La Commission des libérations conditionnelles du Canada refuse la demande de liberté provisoire du pédophile Jean-Louis Savard.

Jean-Louis Savard demeure incarcéré

Le pédophile Jean-Louis Savard demeurera incarcéré encore un bout de temps. Les commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) ont rejeté, vendredi, sa demande de remise en liberté totale.

Le dossier a été entendu en matinée, et la décision rendue dans les heures suivantes. Les commissaires estiment que Savard, qui a abusé sexuellement quatre de ses neveux et nièces entre 1964 et 1971, n’a pas fait suffisamment d’efforts en détention et de progrès sur le facteur contributif à sa criminalité. 

Jean-Louis Savard, qui a déménagé sur la Côte-Nord il y a plusieurs décennies, avait été condamné à six ans de pénitencier en juin 2015. Savard, 71 ans, profitait, à l’époque, de son passage à la maison familiale du 2e rang, à Saint-David-de-Falardeau, pour assouvir ses bas instincts. Il est allé jusqu’à insérer des clous rouillés et des tournevis dans l’urètre de ses neveux et leur avait fait des fellations. 

La commission a estimé qu’il avait fait subir des gestes traumatisants et douloureux à ses victimes. « La Commission constate que les délits à l’origine de la présente sentence sont très graves. Ils sont même horribles et témoignent d’un niveau élevé de cruauté. La spécialiste, qui a procédé à l’évaluation du risque de récidive, parlait de la possibilité de sadisme sexuel », mentionne-t-on dans la décision.

L’organisme fédéral note que le détenu nie toujours les faits reprochés, et ce, même s’ils se sont produits il y a près de 50 ans.

Savard a été reconnu coupable à la Cour du Québec pour des accusations de grossière indécence et d’attentat à la pudeur. Ces verdicts ont ensuite été confirmés par la Cour d’appel du Québec (sur division) et à la Cour suprême du Canada.

La CLCC refuse la demande de Savard en raison de sa participation insatisfaisante à sa planification correctionnelle, de son faible niveau de motivation et de responsabilisation et à son absence de compréhension de sa délinquance sexuelle. Les commissaires retiennent aussi que les membres de sa famille le croient innocent et ne prennent aucune mesure de prévention à l’endroit de ses petits-enfants. D’ailleurs, les membres de sa famille le soutiennent dans son processus de réinsertion et ne croient pas qu’il représente un danger pour la société.

Mais les victimes ont aussi fait parvenir des lettres à la CLCC. Elles s’opposent à la remise en liberté et se disent craintives par rapport à un retour en société, pour elles et pour la communauté.

« Votre équipe de gestion de cas rapporte qu’aucun changement n’a été observé en regard de votre facteur de risque. Vous ne démontrez aucune ouverture ni intérêt à comprendre les circonstances, les émotions et les contextes ayant donné lieu aux multiples passages à l’acte. [...] Plutôt que de tenter de vous responsabiliser quant aux gestes reprochés, vous vous positionnez comme victime, affirmant que les victimes ont agi par vengeance et jalousie envers votre réussite personnelle, familiale et professionnelle. Vous vous dites aussi victime d’un complot entre le juge de première instance et un avocat qui n’a pas su vous défendre convenablement », écrit-on.