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Natif de Kénogami, mais résidant de longue date à Saint-Félicien, Jocelyn Lambert fait partie des piliers des Élites midget AAA de Jonquière. Ce grand bénévole vient de tirer sa révérence après 22 ans de dévoués services dans diverses fonctions au sein de l’organisation.
Natif de Kénogami, mais résidant de longue date à Saint-Félicien, Jocelyn Lambert fait partie des piliers des Élites midget AAA de Jonquière. Ce grand bénévole vient de tirer sa révérence après 22 ans de dévoués services dans diverses fonctions au sein de l’organisation.

Jocelyn Lambert a les Élites de Jonquière tatoués sur le coeur

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
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À n’en pas douter, Jocelyn Lambert a les Élites midget AAA de Jonquière tatoués sur le cœur. En 22 ans de dévoués services, ce précieux bénévole n’a jamais lésiné sur son temps ni sur les milliers de kilomètres parcourus pour s’acquitter des mandats qui lui ont été confiés. Que ce soit comme entraîneur, dépisteur ou gouverneur, le Félicinois n’a toujours eu qu’une seule ambition: travailler pour permettre aux jeunes de se développer et de se faire reconnaître à leur juste valeur.

Sa passion pour le hockey et le développement des joueurs ne date d’ailleurs pas d’hier. Alors qu’il n’avait que 15-16 ans, il agissait déjà comme entraîneur. «J’ai été longtemps entraîneur avant d’oeuvrer comme dépisteur. Je jouais midget et je coachais Claude Reid qui était bantam», mentionne en riant le natif de Kénogami.

Bien que sa conjointe et lui aient encore bien de la parenté au Saguenay, c’est à Saint-Félicien qu’ils iront s’établir en 1972, Jocelyn Lambert ayant obtenu un poste d’enseignant en chimie au cégep de l’endroit. Comme bien des parents, il s’est impliqué dans les équipes de hockey de ses enfants et c’est justement alors que son fils Jonathan jouait bantam durant les séries entre Roberval et Alma en 1998, qu’il a rencontré Michel Simard, actuel président des Élites. Une belle et longue amitié s’est d’ailleurs nouée entre les deux hommes.

À l’époque, M. Simard lui avait demandé d’agir comme dépisteur dans le haut du Lac-Saint-Jean, de Roberval à Dolbeau-Mistassini. «Dans le temps, il n’y avait pas de AAA ni de AA dans le hockey régional. C’était du BB. Le territoire des Élites comprenait le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord et le Bas-Saint-Laurent. Chaque année, les dépisteurs évaluaient les jeunes pour le précamp d’avril qui accueillaient entre 100 et 120 joueurs sur invitation, les meilleurs de chaque secteur. Il fallait aider les entraîneurs à sélectionner les joueurs pour le camp de mai en faisant un portrait de ces joueurs parce qu’un jeune ne se fait pas toujours justice dans un précamp», explique M. Lambert.

Chaque dépisteur tentait de mettre en valeur les joueurs qu’il avait ciblés. «On s’obstinait autour de la table. On connaissait nos joueurs et notre rôle était de s’assurer que les bons passent les premières coupures et aient la chance de se faire valoir [au camp]», raconte-t-il.

Nouvelle mission

La perte du territoire du Bas-Saint-Laurent aura porté un dur coup à l’organisation jonquiéroise. «En perdant le territoire du Bas-Saint-Laurent, on perdait un très bon territoire, avec de bons éléments. Sur 20 joueurs, il y en avait toujours 6 ou 8 qui venaient de là chaque année. La Fédération de hockey avait dit qu’elle rediviserait les territoires, chose qu’elle n’a jamais faite, rappelle-t-il. La perte de ce territoire est une perte totale. Ils ne nous ont pas donné l’Abitibi pour compenser ni Charlevoix qui appartient à Québec. On est resté avec un territoire amputé de son meilleur bassin. À partir de ce moment-là, mon rôle a changé.»

Pour atténuer l’impact, la Ligue de hockey midget AAA avait opté pour un repêchage d’équilibre. Les équipes ayant perdu du territoire allaient repêcher dans les territoires mieux nantis après que ces derniers aient protégé cinq joueurs en plus de tous ceux qui étaient déjà protégés (vétérans, gardiens de but, bantam qui arrivaient au midget, joueurs repêchés junior majeur). Il fallait donc bien connaître les candidats potentiels pour espérer les attirer au Saguenay.

Jocelyn Lambert s’est donc vu confier ce mandat de détecter les talents potentiels. Pour ce faire, il assistait aux trois tournois midget Espoir présentés un peu partout dans la province afin de voir les joueurs des 32 équipes midget espoir en action et repérer les plus prometteurs. «On avait le droit de repêcher cinq joueurs de l’extérieur et les inviter à nos camps, mais il fallait aussi essayer de vendre notre salade aux parents de ces jeunes», souligne M. Lambert.

D’ailleurs, il a commencé son mandat en frappant un grand coup! «Le premier joueur qu’on a repêché de l’extérieur et invité à jouer chez nous, c’était Yanni Gourde, du territoire de Lévis. Il faisait 5’7, 127 livres à ce moment-là», se souvient-il en riant. Il avait vu juste puisque Gourde s’est taillé un poste dans la Ligue nationale avec le Lightning de Tampa Bay et a même soulevé la coupe Stanley la saison dernière.

Gouverneur

Retraité de l’enseignement à 57 ans en 2006, Jocelyn Lambert avait de l’énergie et disposait de plus de temps. Il a donc accepté d’agir comme gouverneur des Élites lors des réunions de la ligue. Une mission qui lui convenait bien puisqu’il connaissait tous les tournois, les dépisteurs, les responsables des équipes et avait à coeur les intérêts des régions dont la réalité diffère des grands centres.

D’ailleurs, pendant trois ou quatre ans, il a siégé à l’exécutif de la ligue qui comptait trois gouverneurs, un pour chaque division. Mais ça signifiait aussi encore plus de kilométrages à parcourir, parce qu’il s’est toujours fait un devoir d’assister aux réunions de la ligue, du CA des Élites et autres, en plus d’aller aux matchs au Foyer des loisirs.

À l’automne 2019, il a fait part de son désir de délaisser sa fonction de gouverneur. Il a officiellement quitté son poste en mai dernier, mais garde des liens dans un rôle de conseiller. Grand amateur de golf et de pêche, ses étés sont bien remplis. Quant à l’hiver, nul doute que le sympathique septuagénaire trouvera à s’occuper!