Les pêcheurs du secteur compris entre Gascons et Percé devront retirer leurs casiers de l'eau et cesser leurs débarquements vendredi, pendant deux semaines.

Homard gaspésien: pêche fermée en raison des baleines noires

CARLETON — Le ministère fédéral des Pêches et des Océans a créé une commotion lundi en fin de journée en annonçant la fermeture de la pêche du homard le long d’un secteur côtier allant de Gascons à Percé, en Gaspésie, afin de protéger cinq baleines noires aperçues au large de Chandler samedi.

La fermeture de ce secteur entrera en vigueur vendredi et touche pendant au moins deux semaines la moitié des homardiers gaspésiens. La pêche du homard en est à sa septième semaine dans la plupart des sous-zones gaspésiennes, et la saison ne dure que 10 semaines.

«Jamais je n’aurais pensé voir ça. J’ai vu la pêche au poisson de fond fermer, j’ai vu il y a plusieurs années le crabe des neiges passer à travers une crise, et le homard aussi. Là, le crabe et le homard vont bien et la pêche ferme. Je ne sais même pas comment expliquer ça aux pêcheurs», note O’Neil Cloutier, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie.

Deux propositions rejetées

Il est lui-même homardier et son regroupement représente les 163 homardiers gaspésiens. Depuis vendredi, il a soumis deux propositions afin de soustraire le long de la côte à une éventuelle fermeture. Aucune baleine ne s’est jamais empêtrée dans des engins de pêche du homard en Gaspésie.

«Vendredi, j’ai demandé au ministère de reculer la zone de protection pour qu’il laisse libres les secteurs de moins de 60 pieds de profondeur, la bordure de la côte, où nous pêchons […] Cent pour cent des prises sont effectuées à moins de 48 pieds de profondeur. Dimanche, j’ai proposé une surveillance 24 heures sur 24 de notre secteur de pêche. Les deux propositions ont été rejetées», déplore M. Cloutier.

Environ 1000 personnes gagnent leur vie en tout ou en partie avec la pêche et la transformation du homard en Gaspésie. En 2017, les revenus de capture ont atteint 45,5 millions $ dans la région.

Roch Lelièvre, propriétaire de l’usine Lelièvre, Lelièvre et Lemoignan de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, tente encore de mesurer l’impact de la fermeture. «Je sais que c’est majeur. En Gaspésie, seulement trois de mes 14 pêcheurs peuvent continuer et c’est conditionnel [à ce que les baleines noires n’atteignent d’autres secteurs].»