Le maire Jacques Marcoux a tenté de se faire rassurant lors de l’assemblée de lundi du conseil municipal de Potton, la première depuis l’attaque de chiens subie par une joggeuse sur le chemin de l’Aéroport. À gauche sur la photo, on aperçoit le directeur général de Potton, Martin Maltais.

Joggeuse attaquée par des chiens: Potton ne restera pas les bras croisés

Des chiens qui suscitent de la crainte, le Canton de Potton en compterait plusieurs. Les langues ont commencé à se délier depuis l’attaque survenue vendredi, dans la petite municipalité, et on est forcé de constater que la réglementation municipale n’était pas suivie à la lettre par tous les propriétaires d’animaux de l’endroit.

Cindy Gagnon et son conjoint, Guillaume Bergeron, se sont installés il y a moins de deux ans à Potton. Ils pratiquent tous les deux la course à pied et chacun d’eux a au moins une histoire à raconter concernant des chiens avec des comportements inquiétants. Ils se sont munis de bonbonnes de poivre de cayenne, dans les derniers jours, afin de pouvoir se défendre si une ou des bêtes les attaquent.

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Lundi soir, Mme Gagnon a pris la parole lors de l’assemblée du conseil municipal. Elle a confié aux élus que l’attaque survenue vendredi dernier, sur le chemin de l’Aéroport, « l’interpellait énormément ».

Comme d’autres après elle, cette résidente a demandé au maire et aux conseillers municipaux s’ils avaient l’intention d’agir afin qu’aucune autre attaque de chiens ne survienne à Potton dans le futur.

Le maire Jacques Marcoux a assuré à Cindy Gagnon que le Canton de Potton ne resterait pas les bras croisés. Il a ainsi promis que la réglementation serait resserrée. « Notre règlement sur le sujet date de 2005. Il était bien à l’époque, mais la réalité a changé depuis ce temps-là. C’est sûr que ce genre d’événement peut toujours arriver quoi qu’on fasse, mais on est sensible à ce qui s’est produit », a-t-il dit.

Raymond Gagnon

Propriétaire d’un gîte touristique à Potton, Raymond Gagnon a également fait part de ses préoccupations. Son gîte reçoit régulièrement des randonneurs et plusieurs d’entre eux vont marcher sur le chemin de l’Aéroport, où habite le propriétaire des chiens responsables de l’attaque de vendredi.

« Dans le fond, je pense qu’il y a des maîtres qui sont plus dangereux que leurs chiens. Mais quoi qu’il en soit, il est important qu’un suivi rapide soit fait quand une plainte pour des bêtes problématiques est déposée. C’est une question de sécurité publique », a déclaré M. Gagnon à La Tribune.

À ce sujet, le citoyen Raymond Cherrier a affirmé avoir déposé une série de plaintes à différentes organisations du milieu concernant des chiens aux comportements inappropriés. Il affirme avoir adressé des plaintes à la municipalité, à la Sûreté du Québec et à la Société protectrice des animaux (SPA).

« Je pense que mes plaintes ne se rendaient pas à destination. En tout cas, si je me fie à l’information qu’on m’a donnée, il n’y a pas de trace d’elles à l’hôtel de ville », a-t-il suggéré.

Marie-Paule Villeneuve

Une dame, Marie-Paule Villeneuve, a pour sa part mentionné avoir déjà invité des gens à se plaindre du comportement d’une bête à l’hôtel de ville. Or, sur place, on leur aurait conseillé de plutôt s’adresser à la SQ.

Par ailleurs, le maire de Potton lui-même a indiqué avoir reçu deux témoignages de cyclistes qui avaient vraisemblablement été effrayés par les chiens d’Alan Barnes en roulant sur le chemin de l’Aéroport. « Les bêtes les ont poursuivis avant de rebrousser chemin après un moment », a-t-il révélé.

À la SPA

Rappelons que ce sont les bêtes de M. Barnes qui ont sauvagement attaqué une joggeuse vendredi dernier en soirée. Les trois animaux en question sont présentement entre les mains de la SPA et seront évalués au cours des prochains jours. Leur sort demeure pour le moment incertain.

« On laisse les animaux décanter pour le moment. On ne peut pas les manipuler parce qu’ils viennent seulement d’arriver. Par contre, on fera l’évaluation nécessaire, tout en tenant compte de certaines informations qui nous viendront de la SQ, et on remettra ensuite un rapport au Canton de Potton », a révélé lundi Guylaine Lessard, directrice des opérations de la SPA Estrie.

L’euthanasie des animaux n’est pas exclue totalement. Toutefois, la réglementation actuelle du Canton de Potton ne prévoirait pas le recours à ce type de mesure en de pareilles circonstances.

Il a été impossible de parler à des membres de la famille de la dame qui a été attaquée vendredi. Cependant, on a pu apprendre qu’elle a subi une nouvelle intervention chirurgicale délicate, lundi, et que son état serait jugé « stable ».