La rémunération de l’ex-président-directeur général de la SAQ, Alain Brunet, a totalisé plus de 825 000 $ lors de l’exercice 2018-2019.

Généreuse indemnité de départ pour l’ex-patron de la SAQ

Même s’il a quitté son poste à la tête de la Société des alcools du Québec (SAQ) pour prendre sa retraite, l’ex-président-directeur général Alain Brunet a empoché une indemnité de départ d’environ 436 500 $.

En additionnant cette somme à ses conditions de rémunération habituelles, dont un salaire de base versé de 328 087 $, sa rémunération a totalisé plus de 825 000 $ lors de l’exercice 2018-2019, constate-t-on à la lecture du rapport annuel de la société d’État dévoilé mercredi.

M. Brunet, qui a travaillé à la SAQ pendant près de quatre décennies, avait laissé ses fonctions de président-directeur général pour se concentrer à la mise sur pied du réseau de succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC).

Il devait prendre sa retraite au terme de l’année 2018, mais il a plutôt quitté à la fin octobre, n’ayant pas été en mesure d’écouler des congés accumulés.

M. Brunet a été admissible à une indemnité de départ en raison de décrets gouvernementaux adoptés précédemment qui prévoyaient une prime représentant au maximum une année de salaire, selon ce qui est indiqué dans ces documents consultés en ligne.

«Cela était convenu», a reconnu une porte-parole de la SAQ, Linda Bouchard, au cours d’un entretien téléphonique, à propos du traitement de M. Brunet.

L’ancien patron de la SAQ a obtenu ce montant alors qu’un rapport déposé à la fin mai par la vérificatrice générale Guylaine Leclerc demandait au gouvernement de faire le ménage dans les échelles de rémunération des dirigeants des sociétés d’État.

Estimant que la somme octroyée à M. Brunet était importante, Luc Bernier, professeur à l’Université d’Ottawa et titulaire de la chaire Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public, s’est interrogé sur la pertinence d’octroyer une prime de départ lorsque quelqu’un quitte pour la retraite.

«Je crois que l’on devrait avoir une réflexion à ce sujet, a-t-il expliqué au cours d’un entretien téléphonique. Les primes de départ à la retraite, je trouve que cela ressemble à un revenu camouflé. Cela constitue une rémunération supplémentaire qui n’apparaissait pas au début.»

Le salaire de base de M. Brunet a été en partie payé par la SQDC, étant donné que ce dernier s’est consacré au déploiement du détaillant de cannabis à compter du 26 juin dernier.

Catherine Dagenais, qui était vice-présidente et chef de l’exploitation, a remplacé M. Brunet. Celle-ci a touché une rémunération globale de 479 000 $ au cours de l’exercice qui s’est terminé le 30 mars dernier.


« Je crois que l’on devrait avoir une réflexion à ce sujet. Les primes de départ à la retraite, je trouve que cela ressemble à un revenu camouflé. Cela constitue une rémunération supplémentaire qui n’apparaissait pas au début »
Luc Bernier, titulaire de la chaire Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public

En ce qui a trait à l’exercice, la SAQ a engrangé un bénéfice net de 1,146 milliard $, en hausse de 2,9 % par rapport à celui de l’exercice précédent.

Ce résultat est entièrement remis, sous forme de dividende, à son unique actionnaire, le ministre des Finances. La société d’État a souligné que l’exercice qui s’est terminé à la fin mars comptait une semaine d’exploitation de moins que l’exercice précédent. 

«Pour une septième année consécutive, la SAQ remettra au gouvernement du Québec un dividende de plus d’un milliard de dollars», souligne Mme Dagenais, dans son message qui accompagne le rapport annuel.

Le chiffre d’affaires annuel de la SAQ a avancé de 1,4 % à 3,29 milliards $, tandis que les volumes de vente pour l’ensemble des catégories de produits ont diminué de 0,8 %, pour se situer à 208,7 millions de litres.

Au quatrième trimestre, le bénéfice net a toutefois reculé de 5,4 %, alors que les revenus ont diminué de 6,2 %, à 632,2 millions $, au cours de cette période. Le profit net s’est établi à 191,5 millions $ pour la période close le 30 mars, alors qu’il avait été de 202,5 millions $ pour la même période un an plus tôt.

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71 M$ POUR LA SQDC À SA PREMIÈRE ANNÉE

Au terme de son premier exercice financier, qui n’a pas été complet, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a généré des ventes de 71 millions $, mais a affiché une perte de 4,9 millions $ qui sera épongée par Québec. Entre le 12 juin 2018 et le 30 mars dernier, la société d’État a indiqué mercredi que les revenus gouvernementaux découlant des taxes à la consommation et des droits d’accise avaient été de 21,7 millions $. La SQDC a affirmé que les charges nettes ont atteint 18,1 millions $ au cours de l’exercice, un montant qui tient compte des frais de démarrage «non récurrents» de 4,9 millions $. En excluant cette charge, on aurait terminé à «l’équilibre financier», souligne le communiqué. Elle prévoit atteindre la rentabilité au cours du prochain exercice, indiquant que le bénéfice anticipé dans le dernier budget était de 20 millions $, une somme à laquelle on devrait ajouter 62 millions $ de recettes générées grâce aux taxes et droits d’accise.

Les premières succursales de la SQDC ont ouvert leurs portes le 17 octobre lorsque la consommation de la marijuana à des fins récréatives est devenue légale au Canada. Elle a toutefois rapidement été confrontée à des ruptures de stock provoquées par des problèmes d’approvisionnement, ce qui a empêché les succursales d’ouvrir leurs portes sept jours sur sept. Cette situation est rentrée dans l’ordre le mois dernier.