La Ville de Gatineau a indiqué samedi matin que 1009 personnes (476 ménages) se sont inscrites au registre des sinistrés.

Inondations : entre solidarité et inquiétudes à Gatineau [PHOTOS]

De nombreux Gatinois s’activaient sans relâche samedi dans le secteur du boulevard Hurtubise pour remplir des sacs de sable, solidifier des digues et transporter des sinistrés à l’aide d’embarcations alors que l’eau de la rivière des Outaouais atteignait pratiquement la rue Watt située à quelque 400 mètres de la berge.

À l’angle des rues Watt et de Versailles, des résidents ont construit une digue avec de la boue, le tout coiffé par des sacs de sable. Un travail colossal pour protéger leur maison.

«On essaie de sauver les meubles, et jusqu’à présent ça marche», a indiqué un propriétaire.

Le conseiller municipal du district du Lac-Beauchamp, Jean-François LeBlanc, comme bien d’autres, s’affaire jour et nuit à aider ses concitoyens sinistrés. Muni d’une chaloupe, il a, entre autres, transporté samedi matin un électricien venu réparer une pompe. D’ailleurs plusieurs chaloupes sont accostées près des maisons pour le transport des gens vers la terre ferme.

«Ça aide les gens lorsqu’ils ont besoin de quelqu’un à la maison. On a transporté le père d’un sinistré qui est venu quelques jours pour l’aider», a cité en exemple M. LeBlanc en entrevue avec Le Droit alors qu’un bulldozer chargé de sacs de sable passait pour aller livrer sa marchandise.

La Ville de Gatineau a indiqué samedi matin que 1009 personnes (476 ménages) se sont inscrites au registre des sinistrés.

Les riverains ne sont pas au bout de leur peine. La Commission de planification de la régulation de la rivière des Outaouais prévoit que les niveaux d’eau de la rivière des Outaouais vont continuer de croître et que ces niveaux dépassent ceux observés en mai 2017. Il y a deux ans, le pic de l’eau à la hauteur de la marina de Hull était de 45,20 mètres. Pour le 30 avril, on s’attend à ce que la rivière atteigne 45,70 m dans ce secteur, soit une différence de 50 cm.

Quelques personnes sont arrêtées lors de l’entrevue avec M. LeBlanc pour donner des sacs de sable ou pour trouver un endroit où aider. L’élan de solidarité ne semble pas s’essouffler après plus d’une semaine de crise. 

«L’entraide est fantastique», a résumé le politicien municipal, qui a dit du même élan avoir vu le plus beau et le pire de l’humain lors des inondations de 2017 alors que des sinistrés s’étaient fait voler du matériel.

«Je n’ai rien entendu encore cette année concernant des méfaits», a-t-il toutefois précisé.

L’inquiétude est présente chez les riverains, précise Jean-François LeBlanc alors que l’on craint que l’eau continue de monter dans les sous-sols inondés et qu'elle s’approche dangereusement du panneau électrique.

L’ancienne conseillère municipale de Gatineau Hélène Théorêt habite sur le boulevard Hurtubise. L’eau entre dans son sous-sol. Elle ne veut pas partir de chez elle puisqu’elle travaille beaucoup de la maison.

«La nuit dernière a été difficile parce que je voyais l’eau monter près de mon panneau électrique. Mais aujourd’hui, j’ai le sourire parce que ma pompe a été réparée et parce que je vais aller m’en chercher une plus puissante», a raconté celle qui fut conseillère municipale de l’ancienne Ville de Gatineau de 1987 à 1995.

Mme Théorêt possède une chaloupe munie d’un moteur électrique.

«On se la partage. Je m’en vais à un rendez-vous alors Jean-François va prendre mon bateau parce que le moteur du sien est défectueux. C’est vraiment un beau travail d’équipe. Il va faire du taxi pendant que je vais à mon rendez-vous. On se relaie avec le bateau pour ne pas qu’il reste inactif. Les gens ont beaucoup besoin de se déplacer. Ça, c’est un service que la Ville n’offre pas.»

La Ville de Gatineau a indiqué samedi matin que 1009 personnes (476 ménages) se sont inscrites au registre des sinistrés.