Jean Demaître

Jean Demaître, «le troisième et dernier maillon de la chaîne de sécurité»

Sherbrooke – «Jean Demaître est le troisième et dernier maillon de la chaîne de sécurité. La fissure du maillon de la sécurité s’est passée au premier niveau. On l’accuse d’avoir été à l’origine de la chute de la sécurité.»

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Il entend le nom de sa fille pour la première fois

L’avocat du directeur de l’exploitation de la MMA, Me Gaétan Bourassa, a présenté ses arguments dans la cadre de sa plaidoirie pour faire acquitter Jean Demaître, jeudi, au palais de justice de Sherbrooke relativement au déraillement du convoi ferroviaire de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA) à Lac-Mégantic dans la nuit du 6 juillet 2013.
Jean Demaître a subi son procès relativement à une accusation de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic le 6 juillet 2013 en compagnie du conducteur de train Thomas Harding et du contrôleur de la circulation ferroviaire Richard Labrie.
Me Gaétan Bourassa a fait une revue de la réglementation ferroviaire applicable, du système de gestion de sécurité à la MMA et de la hiérarchie de la MMA.
«Vous constaterez que Jean Demaître ne participe pas aux décisions de la direction dans le système de gestion de la sécurité [...] Il n’y a pas de preuve concluante concernant sa tâche. Vous ne pouvez pas conclure qu’il est de sa responsabilité d’accomplir telle tâche. C’est un système bâtard. La responsabilité précise de Jean Demaître n’est pas définie. Vous devez être convaincu hors de tout doute raisonnable qu’il avait cette obligation de sécurité par sa fonction», plaide Me Bourassa qui a invité le jury à la prudence relative à la fonction qu’occupait Jean Demaître.


Jamais M. Demaître n’a été en contact avec Thomas Harding avant les événements.
Me Gaétan Bourassa

Il rappelle qu’aucun supérieur de Jean Demaître ne s’est présenté au procès pour témoigner de ses fonctions. «Vous n’êtes pas ici pour faire enquête sur les circonstances de cette catastrophe, mais avec la preuve faite et les renseignements entendus. Vous pourrez remettre les choses dans leur contexte pour le rôle de chacun dont celui de monsieur Demaître», indique Me Bourassa.
L’avocat de Jean Demaître a rappelé le témoignage de l’expert Callaghan, soit que si un nombre suffisant de freins à main avait été appliqué et qu’un test avait été fait lors de l’immobilisation, la telle tragédie de Lac-Mégantic ne serait pas survenue. Il rappelle que la poursuite devait prouver un écart marqué et important par rapport à une personne raisonnable placée dans les mêmes circonstances, donc si une personne placée dans les mêmes circonstances aurait prévu la dérive du train, le déraillement et le décès des 47 personnes.
«La décision de l’un n’emporte pas la décision de l’autre. Jamais M. Demaître n’a été en contact avec Thomas Harding avant les événements», souligne Me Bourassa qui a rappelé que le procès qui se déroule n’est pas le procès de la compagnie MMA à travers Jean Demaître ou de la direction qui se trouve aux États-Unis.
Il a rappelé l’ampleur des pertes de la tragédie de Lac-Mégantic, mais il a demandé au jury d’en «faire abstraction de ces faits pour déterminer du sort des accusés».
«Vous n’avez pas nécessairement à trouver des personnes responsables criminellement. Vous devrez faire la distinction entre la simple négligence et la négligence criminelle», plaide Me Bourassa.
Me Guy Poupart doit présenter ses arguments concernant le CCF Richard Labrie, jeudi en après-midi.


Me Gaétan Bourassa

Décision à 12 jurés
Le juge Gaétan Dumas de la Cour supérieure a rappelé au jury, à la suite d’une question de leur part, que douze d’entre eux sur les quatorze qui le composent, prendront part aux délibérations.
«Deux d’entre vous seront pigés au hasard et seront exclus des délibérations, délibérations qui devront rester secrètes», a rappelé le juge Dumas.
Vendredi, ce sera au tour de l’avocat de Thomas Harding, Me Charles Shearson, de présenter ses arguments au jury.