Le leader parlementaire Jean-Marc Fournier a annoncé lundi qu’il ne solliciterait pas de nouveau mandat cet automne.

Fournier cède sa place et veut des «nouveaux visages»

Le ministre Jean-Marc Fournier libérera une circonscription en or pour le Parti libéral du Québec, puisqu’il l’a emporté avec plus de 82 % des voix dans Saint-Laurent en 2014. Il espère un «nouveau visage» pour lui succéder.

Le leader parlementaire du gouvernement Couillard a confirmé lundi qu’il tirera un trait sur son actuelle vie politique à l’issue du présent mandat.

Il s’agit d’un ministre d’influence. Il a l’oreille du premier ministre et de ses collègues sur les questions politiques et stratégiques. C’est un franc-tireur au Salon bleu.

Si on veut de nouveaux visages, il faut que certains de ceux qui sont en place partent, a-t-il fait valoir. Il a fait référence au désir de «changement» de bien des Québécois pour affirmer que le Parti libéral du Québec peut l’incarner à sa façon.

M. Fournier s’est dit fier d’avoir dévoilé en juin, aux côtés de Philippe Couillard, la «première politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes». Le document intitulé Québécois, notre façon d’être Canadiens a pour objectif d’affirmer le caractère national du Québec, a-t-il souvent expliqué.

Il se dit partisan des «appartenances plurielles». «Le Québec et le Canada peuvent être un modèle pour le monde», a-t-il soutenu lundi. Il estime que le Canada doit s’appuyer sur «des régions fortes».

Élections à date fixe

Jean-Marc Fournier est le deuxième ministre du gouvernement Couillard à annoncer qu’il quittera la vie politique active à la fin de l’actuelle législature. La semaine dernière, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, avait fait la même chose.

D’autres ministres comme Laurent Lessard et Geoffrey Kelley sont en réflexion. Le président de l’Assemblée nationale, le libéral Jacques Chagnon, devrait lui aussi tirer sa révérence après le prochain scrutin.

Plusieurs députés libéraux ont aussi annoncé qu’ils ne seront pas de la prochaine course. C’est le cas de Guy Hardy, de Karine Vallières, de Pierre Reed et d’André Drolet. D’autres suivront bientôt.

Jean-Marc Fournier explique que si ces départs sont annoncés des mois d’avance, c’est en raison des élections à date fixe. «Il a fallu que je réfléchisse plus tôt, que je décide plus tôt. Ça correspond au nouveau contexte des élections à date fixe.»

Il ne reviendra pas à l’Assemblée nationale après le scrutin du 1er octobre, mais il accompagnera le chef libéral dans son autobus de campagne électorale pendant tout le mois de septembre. Il se dit persuadé que son équipe peut l’emporter à nouveau.

De nos jours, une simple actualité peut faire tourner le vote, a-t-il indiqué avant d’ajouter que les campagnes électorales comptent plus qu’auparavant.

Âgé de 58 ans, l’actuel député de Saint-Laurent a occupé de nombreuses fonctions ministérielles. Sa première entrée à l’Assemblée nationale date de septembre 1994. En plus d’être leader parlementaire, il est responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.

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SECOUÉ PAR «L'AFFAIRE YVES FRANCOEUR»

Jean-Marc Fournier a été secoué par «l’affaire Yves Francoeur». Même s’il n’est pas le plus important dans sa décision, cet élément s’inscrit «dans la colonne des moins», a-t-il admis.

En décembre, il avait demandé au président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, de lui présenter des excuses publiques. En vain. Ce dernier venait de se faire taper sur les doigts par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Le DPCP avait conclu qu’aucune preuve ne permettait de soutenir qu’une enquête sur un trafic d’influence avait été abandonnée en raison de pressions politiques, contrairement à ce qu’avait soutenu M. Francoeur en nommant Jean-Marc Fournier.