Joseph Gagnon, 21 ans, projette de traverser l’Atlantique en solitaire à la rame l’été prochain si le financement est au rendez-vous, ou en 2020.

Joseph Gagnon à la conquête de l’Atlantique... pour la seconde fois

Le Québécois de 21 ans Joseph Gagnon s’élancera pour la seconde fois à la conquête de l’océan Atlantique, en parcourant 5000 km à la rame entre Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, et Noirmoutier, en France, mais cette fois-ci, en solitaire.

Il avait tenté l’aventure en 2017 avec Brian Conville, mais la traversée s’était mal finie. Les deux hommes avaient chaviré à 265 km de l’Irlande. Par miracle, ils avaient été secourus après avoir passé 12 heures dans l’eau.

«Notre balise de détresse avait été arrachée par la vague, mais elle s’est déclenchée au contact de l’eau. On a dérivé à plus de quatre kilomètres de la balise», raconte Joseph Gagnon.

Malgré tout, cette mauvaise expérience n’a pas refroidi le rameur océanique. «Après réflexion, je ne vois pas ça comme un échec. J’ai gagné de l’expérience et je vais être mieux préparé», affirme celui qui a traversé l’Atlantique à la voile en 2012 avec sa famille entre Sydney, en Nouvelle-Écosse, et Noirmoutier, d’où est originaire sa mère.

Il se prépare donc pour une nouvelle traversée en solitaire. Le départ est planifié, soit cet été si un gros commanditaire lève la main pour le financement, soit pour l’été 2020. Le jeune navigateur a prévu d’apporter des modifications par rapport au bateau qui a servi pour la traversée en 2017.

«J’ai besoin d’un financement entre 150 000 et 300 000 $. Il faut reconstruire le bateau qui sera 100 % en carbone. La sécurité sera plus poussée», explique-t-il. «Les affaires seront mieux réparties pour stabiliser le bateau, le kit de survie sera accessible si le bateau chavire et j’apporte pour 100 jours de vivres, même si la traversée doit durer entre 38 et 50 jours», poursuit-il.

Aider les jeunes

Avec cette traversée en solitaire, le jeune homme souhaite envoyer un message aux jeunes qui vivent des difficultés à l’école.

«C’est un peu fou de me lancer dans une telle aventure, mais ça me tient à cœur et c’est un projet qui m’a beaucoup aidé dans ma vie», explique-t-il.

Lui-même a eu des problèmes au primaire et au secondaire. «J’avais de mauvaises notes et j’avais du mal à me faire des amis. J’ai commencé à penser à ce projet de traverser l’Atlantique en solitaire en 2014. Ça m’a aidé pour continuer des études et reprendre confiance en moi», confie Joseph Gagnon, qui est actuellement en deuxième année du baccalauréat en marketing et gestion internationale à l’Université Laval.

«Je veux briser le mythe que si tu ne réussis pas à l’école, tu ne vaux rien. Il peut y avoir un projet, un rêve qui peut t’aider à t’en sortir. Je veux montrer aux jeunes qu’en traversant l’Atlantique, je peux rencontrer des tempêtes, mais m’en sortir. À l’école, c’est pareil, il peut y avoir des tempêtes, mais on peut passer à travers», soutient-il.

Traversée semée d’embûches

À peine sur l’eau, le rameur océanique devra affronter les courants et les vents du Labrador pendant deux semaines.

Par la suite, cela devrait être plus calme, mais à tout moment, il pourrait faire face à des tempêtes.

Il devra aussi se méfier des gros bateaux comme les cargos tout au long du parcours.

Il ramera entre 14 et 16 heures par jour, y compris la nuit.

«Le plus difficile sera de gérer ma fatigue. Je dois ramer au bon moment tout en étant capable de dormir un peu et de m’alimenter pour reprendre des forces», explique-t-il. «Je dois manger 6000 calories par jour et essayer de dormir de quatre à six heures», poursuit-il.

Il sera tout seul sur l’océan, mais une équipe sur la terre ferme le suivra de près.

«Je vais avoir un routeur météo, Michel Meulnet, une équipe médicale et des personnes qui vont s’occuper des communications», souligne-t-il.

Joseph Gagnon peut aussi compter sur le soutien de Mylène Paquette, la première Canadienne à avoir traversé l’Atlantique à la rame en 2013.