William Levasseur et Mélina Tremblay se fréquentaient depuis quatre ans. Le couple a péri dans l’incendie qui a détruit une résidence de Matane, dans la nuit de vendredi à samedi.

Incendie mortel à Matane: «Mélina, c'était une soeur»

MATANE — L’incendie qui a coûté la vie à Mélina Tremblay et à William Levasseur, samedi matin, a créé toute une onde de choc à Matane. Si l’on se fie aux nombreux témoignages qui déferlent sur les réseaux sociaux, les deux amoureux de 20 ans étaient très connus dans leur milieu et surtout fort appréciés. «Mélina, c’était plus qu’une meilleure amie pour moi, c’était une sœur», a souligné Florence Létourneau en entrevue au Soleil.

«Je l’ai connue au début du secondaire», se souvient la jeune femme de Matane, les sanglots dans la voix. «On a rapidement développé une belle complicité. On se suivait partout, on passait nos fins de semaine ensemble. C’était une fille exceptionnelle. Elle avait du talent, que ce soit dans le ski ou avec les chevaux. Elle était pleine de bonté.»

Florence n’oubliera jamais combien Mélina a été précieuse pendant une période de sa vie qui a été particulièrement difficile. «Elle ne m’a jamais laissée tomber, souligne-t-elle. Elle me défendait, prenait soin de moi et me faisait rire. On s’est tout le temps soutenues.»

Mélina et William se fréquentaient depuis quatre ans. «J’ai tout de suite vu qu’ils étaient faits pour être ensemble, qu’ils s’aimaient profondément, décrit Florence. Je n’ai jamais été inquiète parce que je savais comment c’était un bon gars, qu’il allait en prendre soin et la protéger. Ils se complétaient bien, que ce soit par leur caractère, leurs rêves, leur manière d’être.»

Rêves en commun

Florence et Mélina avaient deux rêves en communs : faire un voyage dans le sud et se faire faire un matching tattoo. «On a réalisé ces deux rêves-là, se console Florence. Mélina, c’était un modèle inspirant. Je ne peux pas m’empêcher de penser aux souvenirs qu’on a partagés et ce sont des moments positifs.»

Florence Létourneau définit sa meilleure amie comme «une fille qui avait de l’audace et quelqu’un d’humain». «Elle m’a toujours donné le sourire et elle va continuer, croit-elle. Elle va me donner la force pour passer à travers. Je sais qu’elle et William vont continuer à avancer ensemble. Maintenant, ce sont des êtres de lumière. Ils sont en paix, ils sont sereins.»

Mélina étudiait au Cégep de Matane en administration. Selon Florence, elle avait l’intention de travailler avec son père et éventuellement de prendre la relève de l’entreprise. Quant à William, il était électricien. 

Les deux jeunes Matanais étaient sportifs. Mélina pratiquait l’équitation et le ski alpin. William était un adepte de motocross. Pierre-Luc Fournier a connu Mélina sur les pistes de ski alpin. «J’ai fait du ski avec elle, raconte le jeune homme originaire de Rimouski. Quand elle a arrêté la compétition, elle a continué à coacher avec le Club alpin du Mont-Castor. Les jeunes l’aimaient beaucoup.»

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LA CAUSE SERAIT UN APPAREIL DE VENTILATION DÉFECTUEUX 

MATANE — L’appel d’urgence a été fait vers 5h samedi. À l’arrivée des pompiers, le brasier avait déjà détruit une bonne partie de la résidence unifamiliale du chemin des Sous-Bois, dans le secteur de Petit-Matane. Un total de 26 pompiers ont tenté de combattre l’élément destructeur. Toujours en vie, les deux victimes ont été transportées en ambulance, mais ils sont décédés quelques instants plus tard à l’hôpital.

Le sinistre serait de nature accidentelle. Selon la Sûreté du Québec, l’enquête pointe vers un appareil de ventilation défectueux. Bien que les recherches soient terminées, les enquêteurs tentent de comprendre les circonstances exactes de la tragédie.

Une campagne de sociofinancement a été lancée sur la plateforme GoFundme afin de venir en aide à la mère de William. Plus de 12 000 $ avaient été récoltés en un peu plus de 24 heures. 

Pour contribuer : bit.ly/32BYgkI. Collaboration spéciale, Johanne Fournier