«C’est un moment historique au niveau de notre francophonie», a affirmé Mme Joly, vendredi. Elle s’est réjouie de voir la solidarité grandissante envers les Franco-Ontariens, dans la foulée des compressions du gouvernement Ford dans la dernière année, et les francophones en milieu minoritaire de façon générale.

Francophonie: Joly parle de «succès», même avec la moitié des ministres

La rencontre fédérale, provinciale et territoriale sur la francophonie canadienne a réuni moins de la moitié des ministres responsables du dossier à Iqaluit, mais la ministre fédérale Mélanie Joly parle tout de même d’un «succès».

«C’est un moment historique au niveau de notre francophonie», a affirmé Mme Joly, vendredi. Elle s’est réjouie de voir la solidarité grandissante envers les Franco-Ontariens, dans la foulée des compressions du gouvernement Ford dans la dernière année, et les francophones en milieu minoritaire de façon générale.

Or, la réunion au sujet de la francophonie a suscité peu d’engouement. Seuls les ministres du Yukon, de la Saskatchewan, des Territoires-du-Nord-Ouest, du Nunavut, du Québec et du Nouveau-Brunswick étaient présents. Les autres provinces ont toutes envoyé des représentants, à l’exception de l’Alberta.

L’Alberta a également refusé d’ajouter sa voix au communiqué final, qui enjoint toutes les provinces et tous les territoires à «réitérer leur engagement à augmenter les renseignements et services gouvernementaux en français» afin d’assurer l’épanouissement des communautés francophones minoritaires partout au Canada.

La ministre responsable du Secrétariat francophone de l’Alberta, Leela Sharon Aheer, a spécifiquement demandé à la ministre Joly d’indiquer que sa province «n’est pas partie prenante dans ce communiqué», selon une correspondance interne obtenue par La Presse canadienne.

Dans sa lettre datée du 24 juin dernier, Mme Aheer explique qu’elle doit «faire une présentation devant le Conseil du Trésor et le ministère des Finances» pendant la durée de la conférence.

Elle a exprimé du même coup des réserves sur l’empiètement du fédéral sur les compétences provinciales concernant la modernisation envisagée de la Loi sur les langues officielles, entre autres.

«Si le gouvernement fédéral souhaite envisager des modifications qui pourraient avoir des répercussions sur les compétences provinciales, l’Alberta s’attendra à ce qu’il entame des négociations de gouvernement à gouvernement», peut-on lire.

Lors d’une conférence de presse en clôture de la réunion, Mme Joly a déploré l’absence de l’Alberta lors de la conférence sur la francophonie canadienne et espère une «forte représentation» pour l’édition de l’an prochain, qui aura lieu à Québec les 18 et 19 juin.

Une autre absence remarquée

La ministre déléguée aux Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, avait dû rester à Toronto pour des «réunions imprévues» en lien avec son nouveau portefeuille aux Transports.

Elle était représentée par Marilissa Gosselin, conseillère du premier ministre pour les affaires francophones, qui était à la tête de la délégation ontarienne.

La présence de Mme Mulroney aurait permis un premier tête-à-tête avec son homologue fédérale pour discuter du financement de l’Université de l’Ontario français.

Mme Joly a elle-même admis que la rencontre à Iqaluit aurait été le «forum idéal» pour discuter de ce sujet. Elle espère toujours obtenir une rencontre avec Mme Mulroney dans les prochaines semaines ou les prochains mois.