Au total, la société d’État a versé 3,94 millions $ en 2017-2018. Il s’agit d’une augmentation de 22 %.

Investissement Québec: les bonis dévoilés

Il aura fallu une intervention de la vice-première ministre et ministre de l’Économie, Dominique Anglade, pour qu’Investissement Québec (IQ) accepte de lever le voile sur les montants consentis en primes à ses employés. Au total, la société d’État a versé 3,94 millions $ en 2017-2018. Il s’agit d’une augmentation de 22 %.

Cette volte-face d’IQ survient au lendemain d’une publication du Soleil mentionnant que contrairement aux autres sociétés d’État, l’organisation refusait de divulguer le montant des primes de performance octroyées à ses travailleurs. 

La société d’État souhaitait rendre publiques ces données seulement en commission parlementaire lors de l’étude des crédits 2019-2020.

En après-midi, vendredi, le directeur des communications du bureau de la vice-première ministre, Guillaume Bérubé, a contacté Le Soleil pour indiquer que Mme Anglade jugeait «inacceptable» le manque de transparence d’IQ. 

L’an dernier, l’organisation avait pourtant accepté de fournir durant l’été ces informations. 

Vendredi, elle expliquait son refus en soulignant que «si nous ne souhaitions pas divulguer l’information c’est par souci d’exactitude et non dû à un manque de transparence». IQ précise que ces données peuvent changer d’ici l’étude des crédits 2019-2020. 

«Il faut savoir que les montants versés en primes et en bonis sont en réalité véritablement déboursés durant l’exercice financier suivant. Ce qui entraîne souvent des écarts entre les sommes divulguées lors du dépôt du rapport annuel et les sommes réellement versées aux employés», explique dans sa réponse transmise à 17h la directrice principale des affaires publiques chez IQ, Isabelle Fontaine.

Hausse des gestionnaires

Pour son exercice financier 2015-2016, IQ a versé en primes 3,26 millions $ à ses employés et cadres. En 2016-2017, ce montant avait légèrement diminué à 3,22 millions $.

Pour la dernière année financière, l’augmentation des primes s’explique en partie par la croissance du nombre de gestionnaires. Plus de la moitié des 3,94 millions $ a été partagée entre les cadres, les vice-présidents et le président-directeur général, Pierre Gabriel Côté.

Les 14 vice-présidents ont touché 881 393 $, en hausse de 68 % par rapport à l’exercice précédent, alors que les 88 gestionnaires ont reçu 1,14 million $, ce qui constitue une hausse de 30 % sur un an. M. Côté a par ailleurs vu sa prime grimper de 3 %, à 62 285 $. 

Rappelons qu’entre 2016-2017 et 2017-2018, le nombre de cadres est passé de 51 à 88 dans les rangs du bras investisseur du gouvernement du Québec, un bond de 72,5 %. Quant au nombre d’employés, il a grimpé de 3,3 % (+14) pour atteindre 427 travailleurs.

L’organisation explique ce mouvement de personnel par le fait qu’elle est «engagée dans une démarche de transformation» afin d’améliorer sa performance. 

«IQ ajoute des talents à son équipe afin de se donner les moyens de jouer pleinement son rôle, soit celui d’accélérateur du développement économique du Québec qui stimule la croissance des entreprises», note Mme Fontaine.

Des critiques s’élèvent 

Cette augmentation du nombre de gestionnaires, qui a valu à l’organisation certaines critiques, s’est reflétée sur la masse salariale. La rémunération pour les cadres est passée de 9,1 millions $ à 14,3 millions $ au cours de la dernière année. Il s’agit d’une augmentation de 57 %.

À ce montant, il faut aussi ajouter les avantages — assurances, fonds de pension et abonnement à une clinique médicale privée — versés aux gestionnaires qui sont passés de 1,1 million $ à 1,75 million $.

Il est toutefois important de mentionner que pour la première fois depuis sa fusion en 2011 avec la Société générale de financement, IQ a annoncé ce printemps être en mesure de verser un dividende au gouvernement provincial. Elle a rapporté un bénéfice net de 264 millions $, une augmentation de 21,7 %.  Avec la Presse canadienne

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Primes versées en 2017-2018 chez IQ:

  • Le président-directeur général: 62 285 $ (+ 3 %)
  • Les 14 vice-présidents: 881 393 $ (+ 68 %)
  • Les 88 gestionnaires: 1,14 million $ (+ 30 %)
  • Les employés syndiqués et non syndiqués: 1,85 million $ (+ 6 %)
  • Total: 3,94 millions $ (+ 22 %)