Chantal Dallaire a accepté de ne plus importuner les policiers de Saguenay. (Cette photo a été prise l’an dernier).
Chantal Dallaire a accepté de ne plus importuner les policiers de Saguenay. (Cette photo a été prise l’an dernier).

Il promet de ne plus menacer les policiers, mais refuse de les saluer

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien

« J’ai été sauvage et je le regrette. Je lui ai dit toutes sortes d’affaires simples. J’étais pété. » Chantal Dallaire, accusé de menaces de mort envers deux policiers de Saguenay, a admis ses torts, jeudi, devant le juge de la Cour du Québec, Michel Boudreault. Il a été condamné à 45 jours de prison et à 40 heures de travaux communautaires, qu’il devra réaliser au cours des 10 prochains mois. Il s’est également engagé à ne pas importuner les agents de la paix, mais a refusé de les saluer, « puisqu’il ne veut pas avoir l’air fou devant ses chums ».

Chantal Dallaire a fait des siennes devant le tribunal, au cours des dernières semaines. Il a notamment insulté ses avocats, a fait un doigt d’honneur au policier venu témoigner en cour et s’est permis de sacrer à de nombreuses reprises, poussant d’ailleurs le juge à ordonner qu’on ferme le micro qui permettait à l’accusé de se faire entendre, alors qu’il comparaissait par visioconférence de la prison de Roberval.

Chantal Dallaire était détenu après avoir proféré des menaces à des agents de Saguenay, appelés à intervenir auprès de lui, puisqu’il buvait de l’alcool sur la voie publique, à La Baie. Il a alors dit qu’il allait « leur tirer une balle avec son gun ». Dans la voiture de police, il a continué ses menaces, disant cette fois qu’il allait leur « tirer une balle dans le cul », tout en crachant dans l’automobile.

« Vous devriez être gêné d’avoir dit de telles paroles », a sermonné le juge Michel Boudreault.

Chantal Dallaire s’est défendu, affirmant qu’il était alors en état d’ébriété et qu’il regrettait ses paroles.

« Les policiers ont le droit de faire leur travail sans recevoir des menaces », a dit le magistrat. « Lorsque vous les verrez, à la place de les insulter et de les menacer, vous les saluerez », a ajouté le juge.

À cette demande, l’accusé s’est quelque peu emballé, refusant de faire de telles choses. Il a toutefois promis de cesser ses insultes et ses menaces et de réaliser les heures de travaux commautaires demandées.

« Est-ce que je dois vous empêcher de consommer de l’alcool en plus ? », a demandé le magistrat.

« Wo, wo, wo! », s’est emporté l’accusé, disant qu’il était capable de consommer tranquillement, pourvu que les policiers « ne le tannent » pas pendant qu’il faisait ses sculptures.

45 jours

Son avocat, Me Charles Cantin, et le procureur de la poursuite, Me William Lacombe, ont suggéré une peine de 45 jours de prison pour les crimes commis. Étant donné que Chantal Dallaire est détenu depuis un certain temps déjà, il a pu être libéré jeudi.

« Mais comment je vais faire pour retourner chez moi ? », a demandé Dallaire.

« Votre avocat va pouvoir aller vous chercher! », a rétorqué le juge Boudreault.