L'enseignante a été amenée au palais de justice de Sherbrooke jeudi après-midi.

Gestes à caractère sexuel: l'enseignante du Triolet remise en liberté

Andréanne Robert, enseignante à l’école secondaire du Triolet de Sherbrooke, a été arrêtée pour des gestes à caractère sexuel sur deux adolescents. Des membres de la Division des enquêtes criminelles du Service de police de Sherbrooke (SPS) ont procédé à l’arrestation de la Sherbrookoise de 44 ans jeudi matin.

La suspecte doit faire face à deux chefs d’accusation pour l’instant soit leurre informatique visant à favoriser des contacts sexuels et exploitation sexuelle de mineurs de plus de 16 ans, mais moins de 18 ans. La peine maximale d’emprisonnement pour ces chefs est de 14 ans et la peine minimale est d’une année.

Un communiqué du SPS faisait également état plus tôt jeudi de chefs d’accusation de contacts sexuels, de pornographie écrite et de pornographie juvénile sur deux victimes d’âge mineur.

Selon le département de la justice du Canada, il y a exploitation sexuelle lorsqu’un adulte abuse d’un enfant à des fins sexuelles, y compris la participation à la prostitution, la pornographie et la production de matériel pornographique.

« L’enquête est encore en cours, mentionne Me Marilyn Ducharme, procureur aux poursuites criminelles et pénales dans ce dossier. Je dois évaluer l’ensemble de la preuve qui m’a été soumise récemment. Ce sont les deux chefs pour le moment. Est-ce qu’il va en avoir d’autres ? Le temps nous le dira. »

Le SPS a été mis au fait de ce dossier il y a quelques jours, explique Martin Carrier, porte-parole du corps policier, qui ne souhaite pas dévoiler d’autres éléments spécifiques à l’enquête. Il ne peut dire pour le moment comment on en est venu à cibler ainsi l’enseignante à l’emploi de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) pour ne pas nuire à l’enquête.

« Les enquêteurs du SPS travaillent en collaboration étroite avec les procureurs aux poursuites criminelles et pénales dans ce dossier, et d’autres accusations pourraient être éventuellement déposées », précise M. Carrier.

« Il se pourrait qu’il y ait d’autres victimes, dit-il. Des victimes silencieuses jusqu’à maintenant. Nous les invitons à communiquer avec nous. »

La femme a été arrêtée chez elle tôt jeudi matin, ajoute-t-il, après une courte enquête.

« Nos collègues de la Direction de la protection de la jeunesse participent au dossier également. Nous avons travaillé aussi avec les gens de la CSRS. » 

Le SPS demande aux citoyens qui auraient de l’information de contacter ses services au 819 821-5555.

Andréanne Robert reviendra en cour le 6 février 2018.

Plusieurs conditions

Andréanne Robert a été remise en liberté, mais devra respecter plusieurs conditions.

Elle se voit interdire d’être en présence de mineurs sans être accompagnée d’un adulte responsable. Il lui est interdit de posséder une arme, un téléphone cellulaire avec accès à Internet. Elle ne peut pas fréquenter d’endroit public où des jeunes de 16 et moins pourraient se baigner. Elle doit rester à au moins deux kilomètres des résidences des victimes. Il lui est également interdit de maintenir un emploi ou de faire du bénévolat où elle serait dans une position d’autorité. Elle ne peut pas accéder à Internet ou résider à un endroit possédant un signal sans-fil.

Mme Robert a également l’interdiction de quitter la province. Elle pourra toutefois se rendre à Cuba du 31 décembre au 10 janvier à l’occasion d’un voyage qui était déjà prévu. Elle devra remettre son passeport par la suite.

« C’est une personne sans antécédent et cautionnable. On pouvait lui donner ces conditions de remises en liberté », résume Me Ducharme.

Relevée de ses fonctions

L’enseignante a été relevée de ses fonctions, a annoncé la CSRS dans un communiqué de presse diffusé jeudi après-midi.

«Consciente que la situation peut soulever des inquiétudes chez les élèves, leurs parents ainsi que les membres du personnel, la CSRS met tout en œuvre pour offrir du soutien et garder un environnement de vie et de travail sain et sécuritaire, propice aux apprentissages», déclare-t-on.

«En contact continu avec des partenaires, dont le SPS, la CSRS invite d’ailleurs les personnes avec des informations pertinentes ou des préoccupations à communiquer avec les ressources suivantes comme le Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) au 819 820-2822.»

La CSRS ajoute qu’elle ne pourra commenter plus amplement cette situation, considérant les éléments de confidentialité reliés au dossier de l’employé et à ceux des élèves.