Accusé de gestes à caractère sexuel au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer’s Cliff à la fin des années 1960, le père Paul McKeown a été déclaré inapte à faire face au processus judiciaire.

Gestes sexuels en 1968-1969 à Ayer’s Cliff : le père McKeown déclaré inapte

Accusé de gestes à caractère sexuel au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer’s Cliff à la fin des années 1960, le père Paul McKeown a été déclaré inapte à faire face au processus judiciaire.

Formellement accusé à la fin mars, l’homme de 78 ans n’était pas en mesure de comparaître devant le tribunal. Il avait été placé en évaluation psychiatrique.

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Une accusation d’attentat à la pudeur et de grossière indécence pour des gestes qui auraient été commis entre le 1er septembre 1968 et le 30 juin 1969 a été portée.

Dans un rapport d’évaluation psychiatrique déposé mardi au palais de justice de Sherbrooke, le psychiatre judiciaire qui a évalué Paul McKeown a conclu qu’il n’était pas en mesure de comprendre le processus judiciaire.

Après lecture du rapport d’évaluation, la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec en est venue à la même conclusion. Elle a déclaré l’accusé inapte à faire face au processus judiciaire.

L’avocat de la défense Me Jean-Félix Charbonneau

Suivi

Le dossier a été confié à la commission d’examen des troubles mentaux du tribunal administratif du Québec (TAQ).

Un suivi sera effectué par le TAQ auprès de l’homme atteint de problèmes cognitifs.

Les gestes reprochés se seraient déroulés sur un garçon mineur durant une année scolaire au collège estrien.

L’accusé n’était pas présent au tribunal, mardi. Son avocat Me Jean-Félix Charbonneau a mentionné que le père McKeown devra se présenter au palais de justice de Québec pour signer des conditions.

Paul McKeown habite sur un étage fermé dans une maison spécialisée à Québec.

Une condition de ne pas se trouver en présence de mineurs lui a été imposée. Il devra suivre les recommandations de son équipe traitante.

Le dossier reviendra devant le tribunal le 18 juin pour la décision de la commission d’examen des troubles mentaux concernant la suite à donner au dossier.

Si l’inaptitude de l’accusé est jugée irréversible, les accusations pourraient être abandonnées, alors que si sa situation cognitive s’améliore, le dossier sera ramené devant le tribunal.

C’est Me Marilène Laviolette qui représente le ministère public dans cette affaire.

Action collective

Paul McKeown fait déjà partie d’une action collective au civil contre d’autres pères qui ont enseigné au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer’s Cliff.

Le cabinet d’avocats Kugler Kandestin a déposé un recours collectif de plus de 15 millions $ visant le Collège des Servites, situé à Ayer’s Cliff, et la congrégation des Servites de Marie.

Ayant recueilli les témoignages de plusieurs anciens élèves de cette école, la firme montréalaise allègue que de nombreuses agressions sexuelles se sont déroulées à l’intérieur de celle-ci entre 1960 et 2000.

Dans la requête soumise par Kugler Kandestin, on nomme une quinzaine de religieux de la congrégation des Servites de Marie qui se seraient rendus coupables d’agressions sexuelles sur des mineurs.

Le nom de Paul McKeown apparaît sur cette liste.

À la mi-mars, le père Jacques Desgrandchamps avait été accusé à Sherbrooke de gestes en semblable matière.

L’homme de 86 ans a été formellement accusé d’attentat à la pudeur et de grossière indécence sur un élève entre le 1er septembre 1976 et le 30 juin 1977 à Ayer’s Cliff.

La victime alléguée, un homme maintenant âgé de 57 ans, a étudié au Collège des Servites d’Ayer’s Cliff dans les années 1970. Le père Desgrandchamps, qui y enseignait, réside aujourd’hui à Ottawa.