GNL Québec: pas 7,8 millions de tonnes de GES

L’auteure de cette lettre d’opinion est Stéphanie Fortin, directrice des Affaires publiques et des relations avec les communautés chez GNL Québec. Elle réagit au texte intitulé « L’avenir ne roule pas au gaz », signé par les députées Manon Massé et Émilise Lessard-Therrie, qui a été publié dans notre édition de vendredi.

OPINION / Depuis maintenant plusieurs semaines, différents groupes véhiculent dans l’espace public des informations erronées voulant que le projet Énergie Saguenay ajouterait dans l’atmosphère 7,8 millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES) et annulerait ainsi les efforts du Québec en la matière. Cette affirmation est fausse et peut difficilement tenir scientifiquement. Pourtant, cette semaine, l’instigateur d’une lettre ouverte a sciemment utilisé cette interprétation erronée pour recueillir la signature de membres de la communauté scientifique québécoise. Nous trouvons cette façon de procéder non constructive.

Le chiffre utilisé par ces groupes provient d’une étude scientifique qu’Énergie Saguenay a volontairement commandée au réputé Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). Le chiffre existe bel et bien, mais ne dit pas ce que certains lui font dire.

La donnée contenue dans l’étude du CIRAIG n’exprime pas la quantité directe de GES qui seront émis dans l’atmosphère si le projet Énergie Saguenay voit le jour. La majeure partie de ces émissions se sont produites, se produisent ou se produiraient que le projet aille de l’avant ou non. À titre d’exemple, cette donnée inclut des infrastructures existantes construites il y a plusieurs années, comme les puits déjà en opération, le gazoduc existant au Canada depuis les années 1950, ou encore les barrages hydroélectriques construits dans les années1970.

Le véritable impact de l’implantation de l’usine d’Énergie Saguenay en matière de GES est de 421 000 tonnes par année. Ce qui représente un ajout de 1 % au bilan des GES émis par le Québec. Cet ajout sera toutefois compensé par l’engagement que nous avons pris d’opérer une usine carboneutre. Nous mettrons en effet en place des mesures qui nous permettront de neutraliser et de compenser les émissions directes de GES du complexe de liquéfaction. Pour y arriver, nous nous sommes adjoint les services et compétences scientifiques de la Chaire en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi. Jamais, à notre connaissance, un tel engagement n’a été pris pour un projet d’aussi grande envergure.

Alors, ajouter au bilan des GES du projet Énergie Saguenay des infrastructures déjà existantes et déjà en opération nous apparaît un procédé qui relève de la mauvaise foi. C’est comme si, dans l’analyse de la totalité des GES émis par la province annuellement, nous demandions au Québec de tenir compte des GES émis lors de la construction de barrages dans les années 1970, du Stade olympique, de la Place Ville Marie ou encore du pont Jacques-Cartier.

Pour mieux comprendre l’impact du projet Énergie Saguenay, il faut le placer dans sa juste perspective internationale. L’effet des GES sur notre planète n’a pas de frontière. La production d’Énergie Saguenay est largement destinée à remplacer l’utilisation d’énergies plus polluantes comme le charbon et le mazout, responsables de problèmes de santé publique dans plusieurs pays. Selon un scénario conservateur, l’apport du GNL produit ici, au Québec, à partir de notre hydroélectricité, contribuera à réduire les GES de 28 millions de tonnes par année dans le monde. Pour bien illustrer ce que cela représente, c’est comme si nous décidions du jour au lendemain de retirer plus de six millions de voitures sur nos routes, et cela, en considérant tous les impacts liés à l’implantation du projet. Loin d’ajouter au bilan mondial des émissions de GES, le projet Énergie Saguenay contribuera à nos efforts de lutte aux changements climatiques, eu égard aux engagements suivant l’accord de Paris.

Cela fait maintenant cinq ans que nous travaillons avec la communauté au développement de ce projet. Pour ce faire, nous avons créé des comités consultatifs et nous nous sommes adjoint les services d’organisations crédibles sur le plan scientifique et environnemental. C’est un travail sérieux qui nous a permis de bonifier le projet et d’en diminuer les impacts sur l’environnement. Nous sommes conscients qu’il reste beaucoup à faire, notamment au niveau de l’impact sur les milieux marins.

Comme initiateurs de l’un des plus grands projets d’investissement privé de l’histoire du Québec, nous sommes conscients que nous avons la responsabilité d’informer les citoyens et de répondre aux préoccupations en toute transparence, et nous nous y sommes engagés. Soyez assurés que nous allons poursuivre le travail entamé avec rigueur et de façon constructive.