, de l’urgence de Chicoutimi

« Habituellement, je fais des ronds (sur les documents médicaux) pour indiquer les endroits où il y a des ecchymoses. Dans le cas de la patiente, je ne l’ai pas fait, car il y en avait trop. Il y avait plus de 100 ecchymoses. Le seul endroit où il n’y en avait pas, c’est dans le haut du dos. Sinon, il y en avait partout ailleurs », a expliqué la docteure Dupont-Dorais.

« J’avais noté que la patiente avait des douleurs au thorax et au rachis cervical, un bris dentaire et un léger traumatisme crânien. À un examen plus poussé, on a noté des lacérations au foie et aux reins. Il n’y avait pas de fractures. Aucune chirurgie n’était nécessaire », a poursuivi la médecin de l’urgence.

Cette dernière n’était pas surprise de l’ampleur des blessures, étant donné que la patiente lui avait dit qu’elle avait été victime de violence.

Douleurs

Tous ces bleus étaient donc visibles. Mais il y avait autre chose dans le corps de la jeune femme de 21 ans.

Au cours de la nuit du 25 au 26 juillet, la présumée victime s’est plainte de douleurs au bas du ventre. Elle disait être au début de son cycle menstruel. La médecin s’est interrogée si l’origine de cette douleur ne pouvait être autre chose. 

« J’ai fait un examen gynécologique. Il n’y avait rien d’anormal sur la partie externe des parties génitales. C’est lorsque j’ai placé le spéculum (outil médical en forme d’entonnoir) dans le vagin que j’ai remarqué une masse blanchâtre qui n’était pas normale. »

« J’ai alors confronté ma patiente afin de savoir si elle avait pu s’insérer quelque chose comme un sachet de drogue. Je devais le savoir avant de le retirer, car si ça s’était ouvert, les conséquences auraient pu être importantes. Il s’agissait d’un objet enroulé qui se trouvait à l’entrée du vagin », a indiqué la docteure Dupont-Dorais.

Celle-ci dit avoir eu un haut-le-cœur en retirant l’objet. 

Tout le monde a été étonné, y compris la patiente.

« Lorsqu’elle a su ce que c’était, elle a dit qu’elle n’en croyait pas ses yeux, qu’il (All) ait pu lui faire ça. Elle croit que ce fut inséré au moment où elle a perdu conscience », a ajouté la médecin.

Parmi les autres tests effectués, les résultats étaient négatifs pour l’alcool, mais positifs au Xanax, au cannabis et à la cocaïne, des drogues que la plaignante dit avoir consommées avant les événements.

Violence

All Boivin assiste aux interrogatoires dans la boîte des détenus, menottes aux poignets. Il porte un chapelet de couleur rose et écoute ce qui est raconté.

Il n’a pas réagi lorsqu’il a entendu la médecin dire que la patiente devait avoir subi des violences.

« Avec plus de 100 ecchymoses, des traumatismes au visage, au thorax et au ventre, notamment, je peux penser qu’il s’agit d’une victime de violence. Et ç’a du sens avec l’histoire qu’elle nous a racontée à son arrivée. Les lésions concordent avec les marques que nous avons observées », a-t-elle affirmé.

« Je n’ai pas contesté sa version. Habituellement, les victimes de violence nous disent qu’elles sont tombées dans l’escalier, mais les blessures ne concordent pas. Ce n’est pas le cas ici », a précisé la docteure Dupont-Dorais.

En après-midi, la radiologiste Isabelle Rousseau a précisé que les appareils utilisés pour photographier le corps humain sont très précis et permettent de révéler des détails intéressants.