Le physiothérapeute Jean-Philippe Poulin a créé Pause physio, une solution santé pour les entreprises où les employeurs offrent à leurs employés une prise en charge simple des défis imposés par leur vie de travailleur, que ça soit au bureau ou à l’extérieur.
Le physiothérapeute Jean-Philippe Poulin a créé Pause physio, une solution santé pour les entreprises où les employeurs offrent à leurs employés une prise en charge simple des défis imposés par leur vie de travailleur, que ça soit au bureau ou à l’extérieur.

[Gérer la crise] Pause physio: pour éviter les blessures au travail 

Jean-François Tardif
Jean-François Tardif
Le Soleil
La pandémie de coronavirus a tout changé pour les entrepreneurs d’ici qui en ont souffert, mais qui ont aussi rebondi dans la tempête, faisant parfois jaillir de nouvelles façons de faire. À l’heure du déconfinement, nous poursuivons les rencontres de cette série «Gérer la crise».
  • Entreprise : JP le physio
  • Type d’entreprise : services de physiothérapie 
  • Contact : Jean-Philippe Poulin

Q Votre situation avant la crise?

R Je suis physiothérapeute depuis maintenant 12 ans (www.jplephysio.com). Physio sportif, j’ai eu la chance de travailler avec plusieurs organisations dont les Capitales de Québec et le Rouge et Or de l’Université Laval. Ma carrière en physiothérapie m’a fait découvrir deux passions : aider les gens à sortir de la douleur, mais surtout les aider à retrouver leur niveau initial de performance et même le dépasser.

Q Comment avez-vous réagi à la crise?

R Même si rapidement notre ordre nous a permis de recevoir des patients en urgence, moi je ne me le suis pas permis. J’avais un nouveau bébé et ma mère a 72 ans. Je ne voulais donc pas m’exposer. 

Immédiatement après l’annonce du confinement, je me suis demandé ce que j’allais faire. Mais je me suis rendu compte que des textos de gens qui avaient mal, je continuais quand même à en recevoir. C’est là que je me suis tourné vers un système de consultation qui existait déjà aux États-Unis et que notre ordre nous encourageait à utiliser, soit la téléconsultation. J’ai fait pas mal de pub sur ma page Facebook et grâce à mes références, je suis allé chercher entre 65 % et 70 % de la clientèle que j’avais avant la crise. J’avais cependant de drôles de semaines parce que des clients, j’en recevais parfois en matinée, parfois en après-midi et parfois même en soirée. 

Rapidement, je me suis aperçu que j’aidais autant mes patients en utilisant la téléconsultation que lorsque je les recevais à mon bureau. Quand on va chez un physio, on pense qu’il faut absolument se faire toucher pour aller mieux. Connaître l’historique d’une blessure et savoir comment une personne peut bouge malgré sa blessure me donnent plein d’indices. C’est plus qu’assez pour me guider et commencer à la faire travailler et c’est beaucoup mieux que de ne rien faire. Et une des forces des physios, c’est le coaching et la prescription d’exercices. J’ai vu que j’aidais mes patients parce que je leur parlais, je les rassurais et je répondais à leurs questions. Je pense que c’était 100 fois plus efficace que de faire de la magie avec mes mains. Et quand je voyais que ça ne fonctionnait pas, je les dirigeais ailleurs.

Je dirais que les choses ont vraiment mieux été que je ne l’aurais pensé. Mais j’ai été chanceux. J’ai un bon réseau. En même temps cette période m’a un peu fait changer ma pratique. Ça m’a fait réaliser qu’être un bon communicateur et bien écouter les gens pour bien les guider pouvait vraiment être aussi important sinon plus que ce que je faisais avec mes mains. Ça m’a incité à être encore plus empathique, plus à l’écoute et à être meilleur dans la manière de donner mes directives.


« Cette période m’a un peu fait changer ma pratique. Ça m’a fait réaliser qu’être un bon communicateur et bien écouter les gens pour bien les guider pouvait vraiment être aussi important sinon plus que ce que je faisais avec mes mains. »
Jean-Philippe Poulin

Q Comment est venu l’idée de créer Pause physio?

R Avant la crise, j’avais l’idée de développer un projet qui me permettrait d’offrir mes services aux employeurs. Je me disais que je pourrais aller dans leur entreprise afin de rencontrer les employés et leur donner des conseils et des exercices pour éviter les blessures causées par les mouvements à répétition ou les mauvaises postures. Pendant la COVID, un client que je traitais pour une blessure au cou m’a demandé pourquoi je ne ferais pas profiter à ses employés via téléconférence les conseils que je lui donnais. C’est de là que je me suis dit que je pourrais être payé pour aller dans les entreprises pour parler aux employés. Et c’est de là qu’est partie l’idée de créer Pause physio (www.pausephysio.com).

Ce projet-là, c’était la suite logique à ce que je faisais en téléconsultation. Ce que je disais à chacun de mes patients au fil des consultations, pourquoi ne pas le dire à plein de monde en même temps? Le conseil que je donnais à une personne, pourquoi ne pas en faire profiter à plein de gens?

Pause physio, c’est une solution santé pour les entreprises où les employeurs offrent à leurs employés une prise en charge simple des défis imposés par leur vie de travailleur, que ça soit au bureau ou à l’extérieur. C’est un moyen proactif dans la gestion du bien-être physique. J’offre des vidéoconférences au cours desquelles je me pointe dans les réunions d’équipe. Je fais d’abord un peu d’éducation et je démystifie certains sujets d’ordre biomécanique comme la place et l’importance de la posture au travail, les dangers du travail répétitif, les problèmes de bas du dos, etc.  On prend ensuite une pause de 15-20 minutes tout le monde ensemble pendant laquelle on bouge et on fait des exercices plus spécifiques à différentes pathologies pour aider les gens à prévenir certains types de blessures. C’est la partie que les employés aiment le plus. Pour l’employeur, cette période crée une dynamique rassembleuse. Les gens sont ensemble, mais ils ne parlent pas de travail. Et en bout de ligne, ma présence peut être payante pour l’employeur. Si par exemple, des employés n’ont pas besoin de manquer du travail à cause de blessures subies au travail.

Q Quels sont tes rêves pour Pause physio?

R Je veux vraiment devenir un bénéfice pour les employés. Je me vois dans la majorité des moyennes et grandes entreprises au Québec à moyen terme. C’est mon rêve le plus fou.

Q Tu caresses d’autres projets à travers Pause physio?

R À moyen terme, j’aimerais offrir des services connexes à Pause physio comme un intervenant en nutrition, une intervenante qui offrirait des cours de yoga à distance, une personne qui ferait de la psychologie pour parler des signes à surveiller pour prévenir la surcharge de travail et comment se recentrer sur celui-ci avec des exercices de visualisation, une personne qui ferait de la méditation, etc. J’aimerais aussi aider à aménager des espaces d’entraînement en entreprise.