Le Manoir Richelieu hébergera les élites politiques participant au Sommet du G7 des 8 et 9 juin.

G7: l’enjeu du commerce sera inévitable, croit l’organisateur canadien

OTTAWA — L’organisateur en chef du prochain sommet du G7 estime que les dirigeants des sept plus grandes puissances économiques du monde ne pourront éviter de discuter des enjeux commerciaux lorsqu’ils se rencontreront le mois prochain à La Malbaie, dans la région de Charlevoix.

Peter Boehm, sous-ministre pour le sommet du G7 et représentant personnel du premier ministre Justin Trudeau, n’a pas mentionné directement Donald Trump dans son discours, mardi, mais il a fait ces commentaires lors d’une conférence sur la politique étrangère du Canada, dans un contexte protectionniste aux États-Unis. L’événement était organisé par l’Institut canadien des affaires mondiales.

Selon M. Boehm, les politiciens ne pourront esquiver les discussions entourant les tarifs douaniers sur l’aluminium et l’acier imposés par l’administration Trump, ainsi que la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Bien que ces enjeux soient litigieux entre les pays, il est plausible qu’ils puissent s’entendre sur l’idée de revitaliser l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-il indiqué.

D’après Peter Boehm, le Canada et ses six partenaires doivent s’engager à travailler ensemble pour renforcer un système commercial mondial encadré par des règles, combattre le protectionnisme et promouvoir un libre-échange qui profite à tous.

La rencontre d’une journée, qui réunissait des experts de la politique étrangère, des diplomates et des universitaires à Ottawa, portait sur le positionnement du Canada dans un ordre international en pleine transformation.

Ce changement a été provoqué en grande partie par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump qui, depuis son élection, s’en prend aux institutions multilatérales.

Une entente possible, selon Ambrose

L’une des discussions qui portait sur «l’effet Trump» avait comme panéliste l’ancienne ministre conservatrice Rona Ambrose, qui fait maintenant partie d’un comité consultatif non partisan sur la renégociation de l’ALENA.

Mme Ambrose a suggéré aux participants que les Canadiens ne pouvaient plus adhérer à la «notion romantique» selon laquelle le Canada et les États-Unis restent les meilleurs amis et alliés.

Cela dit, il est encore possible de parvenir à un accord qui plairait aux trois pays, a-t-elle martelé, ajoutant que le gouvernement libéral faisait tout en son pouvoir pour s’entendre avec l’imprévisible administration Trump.

Selon Peter Donolo, ancien directeur des communications de l’ex-premier ministre libéral Jean Chrétien, M. Trump sera satisfait de l’entente seulement si elle lui permet de déclarer une victoire sur toute la ligne.

«Il a besoin de démontrer qu’il a fait mordre la poussière à ses adversaires», a-t-il indiqué.

«Il définira son succès ainsi : «Nous avons gagné, nous avons beaucoup gagné. Le Canada et le Mexique mordent la poussière, ils sont finis, ils sont humiliés.»