La direction de la santé publique de Montérégie a fait le point mercredi sur la maladie de Lyme.

La maladie de Lyme progresse au Québec avec le réchauffement climatique

LONGUEUIL — Chevauchant les chevreuils et portée par le réchauffement climatique, la maladie de Lyme progresse dans le sud du Québec.

La direction de la santé publique de Montérégie a fait le point mercredi sur cette maladie, dont le nombre de cas confirmés a presque doublé en un an, passant de 56 en 2016 à 102 en 2017 sur son territoire.

«En Montérégie, on n’a aucune zone où le niveau de risque est faible; on a des risques moyens, élevés et élevés/endémiques», a expliqué la directrice de la santé publique de la Montérégie, Julie Loslier.

Outre la Montérégie, qui regroupe à elle seule le tiers des cas répertoriés dans la province, la maladie avance aussi en Estrie et en Outaouais et elle commence à gagner le Centre-du-Québec également.

En Estrie, les autorités de santé publique ont dénombré 126 cas en 2017, comparativement à 74 cas en 2016, une évolution qui est préoccupante si l’on considère qu’il s’agit d’une population beaucoup moins importante.

Pour l’instant, le fleuve semble agir comme barrière naturelle à sa progression puisqu’on ne rapporte aucun cas dans les régions au nord du Saint-Laurent, mais la présence en Outaouais laisse présager qu’elle finira par s’y rendre également.

«À la vitesse où on voit l’augmentation dans nos régions limitrophes, on peut penser que ça va s’étendre», a reconnu la docteure Loslier.

La maladie est portée par la tique à pattes noires — aussi surnommée la tique du chevreuil — et se transmet à l’humain lorsqu’il est piqué par celle-ci, mais pas instantanément. Une tique s’encastre dans la peau et il faut environ 24 heures avant que la maladie ne soit transmise, de sorte que le fait de retirer la tique dans les heures suivant une piqûre est en soi une méthode de prévention de la maladie.

«Si la tique a été retirée la même journée que l’on a été exposé, il n’y a pas de risque de transmission de l’infection», a tranché le docteur François Milord, médecin-conseil à la santé publique.

Il a ajouté que moins de 20 pour cent de cette variété de tiques sont porteuses de la maladie.

Car il faut le mentionner, les autorités de santé publique ne veulent pas non plus semer la panique et décourager les activités de plein air.

«Le risque (d’abandon des activités de plein air) est là, il faut le reconnaître. On ne voudrait surtout pas cet effet pervers», a précisé la docteure Loslier.

La tique à pattes noires est présente dans les zones boisées, les herbes hautes et les jardins à proximité de ces environnements et se tient loin des espaces secs, préférant les milieux ombrés et humides.

«La tique ne saute pas», a lancé la directrice de la santé publique, ajoutant qu’il était tout à fait sécuritaire de marcher en restant dans les sentiers. De même, l’utilisation d’un chasse-moustiques à base de DEET et l’examen de son corps après une activité extérieure pour vérifier s’il y a présence d’une tique et la retirer rapidement, si tel est le cas, sont autant de moyens de prévention simples.

Animaux domestiques

Les animaux domestiques sont aussi à risque — variable selon l’espèce — d’attraper la maladie de Lyme, mais aussi d’emmener des tiques dans la maison.

Dans ce dernier cas, cependant, le docteur Milrod s’est fait rassurant. «Si la tique est accrochée à l’animal, elle ne vas pas se détacher pour aller piquer un autre animal ou un humain», a-t-il confié, puisqu’elle a à ce moment une source de sang pour se nourrir.

De plus, il a ajouté qu’un insecte repu qui se détache présente peu de risque: «L’environnement de la maison n’est pas favorable à la tique. Dans un domicile, une tique va mourir après quelques jours.»

Pour les animaux eux-mêmes, le chien est parmi les plus vulnérables et ceux qui sont atteints de la maladie de Lyme montreront un manque de dynamisme, une perte d’appétit, une boiterie inhabituelle, des ganglions enflés, ainsi qu’une déshydratation imprévue. Des douleurs et de la fièvre peuvent aussi apparaître.

Chez le chat, au contraire, la maladie est rare, mais pas inexistante et se manifeste par une certaine raideur dans ses articulations ou ses membres, ce qui peut entraîner une boiterie plus ou moins importante. Un chat infecté aura aussi une perte d’appétit, une fatigue inhabituelle et possiblement de la fièvre.

Symptômes

Chez les humains, la maladie de Lyme se manifeste d’abord par une rougeur sur la peau qui s’étend sur plus de cinq centimètres et les symptômes les plus courants qui suivent sont la fatigue, la fièvre et des douleurs musculaires ou articulaires.

La maladie se traite bien avec des antibiotiques et un traitement préventif peut aussi être administré dans les jours suivant une piqûre si la tique n’a pas été retirée dans les 24 heures.