Pendant 42 longues secondes, Derek Renaud a été battu à coups de bouilloire avant d’être roué de coups de bâton, de tordeur à serpillière, de poubelle, de poings, et de pieds à la prison de Gatineau.

Il se montre complaisant envers les détenus qui l’ont ébouillanté

Malgré le témoignage « complaisant » d’une victime ébouillantée et rossée à la prison de Gatineau, le juge Gaston Paul Langevin a accepté le plaidoyer de culpabilité de trois de ses assaillants, lundi.

L’État a ses lois, et le petit milieu carcéral en a d’autres.

C’est ainsi que trois détenus bien connus des autorités ont expliqué au tribunal le passage à tabac de l’ex « président » de l’aile B-3, Derek Renaud, le 20 février 2018.

Pendant 42 longues secondes, ce dernier a été battu à coups de bouilloire – et ébouillanté –, avant d’être roué de coups de bâton, de tordeur à serpillière, de poubelle, de poings, et de pieds.

Dans leurs versions des faits, les accusés Jean-Claude Duciaume, Joe Clark Louis-Jean et Daniel Saint-Jean ont dit avoir rendu la pareille à Derek Renaud, dans la salle commune des détenus.

Leur victime a été envoyée à l’Unité des grands brûlés de Montréal.

Les trois détenus disent avoir été les premières victimes de M. Renaud. Aujourd’hui au pénitencier fédéral, ce gros gaillard a déjà tenté de faire carrière en boxe olympique.

Rappelons que Derek Renaud a offert un témoignage, l’an dernier, dans lequel il semblait presque s’excuser d’avoir fait régner sa loi avant d’être à partie.

« Je cherchais à me battre. Je n’avais rien à perdre. J’étais triste, j’avais envie de faire mal et de me faire mal », avait-il déclaré.

Selon nos sources, la victime a acheté la paix en disant ce que d’autres détenus voulaient entendre de sa part.

Le juge Gaston Paul Langevin a accepté les propositions communes de la défense et de la Couronne, lundi.

Les trois hommes ont plaidé coupables, et reçu des peines de 20 mois de détention, à l’exception de M. Louis-Jean. Cet habitué du système carcéral tentera d’obtenir une sentence moins sévère, d’ici la fin de l’été.

« La victime était complaisante, dans sa version », a fait remarquer le juge, lundi.

D’ailleurs, l’avocat de M. Saint-Jean, Me Romain Goyard, a fait savoir que Derek Renaud avait asséné un coup de stylo à la joue de son client, quelques jours avant l’assaut en groupe.

L’avocat de M. Duciaume, Me Gérard Larocque, a pour sa part ajouté que de rapporter une agression aux autorités de la prison entraînait souvent des conséquences physiques. « C’est mal vu, disons. »

M. Louis-Jean pourrait expliquer, dans quelques mois, qu’il n’a asséné qu’un coup de poubelle au boxeur déchu déjà au sol.

Joe Clark Jean-Louis est un abonné de la prison de Gatineau. On le connaît entre autres pour avoir déjà battu un autre homme en prison, en 2009. Cette fois, il avait utilisé un grille-pain.

Avec les peines purgées dans d’autres dossiers, et le temps de détention préventive, M. Duciaume pourra sortir de prison dans 80 jours, et M. Saint-Jean, dans 71 jours.

Ce dernier a aussi proféré des menaces envers un chef des services correctionnels.

Les deux autres complices de cette agression groupée, Alexandre Cadet et Cédric Beaudoin, ont plaidé coupables il y a quelques mois.