Jacques Gagnon, président d’Imagem, affirme que le contrat obtenu auprès de l’Institut de cardiologie de Montréal pour le logiciel d’imagerie diagnostique Post Scriptum est prestigieux.

Imagerie diagnostique: percée majeure pour Imagem

La firme informatique Imagem, logée au Pavillon Sagamie de Chicoutimi, a fait une percée importante dans le monde hyperspécialisé de l’imagerie diagnostique avec son système Post Scriptum en remportant un appel d’offres lancé par l’Institut de cardiologie de Montréal.

Ce contrat permettra à Imagem de tirer des revenus d’utilisation de licences et de sécurisation des opérations pendant une durée de 10 ans pour ce système dont la fonction principale est de produire des rapports médicaux écrits et spécialisés à l’aide de systèmes de reconnaissance vocale.

En entrevue, Jacques Gagnon, président d’Imagem, explique que chaque jour, les médecins du Québec produisent des milliers de rapports médicaux à la suite des examens qu’ils effectuent auprès de leurs patients.

Une majorité de ces rapports sont dictés par les médecins sur des appareils d’enregistrement de la voix humaine, comme des dictaphones, téléphones cellulaires et autres puis retranscrits par des adjointes administratives sous forme de rapports écrits dans des langages hyperspécialisés. Les erreurs découlant de la retranscription, d’une mauvaise audition en raison de la qualité d’enregistrement, la perte de documents imprimés lors de la retransmission par fax ou par courriels à des dizaines d’intervenants médicaux sont intolérables, car ils peuvent avoir de graves conséquences puisqu’il en va de la santé de personnes.

« Le système de production de rapports médicaux est très complexe et met en jeu beaucoup de personnel. Si un rapport ne se rend pas aux médecins, c’est très grave », affirme-t-il. À titre d’exemple, M. Gagnon affirme qu’un hôpital comme Sacré-Cœur à Montréal embauche à lui seul 67 secrétaires médicales aux fins spécifiques de produire les rapports médicaux dictés par les médecins, sans compter le recours à des firmes externes.

M. Gagnon explique qu’Imagem a fait ses preuves une première fois avec son logiciel en travaillant avec les radiologistes du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). « Pour les radiologistes, la dictée est aussi importante que l’image qu’ils analysent. Dès le départ, on nous a mis à l’épreuve en nous accordant seulement trois mois pour satisfaire toutes leurs exigences. Nous avons fait du bon travail en réduisant la liste d’attente qui était de trois à quatre mois à zéro. On a été appelé pour remplacer un fournisseur qui ne répondait pas aux exigences », explique-t-il.

Jusqu’à maintenant, ce sont 360 médecins œuvrant dans 40 hôpitaux qui utilisent Post Scriptum.

Kevin Lavoie, directeur aux opérations chez Imagem, a fait une démonstration du logiciel Post Scriptum.

+

DES DOCUMENTS PRODUITS À PARTIR DE LA VOIX

Lors d’une petite démonstration effectuée avec le directeur aux opérations, Keven Lavoie,
Jacques Gagnon a démontré comment le système permet de produire un rapport en passant de la voix humaine à un document écrit transmis à un serveur.

L’une des difficultés à convertir le langage vocal directement à un rapport écrit en imagerie diagnostique est d’obtenir un très haut degré de précision tout en augmentant le taux de productivité de 30 à 40 %. Le système développé à partir du programme Word est doté d’une certaine forme d’intelligence artificielle qui permet de corriger et d’ajuster le langage au fur et à mesure de son utilisation.

Le président d’Imagem affirme que le développement de Post Scriptum en imagerie diagnostique a été fort complexe, mais que son équipe d’ingénieurs en informatique a réussi à répondre à la norme ISO 13 485 ainsi qu’à la « Medical Device Single Audit Program (MDSAP) ». Cette nouvelle norme permet à Imagem de vendre son système dans quatre autres pays du monde (États-Unis, Brésil, Japon et Australie) sans avoir à être audité par les agences de certification de ces pays.

« L’obtention du contrat de l’Institut de cardiologie est important et prestigieux pour nous puisqu’il s’agit d’un établissement reconnu à travers le monde. C’est un nouveau départ pour notre compagnie qui aura une influence sur les autres centres hospitaliers », conclut M. Gagnon.