Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Une salle d’opération sur deux est fermée en ce moment dans les hôpitaux de l’Estrie, faute de personnel.
Une salle d’opération sur deux est fermée en ce moment dans les hôpitaux de l’Estrie, faute de personnel.

La moitié des salles d’opération sont fermées en Estrie

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Une salle d’opération sur deux est fermée en ce moment dans les hôpitaux de l’Estrie, faute de personnel. Le pourcentage de délestage pour les chirurgies se situe à 49 % globalement sur le territoire estrien, a appris La Tribune.

Le premier ministre François Legault a annoncé mardi en point de presse que le taux de délestage se situait à 34 % en moyenne dans la province. Selon les données recueillies par les coopératives de l’information mercredi, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS affichait l’un des taux de délestage les plus élevés de la province. 

À titre d’exemple, Montréal déleste aussi près de la moitié de ses chirurgies et le Saguenay-Lac-Saint-Jean 44 %, mais le Bas-Saint-Laurent 28 % et la région de la Capitale-Nationale, 26 %.

Jour après jour, il est possible de noter la diminution du nombre de patients hospitalisés pour combattre la COVID-19 dans les lits du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. De ce nombre, cinq personnes proviennent de l’extérieur de la région de l’Estrie. En effet, certains hôpitaux de la région de Montréal ou de la Montérégie ont encore moins de lits disponibles que les hôpitaux sherbrookois.

Le 20 janvier, il y avait 82 patients hospitalisés dans les lits de courte durée et 13 aux soins intensifs. Mercredi (le 3 février), le taux d’occupation des lits de courte durée reliés à la COVID-19 avait redescendu à 35 lits de courte durée et à six lits de soins intensifs.

Pourtant, le CIUSSS doit toujours délester de nombreuses activités courantes, en plus de la réduction des chirurgies. Plus de 11 000 patients sont en attente d’une chirurgie en Estrie en ce moment.

Une longue liste d’activités liées à la COVID-19

« La réorganisation et le délestage des activités sont influencés par les situations suivantes : l’évolution de la situation épidémiologique en Estrie, les éclosions dans les milieux de vie et les secteurs d’activités cliniques et unités de soins, l’utilisation de nos lits d’hospitalisation pour des usagers atteints de la COVID et la disponibilité des ressources humaines », résume la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Geneviève Lemay.

« Dans les derniers jours, nous avons pu remarquer une amélioration de ces indicateurs et nous en sommes très heureux. Le MSSS a d'ailleurs communiqué aux établissements de travailler à une atténuation du délestage selon leurs capacités. Au sein de notre établissement, nous travaillons actuellement à planifier le retour de certains membres du personnel vers leur secteur d'origine. Un des objectifs est de graduellement augmenter l'accès en chirurgie, en considérant tant les autres services à la population que les besoins toujours bien présents en lien avec la COVID. Il s'agit d'un ajustement continuel entre les besoins de la population liés à la COVID et les besoins réguliers (comme la chirurgie) », ajoute Mme Lemay.

En effet, il n’y a pas que les patients hospitalisés pour lutter contre la COVID qui accaparent les employés du réseau de la santé. C’est pourtant seulement ce chiffre qui est quotidiennement avancé par le ministère de la Santé et des Services sociaux.

En effet, il y a de nombreuses autres activités reliées à la COVID-19 au sein des établissements de santé comme le CIUSSSS de l’Estrie-CHUS.

Le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier, prend comme exemple sa propre direction. « En temps normal, nous avons huit employés qui travaillent sur les maladies infectieuses. Maintenant, nous sommes 200 personnes. Et ce n’est là qu’un exemple à petite échelle, dans une petite direction », illustre-t-il.

Aînés en attente d’hébergement

Les soins aux personnes âgées exigeant aussi l’utilisation de nombreuses ressources humaines.

L'Estrie fait face depuis plusieurs années à une augmentation constante de la demande de places d’hébergement en CHSLD. Cette année de pandémie n’a pas fait exception. Au 6 janvier 2021, il y avait 634 personnes en attente pour un hébergement en CHSLD.

« Cette hausse de la demande n'est toutefois pas attribuable qu'à la pandémie : la démographie en Estrie est aussi un facteur très significatif et non négligeable. D'ailleurs, au début de la pandémie (25 mars 2020), nous avions déjà une augmentation significative du nombre de personnes en attente pour un hébergement en CHSLD (409 personnes) », indique la porte-parole du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Geneviève Lemay.

Parce qu’il faut bien héberger ces aînés quelque part, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a dû ouvrir un « site non traditionnel » (SNT) en octobre pour y accueillir temporairement des personnes en provenance de milieux hospitaliers en attente d’une place d’hébergement, dans un ancien couvent situé sur la rue Bowen.