Vers 21h50, mardi, un quinquagénaire enregistrait un film projeté dans une des salles du cinéma de la rue Clemenceau lorsqu’il a été surpris par une employée.

La police expulse un pirate d’un cinéma à Beauport

Un pirate qui captait un film avec son cellulaire au Cinéma Cineplex Odéon Beauport, mardi soir, est venu près d’être arrêté et de faire face à la justice.

Vers 21h50, le quinquagénaire filmait une œuvre cinématographique dans une des salles du cinéma de la rue Clemenceau lorsqu’il a été surpris par une employée. Celle-ci a contacté les policiers, qui ont intercepté le pirate sur place peu de temps après.

Le cinéma n’a finalement pas porté plainte et les patrouilleurs ont expulsé l’homme du cinéma. «Le monsieur a accepté de quitter et les images ont été supprimées devant les policiers», précise David Poitras, porte-parole du Service de police de la Ville de Québec.

Une porte-parole de Cineplex, Sarah Van Lang, explique que l’entreprise a jugé, avec les responsables du cinéma de Beauport, qu’il s’agissait «d’un malentendu» et a décidé de ne pas porter plainte à la police.

Mme Van Lang précise que l’homme expulsé «n’était pas mal intentionné et qu’il n’était pas au courant des conséquences de ses actes».

Bien qu’il n’y ait pas eu de plainte contre le pirate, son geste reste tout de même un crime, souligne M. Poitras. «Que ce soit avec une caméra ou un cellulaire, une personne qui se fait prendre par un responsable de cinéma peut s’exposer à des accusations criminelles».

Depuis 2007, l’article 432 (1) du Code criminel stipule effectivement que «quiconque, sans le consentement du gérant du cinéma, enregistre une œuvre cinématographique [...] qui est projetée dans un cinéma, ou sa bande sonore, est coupable d’un acte criminel».

Les pirates sont passibles soit d’un emprisonnement maximal de deux ans, soit d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire. La peine maximale va jusqu’à cinq ans quand l’enregistrement est effectué en vue de vendre, de louer ou de distribuer commercialement une copie de l’œuvre.

Copie retraçable

La porte-parole de Cineplex indique que tous les films diffusés dans ses cinémas sont «marqués» pour prévenir le piratage et retracer les pirates. La technologie a été prévue afin que «les films piratés et mis en ligne puissent être retracés jusqu’au lieu exact du piratage», explique Mme Van Lang.

Les «marques ne sont pas visibles à l’œil nu, mais peuvent être identifiées à l’aide d’une analyse judiciaire», précise-t-elle.

Dans la capitale, les interventions policières pour des pirates de cinéma sont «extrêmement rares», dit David Poitras.

Au Québec, le cas le plus célèbre est celui de Geremi Adam, un Montréalais dans la vingtaine qui a passé deux mois et demi derrière les barreaux pour avoir piraté des films dans les cinémas.

En 2007, la GRC avait arrêté cet homme qui s’infiltrait dans les salles de cinéma avec son caméscope pour filmer les films fraîchement sortis, puis les mettre en ligne. Les internautes du monde entier pouvaient ensuite télécharger ses copies, parfois avant que le film prenne l’affiche chez eux.

Selon un article du Journal de Montréal, le FBI le considérait comme un des plus importants pirates du cinéma. D’une grande qualité, les copies de Geremi Adam lui rapportaient de 300 $ à 1000 $ l’unité et étaient très en demande dans les réseaux de distribution criminels.

C’est un procédé de marquage comme celui utilisé par Cineplex qui avait permis de retracer les cinémas dans lesquels Geremi Adam avait piraté des films et de remonter jusqu’à lui.

Peu de temps après sa sortie de prison, en 2010, Adam est mort d’une surdose de morphine. Il avait 27 ans.