Stéphanie Frenette

La gardienne d'enfants Stéphanie Frenette citée à procès

La gardienne d’enfants Stéphanie Frenette, qui aurait secoué un bambin de 23 mois le 20 février 2017 à Chicoutimi, est citée à procès. Le dossier se retrouvera en Cour supérieure du Québec et devrait se dérouler devant un jury.

Au terme d’une journée et demie d’enquête préliminaire, le juge Paul Guimond, de la Cour du Québec, a noté qu’il y avait une étincelle de preuve pour l’amener à prendre cette décision.

Cette malheureuse affaire reviendra en avril et les parties tenteront de trouver une date pour la tenue du procès.

Après les témoignages du père de l’enfant (que nous ne pouvons identifier), de la femme de ménage de la garderie et d’une employée du centre d’amusement Savana, le tribunal a pu entendre le témoignage de la pédiatre Sylvie Béliveau, du Centre hospitalier universitaire de Laval (CHUL).

En visioconférence, la docteure a laissé voir, de manière non équivoque, que le choc subi par l’enfant s’est produit la journée du 20 février 2017 ou tout près de celle-ci.

« Il est peu probable que le traumatisme ait pu se produire dans les jours précédents », a indiqué la pédiatre. Elle estime que cela s’est fait dans un court laps de temps entre le moment où l’enfant se portait bien et l’instant où les choses ont dégénéré. 

« Je ne peux dater de façon précise le moment du traumatisme, aux 30 minutes, comme le voudrait le milieu judiciaire. Mais il est peu probable que les chutes du 17 février (au centre d’amusement) aient pu causer ce traumatisme, surtout que l’enfant allait bien au lendemain de cet événement. Selon ce que j’ai (comme information), le traumatisme du vendredi est qualifié de mineur », ajoute la docteure.

Mme Béliveau a indiqué que les traumatismes crâniens significatifs se produisent en grande majorité chez les enfants de moins de cinq ans, avec un pic chez les six à neuf mois. Elle précise qu’il y a même des cas chez les personnes adultes.

« Pour le petit, il s’agit d’un traumatisme crânien non accidentel. Son état correspondrait à un enfant qui est tombé du sixième étage ou encore impliqué dans un accident de voiture. Si ça avait été accidentel, il est possible de croire que quelqu’un aurait vu quelque chose », a précisé Mme Béliveau lorsque questionnée par Me Nicole Ouellet (Couronne).

Lors de son arrivée à l’hôpital de Chicoutimi, le petit était inconscient. Des manoeuvres de réanimation ont été entreprises. Les médecins craignaient pour sa santé en raison des hémorragies au cerveau.

« Avec ce que l’on voyait, ils ont cru qu’il était pour décéder. Le décès était presque imminent. »

Lorsque le bambin est arrivé au CHUL, les membres de l’équipe multidisciplinaire (pédiatre, médecins aux soins intensifs, physiothérapeute, neurologue, ergonome et spécialiste de la génétique) ont remarqué une collection d’hémorragies au cerveau. 

« Nous avons noté qu’il y a eu des saignements au cerveau et qu’il y a eu un manque d’oxygène au cerveau. Des cellules sont mortes. De plus, il y avait des hémorragies rétiniennes aux deux yeux. Elles étaient très nombreuses dans la rétine et en périphérie », a ajouté le médecin spécialiste.

Génétique

Durant le séjour de l’enfant au CHUL, les médecins ont analysé divers tests d’imagerie de résonnance magnétique (IRM) et ont aussi poussé des tests sur la génétique, au cas où une maladie rare aurait pu causer les problèmes de santé de l’enfant.

« Nous avons investigué tout ce qui était possible. Nous avons regardé s’il n’y avait pas de blessures occultes, qui ne sont pas visibles à l’oeil nu. Mises à part les marques dues à la réanimation, il n’y avait rien de particulier », admet la docteure.

« Nous avons analysé une cause infectieuse ou une maladie de l’oeil ou du cerveau. Mais tout était négatif de ce côté », a poursuivi Sylvie Béliveau.