Hydro-Ressources perce les secrets de l'eau

Le Québec et le Saguenay–Lac-Saint-Jean sont reconnus pour posséder d’immenses richesses en eau et l’entreprise de génie Hydro-Ressources, établie à Jonquière, s’est donné comme mission d’en percer les secrets afin de mettre à profit son savoir-faire à des fins d’exploitation minière dans plusieurs pays à travers le monde.

Fondée en 2011 par Michaël Verreault, bachelier en géologie et détenteur d’une maîtrise en hydrogéologie de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), elle compte une équipe d’une dizaine de spécialistes oeuvrant en hydrogéologie, géophysique, hydrologie, ingénierie de la mécanique des roches, ingénierie minière, géomorphologie ainsi que deux techniciens.

En entrevue à sa résidence où est établi le siège social, M. Verreault explique que l’hydrogéologie est l’étude du comportement de l’eau dans les sols et formations rocheuses.

« Dans une région comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean, lorsqu’on creuse à deux ou trois mètres, on atteint rapidement la nappe phréatique en raison des fortes pluies qu’on reçoit », souligne-t-il.

Or, cette eau si précieuse contenue dans les sols peut être source de sérieux maux de tête au plan financier pour des compagnies minières et c’est pourquoi Hydro-Ressources est devenue spécialisée en dénoyage opérationnel des mines.

Expertise

« Notre travail d’ingénierie consiste à fournir de l’expertise aux sociétés minières à travers le monde en prédisant où elles risquent de frapper de l’eau en identifiant les failles qui en contiennent », explique M. Verreault.

L’ennoiement soudain d’une mine peut résulter en des dommages de plusieurs millions de dollars et causer des pertes de vie parmi les travailleurs.

Parmi les clients d’Hydro-Ressources, se trouve une mine d’argent de la ville de Platosa, dans la région de Durango au Mexique, située en plein désert.

« Lorsque je suis allé pour la première fois à cette mine en 2014, les mineurs portaient des vestes de sauvetage puisqu’un mineur s’était déjà noyé. On pompe actuellement 120 000 litres d’eau à la minute dans cette mine puisqu’on draine une rivière souterraine. C’est une des mines où il y a le plus d’eau au monde. En 2014, elle produisait 150 tonnes de minerai par jour. Maintenant, elle produit 500 tonnes par jour », affirme M. Verreault, pour illustrer à quel point l’hydrogéologie est importante.

Méthode unique

En 2013, M. Verreault a mis au point une méthode unique au monde d’essais de traçage en profil qui permet d’identifier les failles géologiques perméables. La méthode consiste à injecter dans les puits creusés un liquide coloré dont on mesure le débit et la dilution à l’aide d’équations et d’équipements spécialisés.

En raison de la simplicité de la méthode, M. Verreault se demande pourquoi personne n’avait songé à la développer.

Depuis le début de sa carrière, M. Verreault affirme avoir visité 150 mines à travers le monde tout en décrochant des contrats dans de nombreuses municipalités au Nunavut et du Québec, à la Baie-James ou en Abitibi,

«On travaille aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Afrique, mais c’est surtout le Mexique et le Canada qui constituent notre marché. On travaille avec les municipalités, mais c’est un marché peu intéressant. Les mines recherchent une expertise pointue tandis que les municipalités recherchent des coûts faibles » affirme-t-il.

Depuis quatre ans, le chiffre d’affaires de l’entreprise Hydro-Ressources grimpe de 10 % annuellement.

La présence de quatre compétiteurs en Amérique du Nord ne constitue pas un obstacle puisque souventes fois les firmes travaillent en complémentarité.