Inondations: situation critique sur le chemin Fraser, à Aylmer

Les Gatinois Ninon Martin et Louis Gaudet pensaient bien avoir « tout prévu » en faisant construire leur maison du chemin Fraser, dans le secteur Aylmer, il y a dix ans. Ils s’en sont sortis sans dommages en 2017, mais avec l’eau qui atteint maintenant un niveau supérieur, les prochains jours seront critiques.

La cour arrière de la résidence de Mme Martin et M. Gaudet offre en temps normal une splendide vue sur la rivière des Outaouais. En ce printemps 2019, la rivière n’a toutefois rien de champêtre. Elle recouvre le chemin Fraser, où les citoyens doivent se promener en chaloupe ou en canot.

À LIRE AUSSI :

>> La région au seuil de la crise humanitaire, dit la mairesse de Pontiac

>> Ottawa-Gatineau: cocktail de précipitations dans la région, mercredi

>> 150 maisons pourraient être évacuées à Constance Bay [VIDÉO]

>> Legault veut une stratégie à long terme sur les inondations

« On avait construit à 18 pouces au-dessus, mais là, je vois que le 18 pouces n’est pas suffisant », se désolait mardi Mme Martin.

Ses beaux-parents, qui demeurent juste à côté, avaient écopé il y a deux ans. « Il y a un des murs de leur fondation qui avait lâché », se souvient Ninon Martin. La maison a été surélevée de deux pieds, de sorte qu’elle est en ce moment bien protégée malgré la crue record, qui dépasse les sommets atteints en 2017.

Les efforts sont donc concentrés chez Mme Martin cette année. L’eau n’a « pas encore » atteint le rez-de-chaussée, mais les pompes installées à l’intérieur de la digue de sacs de sable fonctionnent à plein régime pour renvoyer l’eau de l’autre côté.

« Je pense que c’est notre dernier recours pour ne pas avoir de l’eau au rez-de-chaussée », a mentionné Mme Martin, en avouant que le sommeil se fait rare.

« Ça fait deux, trois jours qu’on stresse beaucoup plus », a-t-elle confié.

Sacs de sable

À deux kilomètres de là, dans le stationnement de l’aréna Frank-Robinson, des coups de pelle se donnaient au rythme d’un classique de Queen, We Will Rock You, lors du passage du Droit. Une équipe des Forces armées canadiennes s’y active avec des citoyens pour maintenir la cadence de la production de sacs de sable.

« On continue à avoir des demandes pour des maisons qui n’étaient pas touchées en 2017, a fait savoir la conseillère municipale Audrey Bureau. Il y a aussi une autre demande qui est très forte pour des digues qui cèdent ou qui ont commencé à céder un peu partout. »

La présence des militaires depuis lundi pour aider à la production de sacs de sable était plus que bienvenue pour Mme Bureau. Les soldats n’intervenant pas sur les terrains privés, la conseillère profitait de leur aide avec les pelles pour dégager des bénévoles afin de les envoyer aider des sinistrés dans les quartiers.