Dans une note publiée sur Facebook, Mario Goupil, qui a été journaliste et chroniqueur pendant 38 ans à La Tribune, suggère aux retraités et aux employés actuels des six quotidiens à ne plus se battre entre eux et à s’unir pour obliger les frères Desmarais à les rencontrer et à s’expliquer.

Groupe Capitales Médias: appel au front commun d’un retraité

SHERBROOKE — Un retraité du journal La Tribune, Mario Goupil, invite les retraités et employés actuels des six journaux de Groupe Capitales Médias (GCM) à faire front commun pour exiger des comptes aux frères Paul Jr et André Desmarais, de Power Corporation du Canada, qu’il identifie comme seuls responsables de la déconfiture du régime de retraite qui affecte quelque 900 personnes.

Lundi dernier, le juge Daniel Dumais de la Cour supérieure du Québec a entériné le plan de relance des coopératives d’employés qui dirigeront les six quotidiens. Ce plan prévoit la terminaison du régime de retraite, ce qui causera une réduction imminente d’environ 30 % des prestations.

D’après le plan de relance homologué par la cour, les retraités doivent aussi renoncer à toute possibilité de poursuite contre les bailleurs de fonds et les administrateurs des nouvelles coopératives.

Dans une note publiée sur Facebook, Mario Goupil, qui a été journaliste et chroniqueur pendant 38 ans à La Tribune, suggère aux retraités et aux employés actuels des six quotidiens de ne plus se battre entre eux et de s’unir pour obliger les frères Desmarais à les rencontrer et à s’expliquer.

Déjà, le 11 décembre dernier, quelque 200 retraités ont manifesté devant les bureaux de Montréal de Power Corporation du Canada pour qu’elle assume, disaient-ils, sa responsabilité morale face à ses ex-employés.

Gesca, une filiale de Power Corporation, avait vendu les six quotidiens à l’avocat et ex-ministre Martin Cauchon en 2015. Le passif du régime de retraite était inclus dans la transaction.

Il y a un peu plus d’un an, Gesca s’est départi de La Presse, devenue depuis lors un organisme à but non lucratif, mais Power Corporation a conservé la gestion du fonds de retraite des employés, une décision que les retraités de GCM ont voulu voir étendue à leur propre situation.

Power Corporation affirme que même avant la transaction de 2015, elle n’a jamais eu d’obligation légale à propos des régimes de retraite des journaux de GCM et que depuis 2015, aucune de ses sociétés n’a été impliquée dans leur gestion.

L’avocate des retraités des journaux de GCM, Estelle Tremblay, a annoncé quelques heures après que la décision du juge Dumais ait été rendue lundi dernier qu’elle la soumettrait à la Cour d’appel. Elle soutient que le jugement contient huit erreurs de droit et que le juge n’avait pas à imposer l’impossibilité de poursuite contre les bailleurs de fonds et les administrateurs des coopératives.

Pierre Pelchat, porte-parole de l’Association des retraités du journal Le Soleil, a ajouté que cette affaire était loin d’être terminée.

La semaine dernière, le premier ministre François Legault a dit que le gouvernement ne pouvait rien faire pour aider les retraités de GCM, même s’il a qualifié leur situation d’épouvantable.

Une Dette du point de vue moral

Dans sa note, Mario Goupil conclut que moralement, Paul Jr et André Desmarais doivent l’argent qui manque aux fonds de pension de GCM. Il se demande comment ils font pour s’endormir le soir alors qu’il y a maintenant 900 familles dont l’un des chefs de file vient de voir ses revenus annuels de retraite fondre de 30 %.

Le mois dernier, la compagnie a dévoilé un bénéfice net attribuable aux actionnaires de 359 millions $ pour son plus récent trimestre, en hausse de 93 % par rapport à son profit de 186 millions $ de la même période en 2018. Le 13 décembre, Paul Jr et André Desmarais ont cédé leur place à la tête du conglomérat tout en conservant leurs fonctions de président et vice-­président, respectivement, du conseil d’administration de Power Corporation du Canada.