La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland dit avoir informé l'administration Trump que les Canadiens voulaient que les droits de douane américains et les mesures de rétorsion prises par le Canada soient éliminés avant que les pays approuvent l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

Freeland a discuté des tarifs lors d'une rencontre sur l'ALENA à Washington

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a maintenu la pression sur l'administration Trump, lundi, en avertissant que le soutien du Canada au nouveau pacte commercial nord-américain pourrait dépendre de la levée des tarifs américains sur l'acier et l'aluminium canadiens.

Mme Freeland, qui a rencontré lundi à Washington le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a affirmé que de nombreux Canadiens se posaient de sérieuses questions sur la ratification de la nouvelle entente de libre-échange nord-américain alors que ces tarifs sont toujours en vigueur.

La ministre Freeland dit avoir informé l'administration Trump que les Canadiens voulaient que les droits de douane américains et les mesures de rétorsion prises par le Canada soient éliminés avant que les pays approuvent l'Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM).

En plus de devoir être ratifié au Mexique et au Canada, l'accord doit faire son chemin au Congrès américain dans le cadre d'un processus qui, selon les experts, pourrait durer jusqu'à la fin de l'été.

Mme Freeland était de passage dans la capitale des États-Unis pour rencontrer M. Lighthizer ainsi que d'autres législateurs, notamment le sénateur de l'Ohio Sherrod Brown et le représentant de l'Oregon Earl Blumenauer, qui est le nouveau président du sous-comité des voies et moyens de la Chambre dans le dossier du commerce.

Tarifs «illégaux et absurdes»

La ministre a qualifié les tarifs - que les États-Unis justifient pour des raisons de sécurité nationale - d'illégaux et absurdes. En outre, ceux-ci ont encore moins de sens maintenant que le nouvel ALENA a été signé par les trois pays, a-t-elle dit.

«J'ai également fait remarquer à l'ambassadeur Lighthizer que l'existence de ces tarifs, pour de nombreux Canadiens, soulève de sérieuses questions sur la ratification de l'ALENA», a affirmé Mme Freeland après la réunion de lundi.

«De nombreux Canadiens ont dit qu'ils seraient vraiment inquiets si le Canada procédait à la ratification alors que les tarifs douaniers sont toujours en vigueur. Je pense que cela n'a aucun sens pour les Canadiens.»